pied noir

Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 
CHERS AMIS ET ADHERENTS. FACE A LA SITUATION DANS LAQUELLE SE TROUVE NOTRE PAYS NOUS SOMMES DANS L'OBLIGATION D'ANNULER TOUTES NOS MANIFESTATIONS A VENIR. L' A.B.E.O.

Liste des messages

De : Antoine/Tony BILLOTTAEnvoyer un mail

Le : 06/02/2021 19:07

BIBLIOTHÈQUE D'ALGER : UNE MINE D' OR !!


À celles et à ceux qui s’intéressent à l’Histoire de France, j’ai le plaisir d’adresser ci-joint un lien qui permet d’accéder à une biblio-vidéothèque d’une richesse considérable sur l'ALGÉRIE.

Ces documents très rares sont d’une grande valeur historique à tous points de vue.

La revue navale à Mers el Kébir est particulièrement intéressante, On y retrouve des bateaux de guerre dont les noms resteront toujours enregistrés dans nos mémoires.

Certains reconnaîtront non sans émotion des villes et des villages où ils ont vécu

À transmettre à vos enfants et petits enfants afin que ces souvenirs de la vie de leurs Aïeux se perpétuent ..
Je vous souhaite une bonne immersion dans cette partie très sensible de l’Histoire de France.

Bibliothèque sur l 'Algérie
http://jeanyvesthorrignac.fr/crbst_41.html#anchor-Alfrancaise

 

De : Antoine/Tony BILLOTTAEnvoyer un mail

Le : 05/02/2021 06:16


Ma scolarité

Pendant ma scolarité à l’école de la rue du Soudan, il y a eu deux accidents :
- le premier s'est déroulé près de la cage d'escaliers au rez-de chaussée. Il y avait là, accroché au mur, un extincteur. En jouant pendant la récréation, un enfant l'a malencontreusement décroché et il est tombé sur la tête d'un autre enfant. Je n'ai pas vu l'accident ni même l'enfant accidenté, mais je me souviens que, sur le sol, il y avait une espèce de bouillie blanche avec des taches rosâtres. Ce devait être le contenu de l'extincteur mélangé avec du sang de la victime.
- le second était bien plus important. Sur le bord des galeries, côté court, au niveau du sol, il y avait une corniche de quelques centimètres de large et un morceau d'ardoise cassée (de la vraie ardoise) était resté en équilibre sur cette corniche. Un jour, pendant la sonnerie stridente qui faisait tout vibrer et qui appelait au rassemblement, le morceau d'ardoise a perdu son équilibre et est tombé sur la tête d'un élève qui se mettait en rang deux étages plus bas. Je pense que cet élève n'a pas survécu.
Dans la classe de monsieur Armonino, il y avait beaucoup de choses à apprendre par c½ur : les récitations, l’histoire et la géographie.
Je n’arrivais pas à retenir ces leçons, parce que je n’avais pas de mémoire et que j’étais incapable d’apprendre du mot à mot comme on me le demandait de plus tout ça me paraissait trop abstrait, nos ancêtres les gaulois ou localiser des villes dans un pays que je ne connaissais pas (la France) ne m’intéressait pas. Ça me lassait et , inconsciemment, j’abandonnais ces matières.
En revanche pour la dictée, la grammaire et surtout le calcul j’avais de bonnes notes.
D’ailleurs cette année là, j’ai décidé que je voulais devenir professeur de mathématiques et comme je suis têtu, malgré les difficultés, j’ai conservé cette orientation au grand dam de Elise qui voulait que je choisisse la médecine. Médecine qui a souri à cinq de mes cousins germains : trois garçons dont deux frères et deux filles (s½urs).
A l’époque pour entrer au collège ou au lycée, il fallait passer un examen et seuls les élèves sélectionnés par l’instituteur du CM2 avaient la possibilité de passer cet examen. Les autres élèves passaient dans la classe préparant au certificat d’études primaires qui conduisait, dans la grande majorité des cas, à la fin des études.
Mais les titulaires du certificat d’études avaient une bonne maîtrise des calculs écrit et mental, et une bien meilleure connaissance de l’orthographe et de la grammaire françaises que beaucoup d’étudiants de l’enseignement supérieur actuels.
Aucun d’entre eux n’aurait dit, comme on l’entend souvent à la radio ou à la télévision, par des journalistes de renom ou par des élites politiques : il est t’hors jeu, les cent z’hommes, et j’en passe, il y en a trop.
J'ajoute que contrairement à ce qu'affirmait un journaliste dans une émission télévisée récente,il n'y a pas eu déscolarisation de la population locale (les écoles n'existaient pratiquement pas) et qu'en 130 ans la France a créé une multitude d'établissements scolaires de toutes sortes pour accueillir les enfants de toutes origines et de toutes religions. Je peux témoigner, puisque j'ai fréquenté une école de la Casbah d'Alger, que les enseignants n'ont jamais eu des traitements différents selon l'origine des enfants qui leur étaient confiés.. Nous étions tous traités de la même manière par non maîtres et maîtresses ; et entre nous, nous ne faisions aucune différence.
Le journaliste en question serait bien inspiré de recenser le nombre d'écoles existant en 1830 en comparer ce nombre à celui existant en 1962. Et pour bien faire les choses, ramener ce nombre à la population. Ce qui est vrai pour les écoles, l'est également pour le secondaire et pour les établissements d'enseignement de toutes natures.
Compte tenu de mes faiblesses en histoire et géographie, je n‘aimais vraiment pas ces matières ; monsieur Armonino a refusé ma sélection pour la présentation à l’examen d’entrée en sixième et j’ai dû redoubler.
Quand le directeur de l’école l’a appris, monsieur Armonino a reçu une belle engueulade mais le mal était fait.
L’année suivante j’ai été sélectionné, j’ai passé l’examen, j’ai réussi et je suis entré en sixième au collège moderne du boulevard Guillemin ; il était moderne parce qu’on n’y enseignait pas les langues mortes telles que le latin ou le grec ancien.
Le collège Guillemin est un bâtiment de trois étages construit sur un terrain en pente. L'entrée principale est sur la rampe Valée qui ceinture le jardin Marengo depuis le lycée Bugeaud jusqu’au haut de la rue Abderahman et qui se prolonge, après de multiples tournants nécessités par la pente de la colline, jusqu’à la prison civile de Barberousse .
Le collège Guillemin était un immeuble composé de deux ailes égales et perpendiculaires. Étant construit sur un terrain en pente, il comprenait du côté de son entrée principale, face au jardin Marengo, trois étages et à l’arrière, au sommet de l’angle formé par les deux ailes du bâtiment, quatre étages.
Au sous-sol (rez de chaussée à l’arrière du bâtiment), il y avait un atelier où, à l'origine on apprenait à travailler le bois. Je pense qu'à son époque, mon frère Henri en a encore profité. A ce niveau, une salle a été également transformée en salle de gymnastique.
Au rez de chaussée il y avait la cour et deux préaux , un sous chaque aile du bâtiment. L'aile gauche (en entrant par la cour) abritait, en plus du préau, la salle des professeurs et le bureau du principal. Ensuite arrivait le bureau du surveillant général, qu'on appelait le Surgé, monsieur Sylvani, très sympathique, et enfin le bureau des "collés". C'est sous le préau de gauche que s'alignaient les élèves de 6° 1 et 2, 5° 1 et 2, 4° 1 et 2.
De façon symétrique, l'aile droite comprenait une partie de bâtiment (je ne sais plus ce que cachaient ces murs), un préau sur la demi longueur de l'aile et tout au fond du préau les toilettes à la turque, individuelles mais dont l’intimité n’était assurée que par une porte qui commençait à quarante centimètres au dessus du sol et se terminait à environ un mètre soixante.
La partie murale de cette aile supportait les tableaux d'affichage ; c'est là qu'étaient affichés les félicitations, les encouragements, les tableaux d'honneur à la fin de chaque trimestre, les programmes des différentes rencontres sportives de l'OSSU, devenue ASSU et les résultats correspondants, les blâmes éventuels (mais là c'était très rare !). C'est dans ce préau que s'alignaient les seconde 1 et 2 et les premières 1 et 2 et quelques années plus tôt l'unique classe de math elem (mon cousin Henri Claude Dbjay a été élève de math elem au collège Guillemin).
Les préaux étaient peints en beige jusqu'à une hauteur d'environ 1.8 mètres ; au-dessus ils étaient blancs.
Dans le préau des "petits", à la récréation, on jouait à une espèce de pelote basque : le jeu se jouait à deux joueurs : on devait envoyer, chacun son tour, à main nue, une balle de tennis sur la partie blanche du mur, après un rebond de la balle. A défaut (2° rebond ou renvoi de la balle sur la partie beige du mur), on perdait le point. Les professeurs nous regardaient jouer.
Le soir, lorsqu'on restait à l'étude, on disposait d'une demi-heure de récréation entre le dernier cours et le travail en étude ; alors dans le préau des "grands" on faisait des matchs de football avec une petite balle. Parfois, compte-tenu de la nature des portes des toilettes, la balle y pénétrait et on n'hésitait pas à aller chercher où qu’elle fût !
A l'intersection des deux ailes s'ouvrait la cage d'escaliers. Comme pour le reste du bâtiment, la cage d'escaliers était symétrique ; elle se décomposait en deux escaliers semi circulaires. Comme nous étions en rangs par deux, ceux de droite montaient par l'escalier de droite et ceux de gauche par l'escalier de gauche, et ils se rejoignaient sur le palier de l'étage supérieur (même scénario en descendant). A l'arrivée du premier étage, monsieur Abdelli (surveillant professionnel) assurait le maintien de l'ordre (alignement, calme et silence) ; parfois il était aidé par un pion intérimaire au deuxième étage. Il se plaçait toujours devant la fenêtre au sommet de l’angle formé par les deux ailes de l’immeuble.
Le reste du bâtiment comprenait les classes de cours, à l'exception du début de l'aile droite du premier étage qui était organisé en amphithéâtre et qui était réservé aux cours de physique et de chimie. Cet amphithéâtre comprenait deux grands tableaux noirs coulissants ; l'un était en hauteur (jusqu'au plafond) lorsque l'autre était en bas à portée du professeur ou de l'élève interrogé, et inversement.
Dans cette salle il y avait également une paillasse carrelée de blanc, sur laquelle nous effectuions nos travaux pratiques de chimie.
Chaque professeur avait sa classe réservée, et les élèves devaient changer de classe à chaque inter-cours.
A partir de la cinquième et jusqu’en première, j’ai été désigné chef de classe au collège. Mon rôle principal était de faire signer le cahier de présence au professeur à la fin de chaque cours.

Serge Timsit
Les enfants d'Alger d'avant 62


 

De : François ESTEVEEnvoyer un mail

Le : 04/02/2021 17:13

Je recherche ou avoir des infos sur CLAUDE BRACCO ,cousin de André ESCOBEDO

 

De : Poveda jean François Envoyer un mail

Le : 04/02/2021 17:01

Bonjour
Je souhaite entrer en contact avec Henri Dahan . J'ai égaré ses coordonnées. Il a été en contact avec Robert Parc . Nous étions dans les mêmes classes.
Merci.

 

De : André ESCOBEDOEnvoyer un mail

Le : 04/02/2021 09:50

Bonjour.
Est ce que Chenennou Didine à qui je présente mes sincères condoléances était en classe de 6ème rue franklin en 1955. Merci pour la réponse.

 

De : Antoine/Tony BILLOTTAEnvoyer un mail

Le : 03/02/2021 15:23


515 MAGNIFIQUES VIDÉOS : Taper BABELOUED ou ALGER ou....
Je ne fais que proposer; c'est vous qui choisissez ! ! !
À VOIR ET À CONSERVER POUR LE PROCHAIN CONFINEMENT ......! SI ON N' A PAS EU LE TEMPS DE TOUT VOIR. .....

À CONSERVER dans l'onglet des favoris.

https://www.youtube.com/channel/UC6zQhfK0n2NY_9PCbHdTdYA/videos

 

De : christol sergeEnvoyer un mail

Le : 03/02/2021 14:17


Remerciements à Mr.billotta.
Pour ce texte sur l'enseignement qui m'a fait revivre une partie de ma jeunesse.
Ancien élève des écoles:Normandie(maternelle),Franklin et Condorcet pour le
reste(jusqu'au BEPC),j'ai revu avec plaisir mes écoles et certains professeurs
Concernant Mr.Bellaiche,nous le surnommions:TONTON BELAO,et il était un bien
brave homme.
Merci encore et amitiées à tous ceux de BEO...

 

De : Antoine/Tony BILLOTTAEnvoyer un mail

Le : 02/02/2021 10:59


Hubert Zakine

Extrait de IL ETAIT UNE FOIS BAB EL OUED de Hubert Zakine.
CHAPITRE DEUXIEME
ACTIVITES INTELLECTUELLES
L’ENSEIGNEMENT
Avant la conquête existe à l’ombre de maisons mauresques un enseignement d’obédience religieuse dans ce pays d’Orient où la laïcité est inconnue. Des écoles coraniques jalonnent l’existence des enfants de l’Islam et les médersas1 apprennent aux plus doués les mathématiques, la théologie et les sciences naturelles.
Les juifs, nombreux dans la Régence d’Alger, versent une dîme pour droit de vie par l’intermédiaire de ses notables qui élisent trois Chefs de la Nation Israélite chargés de la communauté. Parmi leurs prérogatives, l’enseignement représente l’un des principes fondamentaux de la survie de ce peuple voué aux turpitudes des puissants. L’école hébraïque remplit deux fonctions : la culture religieuse et le savoir universel. Les fils des notables traversent la Méditerranée pour parfaire leur instruction et il n’est pas rare de voir alentour du pouvoir, des juifs interprètes parlant six ou sept langues, des savants de la finance devenir banquiers de la régence, des médecins appelés au secours d’une science ottomane dépassée, des négociants accaparer le rôle d’éminence grise du Dey.
En 1831, la France s’attache, par l’intermédiaire de l’intendant général GENTY DE BUSSY, à l’éducation des fils d’étrangers, des masses musulmanes et israélites. On commence par la petite jeunesse qui suit les cours dispensés par des instructeurs nommés par l’autorité militaire. Si les Européens, soucieux de faire de leurs enfants des français avec tout ce que cela suppose de bienfait, encouragent le projet, il en est tout autrement des indigènes. Leur enseignement, coranique pour les uns, hébraïque pour les autres, convient parfaitement à la mentalité recroquevillée du pays. Attentistes par nature, les Arabes restent circonspects sur la présence française. Quant aux juifs, ils désirent, tout en servant les nouveaux maîtres qui jouent en la circonstance le rôle de libérateurs, conserver les enfants dans le giron de leur communauté de peur que se dilue leur judéité dans le savoir français. Mandatés par la responsabilité de leur position sociale envers leurs coreligionnaires, les notables juifs et arabes donnent, alors, l’exemple en envoyant leurs garçons à l’école de GENTY DE BUSSY pour que se décrispe la situation.
Les écoles élémentaires enregistrent de très nombreuses inscriptions de fils d’étrangers, italiens, maltais, espagnols. Le succès s’affiche alors clairement. Bab El Oued qui n’est encore qu’un conglomérat de baraquements logeant les ouvriers de la Cantère 2 voit s’ouvrir deux écoles situées rue de la Marine et rue Bab El Oued.
Ce n’est que le 27 Mai 1833 que le Baron VOIROL autorise l’enseignement secondaire. Une école libre sous la direction du bachelier GALTIER ouvre ses portes dans une modeste maison de la rue Socgémah. En octobre de la même année, la rue du Sagittaire accueille d’autres élèves. En 1835, une maison mauresque de la rue des Trois Couleurs devient collège. Après sa visite en avril 1837, le Gouverneur DAMREMONT estimant la vétusté du lieu, attribue à l’enseignement secondaire l’ancienne caserne des janissaires située à l’entrée de la rue Bab Azoun.
Intervient ensuite un événement exceptionnel : l’Académie d’ALGER transforme le collège en lycée le 7 septembre 1848. Cet établissement, dénommé Lycée Bab Azoun ou Lycée d’Alger, puissant foyer de la culture française par l’enseignement délivré, par ses représentations théâtrales, par ses traditionnelles et chaleureuses remises des prix de toutes les écoles de la ville, demeure le seul lycée des trois provinces d’Algérie.
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Le préfet GERY constate lors de sa visite, le 5 février 1859, la vétusté du local malgré la réquisition de l’ancienne caserne d’artillerie MASSINISSA et la nécessité de la création d’un nouveau lycée afin d’accueillir les 465 élèves se décide au lendemain de cette inspection.
Le 10 décembre 1861, le chantier démarre sur la place de Bab El Oued tout à côté du jardin MARENGO. Les travaux dureront sept années et en octobre 1868, les élèves délaissent le lycée Bab Azoun qui est livré à la démolition à la grande tristesse des anciens.
Le lycée BUGEAUD prend la relève et au mois d’août 1879, l’établissement fête l’un de ses élèves, Georges MARTIN qui remporte le concours général des lycées de France.
La liste des célébrités ayant usé leurs culottes sur les bancs de ce lycée, devenu le symbole de l’enseignement secondaire d’Alger, serait trop longue à énumérer mais Albert CAMUS demeure l’étudiant le plus renommé et pour terminer par une pirouette, n’oublions pas le plus célèbre travesti du monde : COCCINELLE.
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Les écoles communales de la rue ROCHAMBEAU accueillent les enfants de NELSON, GUILLEMIN, d’une partie de l’avenue de la Bouzaréah et de la fraction des Messageries que refusent les écoles Sigwalt et Dijon. Construit au début du siècle, le bâtiment de style austère mais en pierre de taille extraite de la carrière JAUBERT ressemble à la caserne PELISSIER. Ses trois entrées identiques desservent la maternelle, l’école de filles et celle des garçons. Pour accéder à chacun des préaux couverts, un escalier mène à trois grandes cours intérieures bordées de parterres de glycines dont les rebords servent de marchepied aux garçons pour draguer les filles par delà le mur de séparation des écoles. La belle Madame DAHAN directrice de la maternelle qui attirait tous les regards, la sévère mademoiselle PEREZ et son cache-nez, Mr SAPINA et sa note « PLUS-QUE-PARFAIT » qui comble petits et grands, Mme CASTELLANI et son énorme règle qui fracasse l’extrémité des doigts repliés sur eux-mêmes des élèves indisciplinés, Mr RUIZ qui drague toute la gent féminine, Mr VITTORI qui terrorise les enfants sous son Borsalino, Mr AÏACHE dont la gentillesse lui vaut le surnom de « PAPA AÏACHE », Mr LUCAS et sa balle de tennis qu’il catapulte sur les bavards, les séances récréatives au « Mon Ciné » ou au « Marignan » et les célèbres « chiens savants » qui régalent l’enfance par des tours qui passeraient inaperçus de nos jours, les photographes « à l’ancienne » auprès desquels il faut garder la pose une minute, la remise des prix, fête foraine miniature, ses boites cabossées, sa pêche miraculeuse et surtout l’école des filles qui se mêle à celle des garçons, tous unis dans la mémoire des enfants du quartier bien au delà de l’exode.
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Aux Messageries, l’école SIGWALT est un bâtiment provisoire qui dure depuis 1942. Réservées aux classes enfantines, la petite cour est précédée par un grand espace où les grands s’adonnent à des « jeux de brutes » fortement réprimandés par les maîtres de service. Les deux cours s’ignorent superbement et si un grand s’égare en territoire interdit, il est vertement prié de regagner son domaine. Les élèves du quartier sont associés aux enfants de la Consolation et de l’avenue Malakoff dans cette école trop petite pour accueillir en son sein tous les garnements des environs. Rue de Dijon, l’école de filles répercute les leçons récitées par les petites filles sages à la blouse bien propre et au ruban rose dans les cheveux. Disciplinées et consciencieuses, elles offrent une image studieuse et volontaire de ce quartier où les garçons éparpillent leur attention sur d’autres terrains que celui du savoir dispensé par l’école de France. Et en particulier sur ceux qui demandent un ballon pour assouvir le besoin de dépenser une énergie sans limite. Il n’est pas rare d’entendre dans la rue de Dijon, mêlées aux effluves d’anis des distilleries voisines, prières et chansons enfantines échappées de la synagogue et de l’école des filles alors qu’au loin, la voix de Claudio VILLA caresse l’imagination des femmes du quartier.
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Le groupe scolaire LAZERGES qui longe la pointe de SIDI EL KETTANI et borde l’esplanade NELSON où se dressaient jadis un chenil et des écuries, jouit d’une flatteuse réputation. Avec ses écoles maternelle, primaire filles, primaire garçons et son lycée qui dispense aux seules jeunes filles un enseignement menant jusqu’à H.E.C., il marque de son empreinte toutes les élèves privilégiées du cycle secondaire. Portant blouse bleue, respectant une discipline imposée par sa directrice madame BONNET parfaitement secondée par mesdames AÏACH, VIDAL, SINTES, FABIANI et beaucoup d’autres, la jeune fille n’a d’autre alternative que de réussir ses études car la sélection y est impitoyable. Ecole du savoir, le groupe Lazerges demeure dans l’esprit de ses anciens élèves l’école de la vie.
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Les écoles de la rue Franklin, au c½ur de Bab El Oued, ne payent pas de mine mais le franchissement du porche de la maternelle ou d’une des deux primaires inverse irrémédiablement le jugement. Sous la direction de Mr POLITO, les trois étages qui desservent les nombreuses classes ne suffisent pas à recevoir le démographie galopante d’après-guerre. La construction du groupe Condorcet en 1956 allège l’établissement. En 1962, Le deuxième étage sera détruit par un incendie que certains prêteront à l’OAS.
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Le groupe scolaire de la Place LELIEVRE, « l’université de Bab El Oued » dixit monsieur BENSIMON, l’un de ses instituteurs, avec son horloge qui cadence la vie du quartier en sonnant chaque heure, l’enseignement primaire au rez de chaussée qui mène tout droit au septième ciel représenté par le second étage où se dispense l’enseignement secondaire.
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La rue Léon ROCHES possède deux célébrités en son sein, l’église Saint-Louis de construction récente et son groupe scolaire dirigé, entre autres, par Monsieur BENHAÏM.
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Le groupe scolaire de la rue de Normandie et ses deux platanes, parasols géants qui protègent maîtres et élèves les jours de grande chaleur, encourage les enfants de la « cité » à franchir l’obstacle de l’école primaire .
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L’école de la rue Camille DOULS accompagne les enfants de la Basséta, du cours préparatoire à la 5ème avant de les diriger vers le cours complémentaire CONDORCET, le collège GUILLEMIN ou le lycée BUGEAUD sous les directions de Messieurs MASSET et GILLES.
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La situation exceptionnelle du Collège GUILLEMIN à l’orée de la Casbah, dominant une superbe cascade verdoyante glissant voluptueusement vers l’azur noyé de Méditerranée, excite la convoitise des élèves admis au cycle secondaire, par examen de sixième réussi .
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La création, en 1956, de l’école CONDORCET désengorge les autres établissements de Bab El Oued. A l’enseignement primaire de la première année s’adjoint le Cours Complémentaire qui dispense, au deuxième étage, un enseignement secondaire de la 6 ème à la 3 ème avec au palier supérieur, une classe de comptabilité. Un amphithéâtre ultra moderne pour les matières scientifiques et un mini-stade en guise de terrasse complètent l’harmonie de cet établissement.
Des professeurs multi-disciplines comme Monsieur MESNER
(mathématiques-physique-chimie) ou Monsieur BELLAÏCHE (français-histoire-géographie) adepte de méthodes répressives d’un autre âge comme la fessée administrée à l’aide d’une grosse règle qui déclenche simagrées de la part du « puni » et franche rigolade des autres élèves.
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Construit selon le même schéma et à la même époque, le groupe scolaire de la rue de Dijon remplace l’école de filles de la rue des Lavandières avec son enseignements primaire et secondaire, le Cours Complémentaire de madame ARNAUD. Cette directrice originaire du département de la Loire conjugue toutes les imperfections de la nature. Bossue, petite, claudicante de la hanche gauche, et loucheuse, ( par courtoisie je n’emploie pas le terme Bab El ouédien de bichelaouère) elle en impose par son érudition, sa mise vestimentaire impeccable, parfaitement maquillée et parfumée. Tenant tout son petit monde grâce à une poigne de fer, elle laissera un grand souvenir à toutes les jeunes filles qui passèrent par sa classe et son école.
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C’est en 1947 que s’installe à Bab El Oued rue Léon ROCHES, une école professionnelle juive, l’O.R.T. premier centre d’apprentissage réservé aux enfants de la communauté. Les garçons y apprennent l’électricité, la mécanique et la comptabilité, les filles le secrétariat et la couture.
Malgré la crainte de certains membres israélites influents de voir la communauté faire ½uvre de particularisme en créant une école typiquement juive au sein d’un enseignement laïc pouvant provoquer réactions et récriminations, d’autres établissements s’installeront à Oran et Constantine, prouvant s’il en était besoin l’entente cordiale des différentes composantes de l’Algérie.
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La petite école de la rue LARREY à la Consolation, sans doute la plus récente de Bab El Oued, dispense enfin les garçons d’un fastidieux aller-retour journalier Consolation-Messageries pour se rendre à l’école à Sigwalt.
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N’oublions la petite école de la rue Suffren, toute en rondeur, de Madame DAHAN directrice qui est restée chère au c½ur de tous « ses » enfants de Léon Roches, Franklin, Rochambeau et Suffren où elle enseigna.
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A une époque où les distances sont réduites à leur plus simple expression entre la maison et le travail, les « futurs bacheliers » bénissent l’académie d’Alger de mettre à leur disposition toute une palette d’établissements, de la maternelle au lycée, minimisant de la sorte, les contraintes inhérentes à une poursuite sereine des études. Car en ce pays et en ce faubourg, le parcours scolaire ressemble à un tour de France cycliste abandonnant à chaque étape son lot de retardataires. Ni surdoué ni cancre, l’enfant de Bab El Oued, tout en reconnaissant les mérites de l’enseignement, préfère consacrer son temps à d’autres disciplines où le football, les filles et le cinéma jouent un grand rôle. « Taper cao », contraction de « faire manca oura », devient une véritable institution tout en caractérisant l’enfant qui ose, ainsi faire l’école buissonnière. Tout élève qui ne passe pas cette épreuve obligée apparaît aux yeux des autres camarades comme une « tapette », un « falso », une « gamate », un « mort de trouille ». A l’opposé, celui qui brave l’interdit se voit décerné le titre envié de « mac ». Son avis sera toujours perçu avec une certaine condescendance et son statut au sein de l’école et de la « rue » s’écrit dorénavant en lettres majuscules.
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L’amour du métier d’instituteurs consciencieux accompagne la sévérité de leur enseignement qui prolonge les lois énoncées au sein des familles. La confiance des parents envers les détenteurs du savoir se vérifie au respect de leur jugement qui ne souffre aucune discussion. Jamais le désaveu d’une punition ne vient entamer l’autorité du Maître. Car nul n’ignore ici qu’il s’oblige à prolonger ses heures de présence à l’école ou à venir y passer son jeudi en consignant l’élève. Au contraire, il n’est pas rare de voir un père parachever la consigne par un châtiment corporel ou une privation de sortie.
Les anciennes générations du faubourg ne maîtrisent qu’approximativement l’enseignement dispensé dans les écoles du savoir de France. Aussi se privent-elles du plaisir de suivre les études de leurs enfants. Par contre, elles se pâment devant une démonstration arithmétique de leur rejeton qui en rajoute bien volontiers en la circonstance. Quoi de plus jouissif, en effet, d’étaler des connaissances ignorées d’autrui! Admirative, la maman fait, alors, partager sa fierté par tout le quartier à force de louanges répétées à l’envi. Un prix glané en fin d’année par un enfant entraîne une frénésie maternelle à la limite du raisonnable. Car la raison du c½ur demeure le credo des femmes de ce faubourg où l’on claironne ce que d’autres chuchotent. Les distributions des prix sont prétextes à de belles représentations théâtrales ou de fêtes enfantines costumées suivies par des spectatrices en larmes ou en pâmoison devant le « talent d’artiste» du petit dernier. Ces récompenses surviennent toujours à l’aube des grandes vacances d’été qui durent trois mois pleins, du premier juillet au premier octobre. Aussi, lors des dernières récréations, les élèves libérés d’une discipline contraignante se défoulent en entonnant le chant du départ en vacances :
« Gai-gai l’écolier, c’est demain les vacances
Gai-gai l’écolier, c’est demain je m’en vais.
A bas les analyses, les verbes et les dictées
Tout çà c’est d’la bêtise, allons nous amuser! »
/////

 

De : jean HebertEnvoyer un mail

Le : 01/02/2021 10:31

ce message est pour Didinne et son épouse
c'est avec stupeur que j'apprends le décès de M'hammed, je l'ai souvent rencontré au rassemblement de l' ABEO toujours de bleu habillé et fidèle ami
je t'adresse Didinne ainsi qu'a ton épouse mes sincères condoléances
je suis un ancien joueur de Volley du FC Rochambeau on s'entrainer avec vous aux ASHBM, un viel ami aussi de notre regretté Bensimon mon tailleur de Marseille.
je n'ai plus ton adresse mail suite à un bug informatique j'au tout perdu
amitiés de Bab El Oued qu'on oublie pas
Jean

 

De : georges Envoyer un mail

Le : 29/01/2021 20:27

Bonsoir à vous tous
j'adresse mes sincères condoléances à DIDINE et ZAKIA pour le décès de nôtre ami MOMO frère de DIDINE que j'ai bien connu à ROGNES quand il venait là bas depuis Londres
repose en paix MOMO tu est parti rejoindre mon frère la haut vous allez pouvoir vous retrouver .
je vous embrasse tous
à bientôt
GEORGES DURA


 

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