Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

AUTUORI Auguste

Le : 09/12/2009 22:13

Et voilà les fêtes de fin d’année arrivent, avec pour moi toujours la même nostalgie, Enrico l’a si bien chanté « Souviens-toi des Noël de là-bas », tout le quartier était en effervesance, les GRANDS complotaient, les petits attendaient avec impatience le soir Fatidique, et les cadeaux.

Pour nous dans notre quartier « LES MESSAGERIES » ou « LE QUARTIER DES ITALIENS « il nous fallait «LES PATES A LA COULADOUR », et après s’en suivait le jeu du petit paquet, vous vous en rappeler ? Avec les cartes italiennes, on faisait plusieurs petits paquets, il fallait miser sur un paquet, et celui qui tenait la banque disait avant la mise :

« MISEZ GROS A LA MAISON DU PETIT NEGROS », bien sur le gagnant au petit matin devait acheter les croissants, malheur à celui qui s’endormait, au réveil il était sur d’avoir le visage noirci, résultat du bouchon brulé.

TOUTE LA FAMILLE était réuni chez la Grand-Mère, la fête durait au moins deux jours, et souvent recommencer pour le jour de l’An.

On n’avait rien, on était simplement riche de l’AMOUR.

Voilà, comme l’on dit maintenant une fête de plus, une fête de moins.

Comme tu me manques BAB El OUED.

Babalouedement.

Michel SUCH

Le : 27/11/2009 17:16

à Liliane.

A chacun sa madeleine de "proutt". Pour moi, Madame Nivart c'était les montagnes de morues séchées, les barils d'enchois au sel et les tubes de coco. Madame Nivart... Combien de fois je me suis senti cagueux avec la bouteille d'huile qu'il me fallait faire remplir à crédit. Parfois l'attente était longue mais je repartais toujours avec ma bouteille d'huile d'olive remplie ou le morceau de pain de sucre. C'est vrai aussi que ma grand-mère maltaise, vous savez??? Angèle, celle qui soignait les coups de soleil et l'infite... C'est avec cette huile d'olive, que de temps en temps, elle frictionnait le ventre de Madame Nivart pour la soulager de je ne sais quel mal. Quant aux pains de glace, c'était ma hantise. Envellopés dans du papier journal, ils me brûlaient les doigts.Plus d'une fois, ils ont dégringolé ces putains d'escaliers abruptes qui me menaient au bout de la rue François Serrano, cette rue en impasse avec la menuiserie, le garage Galléa, et mon copain Muscat avec qui je jouais à la savate...

André TRIVES

Le : 29/10/2009 12:06

RUE CARDINAL VERDIER

Cette rue peu ordinaire prenait naissance dans le brouhaha du marché où chaque matin, la vie bouillonnait dans une marmite chauffée par le soleil. Les rencontres interminables des ménagères qui reprenaient les conversations de la veille, les cris des marchands qui ventaient leurs produits, l'odeur du pain chaud et des croissants au sortir des fournils, les visages pleins d'espiègleries des petits cireurs et les couleurs lumineuses répandues jusqu'au ciel: tout semblait créer pour exalter l'amitié, le bonheur et la joie. Après ce bain de jouvence, elle remontait légèrement à partir de la rue des Moulins et, en passant, elle tendait une oreille attentive aux sons mélodieux des mandolines, grattées par la virtuosité des "Routiniers" en répétition. Elle coupait la rue Jean Jaurès où, à l'angle, parvenaient les cris joyeux des enfants en récréation dans la cour de l'école Lelièvre. Entre la rue de Normandie et la rue du Dauphiné, l'atmosphère se chargeait d'une odeur d'eau de Cologne en provenance de la fabrique de parfums Zaoui et créait une ambiance de fête; les passants ralentissaient le pas et respiraient à pleins poumons les senteurs du dimanche matin. Puis elle traversait le boulevard de Champagne où, dans le tournant, le trolleybus avait l'habitude de perdre ses perches dans une gerbe d'étincelles féériques. Elle poursuivait son itinéraire en longeant la cité la cité Picardie, dressée comme une tribune offerte au spectacle avec ses balcons arborés où les soirs d'été, ses habitants réunis sur les bancs de pierre prenaient le frais et regardaient inlassablement le va et vient de la jeunesse qui "traînait la savate" à la lumière des lampadaires. Souvent, le dimanche matin, une clameur parvenait du stade de volley où Georgeot, Tintin, Baptiste, Didine, Raymond et les autres, venaient d'accomplir un exploit sportif sous le regard des parents amassés aux fenêtres. Un peu plus loin, au passage, elle laissait sur la gauche, les lacets tortueux qui menaient à Notre Dame d'Afrique. Enfin, elle retrouvait calme et sérénité à l'approche de la marbrerie Maccotta et de l'hôpital Barbier Hugo, pour finir devant la petite porte du cimetière de Saint-Eugène. Ainsi, le parcours dela rue Cardinal Verdier symbolisait discrètement le chemin de la vie qui, tôt ou tard, nous conduisait à la mort. Les gens de Bab el Oued en savait quelque chose...

Depuis des générations, chaque année, en cette dernière semaine d'octobre, un rituel immuable se déroulait entre le boulevard de Champagne et le cimetière qui avait été créé en 1880. Une foule immense empruntait à pied et en famille ce trajet afin de rendre hommage à leurs défunts. Durant deux semaines, les trottoirs regorgeaient de fleuristes occasionnels et la rue se colorait de magnifiques arcs-en ciel de chrysanthèmes. Jeunes et vieux, recueillis comme il se doit, remplissaient un devoir générationnel transmis par les us et coutumes hérités de leurs ancêtres: rénover l'encadrement des tombes en fer forgé, nettoyer la pierre des monuments, redorer les inscriptions gravées dans le marbre, désherber les alentours, fleurir sans compter vases et jardinières. Le travail était ardu, c'est pour cela qu'il était entrepris dès la mi-octobre. Pour rien au monde, les descendants de cette tradition séculaire auraient failli à la mission de relier le présent au passé. Durant cette période du souvenir, où la ferveur remettait en lumière au près des jeunes la mémoire de ceux qu'ils n'avaient pas connus, il ne serait venu à l'idée de personne d'avoir un souci autre que celui d'aller accomplir ses devoirs et d'aller se recueillir sur la tombe familiale. Les Juifs et les Chrétiens se rendaient au cimetière de St Eugène, tandis que les Musulmans grimpaient au cimetière d'El Khettar. Les choses avaient été bien pensées: il n'y avait aucune différence, tous avaient la vue sur la mer.

Il y a 48 ans, jour pour jour, en cette fin d'octobre 1961, le peuple de Bab el Oued ignorait qu'il rendait hommage à ses morts pour la dernière fois. Comment pouvait-il imaginer qu'un destin aussi injuste allait mettre fin à une obligation ancestrale et le contraindre à l'abandon de la transmission de ses racines? Aujourd'hui, le cimetière de StEugène relativement entretenu par l'orage tombé dans la nuit, angoisse le retour du visiteur. Des visages pétrifiés dans la porcelaine sur les livres de marbre nous épient dans le silence des allées désertes; les herbes hautes, les monuments penchés, la rouille épaisse des fers forgés, témoignent que les choses ne sont plus comme avant. Seuls les gazouillements des moineaux dans les cyprès ravivent la nostalgie du passé. Pourtant, les décors sont toujours à leur place:

"la ville est belle vue de la mer, comme la mer vue de la ville".

Depuis 1962, dans le monde où l'on nous a obligés de vivre, y a-t-il un enfant de Bab el Oued qui ait trouvé dans la docte société métropolitaine, ou dans la savante littérature qui s'entasse sous la poussière des bibliothèques, un Directeur de Conscience ou un Maître à Penser? Moi, jamais! Tous ceux qui ont construit les valeurs auxquelles je crois, les exemples auxquels je me réfère, demeurent toujours au cimetière de Saint-Eugène

André TRIVES

Le : 03/10/2009 12:59

La porte de la rivière ouverte de nouveau.

Vendredi 2 Octobre 2009, il est 13 H précises (heure locale), l'avion lancé en bout de piste se cabre et décolle de notre rêve qui était devenu réalité depuis 2 jours, 2 petits jours qui nous ont semblé des semaines tellement les émotions ont été aussi intenses. La première des émotions a été strictement humaine: des Algériens, des enfants de Bab el Oued, sont accourus pour nous accueillir et soutenir fraternellement notre rencontre; il y avait Zakia, Didine, Rachid et Nourredine notre accompagnateur, un blidéen n'ayant pas connu les pieds-noirs, mais qui a su nous redonner de la fierté:" Ici vous êtes chez vous" " Vous êtes des français avec un grand A ". Les rencontres sur les trottoirs où les gens qui passent s'arrêtent pour vous parler; ils sont heureux de savoir que nous sommes du pays. Les vieux qui avoisinent nos âges ne tarissent pas d'éloges sur la jeunesse vécue en notre compagnie:" Avant c'était le bon temps, la bonne vie...". Un Algérien nostalgique nous a cisaillé avec ces mots:" Moi, je ne suis pas Arabe, je suis Pieds-Noir." Les jeunes nous indiquent que leurs parents ont toujours dit du bien de leurs voisins français. Puis, les retrouvailles du quartier ont été empruntes d'une grande nostalgie: impossible de regarder le présent sans y revoir notre passé. 47 ans ont marqué nos différences et transformé notre époque. Je suis arrivé troublé dans la rue et devant l'endroit où je suis né. Mon père, maçon de métier, avait en 1949, modernisé le magasin de vins et liqueurs au 4 de la rue des Moulins. La devanture avait été refaite dans un graniteau couleur rougeâtre, et pour que le grain soit joli, il était indispensable de frotter le mur avec de l'eau et une pierre ponce. J'avais, avec toute l'ardeur d'un enfant de 8 ans participé à reluire la pierre... Aujourd'hui, j'ai eu l'impression de caresser les mains de mon père en passant tendrement la mienne sur le graniteau sâle et vieilli qui encadre toujours l'entrée du magasin dont le rideau est baissé, probablement pour limiter mon émotion.

Toutes les mètres carrés des rues et des trottoirs qui mènent au marché sont occupés par les étals des vendeurs du tout et de n'importe quoi. La foule dense va et vient; elle semble errer à la recherche de quelque chose qu'elle ne trouve pas. Où est passée ma rue des Moulins, la rue du Roussillon? Aujourd'hui il serait impossible de faire une partie de pelotte car la rue totalement encombrée, regorge de trous et d'ornières et ne permettrait pas de dessiner au sol une marelle. Comment ferions nous pour disputer une partie de noyaux ou une partie de tchappes ? Disparue la course des yaouleds derrière un cerceau, terminée la volée de guitane pour faire tourner le gangui acéré de la toupie. Mon petit Bab el Oued est différent. C'est Didine, voyant mon désarroi, qui me souffla le mot juste: " c'est devenu le marché de Kandaar au Pakistan". Quelques havres de paix subsistent au milieu de ce tohu-bohu gigantesque: la cour de l'école de la rue Léon Roches où je perçois le chant d'une classe qui répète une table de multiplication, la cour de l'école maternelle de la rue Normandie, zébrée d'ombre et de lumière, sous les feuillages d'un tilleul, des jeunes enfants sautillants de joie sous le jeu de la maîtresse que nous venons d'interrompre. Les saluts des enfants en tabliers roses surpris de nous voir s'intéresser à eux. C'est dans ce calme que je me revois enfant dans ces lieux et plutard instituteur au service de mon quartier... C'était il y a 47 ans.

Un moment fort: la rencontre avec l'épouse de l'ami MOMO, trop vite ravi à l'affection des siens.

Une dernière chose marquante: j'avais oublié la chaleur moite de notre Alger; c'est pénible de transpirer du matin au soir.

Margré les tâches éparpillées aujourd'hui sur le tableau de mon Bab el Oued, il n'en demeure pas moins que les attaches qui me lient à cette ville sont indéfectibles. J'ai eu mal, mais c'était bien ici que mes racines ont construit l'homme que je suis devenu.

Pierre-Claude FASANO

Le : 02/10/2009 22:24

Bonsoir a toutes et tous. Oui nous sommes de retour,j'ai attendu 47 ans, jour pour jour, pour revoir mon PAYS de naissance,j'ai quitté la cité de la consolation, le 2 octobre 1962, et je reviens d'ALGER a la même date,accompagné de mon épouse et du groupe formidable dans lequel nous etions. Tout d'abord un GRAND MERCI A Madame et Monieur CHENNENNOU ET RACHID des exemples de GENTILLESSE,de SPONTANEITE,cette HOSPITALITE que nous connaissons bien sur, font que nous devons leur dire encore un GRAND MERCI.Notre sejour a été trop court, impossible de tout voir, mais j'ai obligé mon épouse de monter chez elle au 32 bis de la rue Leon Roches, quel acceuil mes amis!!!!!!!!toute son enfance est passé au crible dans le 2 pieces, PROPRE, NICKEL, café gateaux, mais il fallait partir( les horaires du bus a respecter)Merci a cette famille; ensuite chez moi avec Christiane, mon Ami Georges MORALI, et une autre AMIE, Cecile VIVES,la chance etait avec moi, le locataire de mon 6eme étage etait dans la rue, un attroupement instantané autour de moi et la joie de revoir cet appartement, un 2 pieces cuisine wc et un balcon de 15 m. rien d'extaordinaire, mais c'etait chez nous, et cette mer a perte de vue, une Famille extraordinaire a fait de moi l'homme le plus heureux de la terre, l'espace d'une heure, j'aurai du manger tous les couscous de l'immeuble dans la même soirée, toutes ces meres de familles sortaient sur les paliers, pour voir le petit Pied noir qui revenait, SOYEZ LES BIENVENUES CHEZ VOUS et puis la surprise,une Amie Algerienne qui habite au 68 est descendu dans la rue, a damandé a mon épouse qui j'etais? c'est pierre-Claude Fasano, mon mari! pleure que j'te pleure, la joie, la folie, les embrassades, indescritible.La plage L'EDEN? une desolation, que s'est-il passé? je ne saurai l'ecrire!!; Quand a BAB-EL-OUED, notre quartier tant aimé, il faudrait rester une bonne semaine pour tout voir, les constructions nouvelles sont tres importantes, et la population est en tres grand nombre. Mes remerciements vont aussi a notre guide NOUREDINE dit NOUNOU, un gars exceptionnel et aussi a notre chauffeur du bus qui, croyez moi a accompli des miracles, il n'a pas volé sont permis, il faut être tres fort pour conduire a ALGER, une veritable fourmiliere, il doit y avoir autant de voitures que d'habitants. Voila mes cher(e)s ami(e)s, un résumé de ce voyage qui ne sera pas le dernier, je l'éspére de tout coeur. Bonne nuit et A++

Mourad MALKI

Le : 06/07/2009 22:23

Bien le bonjour aux enfants de BAB EL OUED,

... ... Que d'émotions, que de chagrins, que de joies de retrouver notre bab el oued, plus de cinquante ans ont passé mais plus rien n'obstrue l'image de mon enfance à la rue Leon Roche mon primaire, l'avenue de la Bouzaréah mon quartier, PAPALARDO un habituer, la manifacture MELIA et les cigarettes JOB le voisinage, la brasserie la PRINCESSE avec son esplanade mes glaces, les consolations les trois orloges mes loisirs, la goutte de lait ma pouponnerie , la rue maxime noiret avec ma trotinette, le cinema richelieux mes films coboyes le rialto à la bazetta , la rue normandie ma maternelle, les petites soeurs des pauvres pour mon gouter, la clinique DURANDO pour ma naissance... ... Autant de souvenirs , a plus jamais quoi ce soit ne peut les effacer , c'est des sentiments fort, tres fort pour pouvoir vous expliquer ce que je ressens en vous tracant ces lignes , je me verse cinquante ans en arriere et me voila avec des larmes des larmes qui n'arretent pas de couler avec le sentiment d'une nostalgie infinie... BIEN FRATERNELLEMENT ET SINCEREMENT A VOUS MOURAD

Josiane MOLTO

Le : 30/06/2009 19:09

Evasion

En ce mois de juillet, j'entrouvre la porte de ma mémoire et je te contemple toi, ma ville. Un à un les rideaux de brume se sont déchirés et tu apparais toute de blanc vêtue dans le chaud soleil du matin. Tes rues et tes avenues fraîchement arrosées scintillent et d'un bout à l'autre de la baie tu t'étires, tu te réveilles.

De Bab El Oued à Hussein Dey tes marchés vont s'animer, tes boutiques vont lever leurs rideaux, tes cafés vont sortir leurs fauteuils et tes plages leurs parasols. Ton amie la mer que l'on voit à chaque coin de rue t'envoie son parfum d'iode et vient se frotter à tes côtes comme un petit chat en quête de caresses. Maintenant que tu es tout à fait éveillée, tu t'agites, tes hommes partent travailler, tes femmes font leur marché, tes enfants jouent dans les rues ou sur les terrasses et ta jeunesse est à la plage.

Tu es heureuse, ma ville, entre tes bras tu enserres tout ce monde coloré et gai et tu lui apportes la joie de vivre. Tu me manques, toi ma ville, toi mon amie, toi ma complice des bons et des mauvais jours, tu me manques, toi ma capitale, toi mon beau souvenir, toi... Alger.

Josiane MOLTO

Josiane et Raymond MOLTO

Le : 06/06/2009 13:42

Pour toutes les mamans.

Au matin, tu es la pour nous protéger

Nous réconforter quand on a mal

Nous cajoler quand on a du chagrin

Tu nous donnes la force de grandir

D'apprendre en toute innocence

De nous encourager dans nos moments de faiblesse

Au midi, on te fait enrager

On te donnes des cheveux gris

Mais tu es toujours la pour nous

Quand on fait des erreurs

Tu ne nous juges pas

Tu nous aides a nous relever

En soirée, tu guides nos pas

Tu éclaires nos moments de noirceurs

Tu nous tends la main dans le besoin

Dans la nuit, nous te chérissons

D'avoir pris soin de nous

Maintenant c'est a notre tour

MERCI MAMAN

Mourad MALKI

Le : 04/06/2009 22:55

bien cher ami christian,

je t'envoie une bouffé d'ai de notre cher BAB EL OUED,ce message est bien enregistré d'un lieu c que tu connais certainement bien non loin de la clinique DURANDO as tu connu? L' avenue bouzarea la limonaderie DEDE non loin de la place du triolet garage denis la basetta le cinema rialto la carriere jobert climat de france ... Ce sont des souvenirs emouvant en vous lisant ces les années cinquaznte que je rememore et je reste bien fiere de te lire je peux te rzaconter un tas de choses je reste un nostalgique un fervent nostalgique de l'algerie francaise j'y pleure bien souvent les souvenir que tu viens de me devoilés ont une importance capitale dans mon coeur car j'y reste modeler de cette mentaliter qui m'a bercer dans de beaux jours ... Merci encore christian je tache rez de tr'ecrire s 'il le faut cet e mail en es un faux que j'avais inventé à la hate pour t exprimer ma profonde admiration pour ton message merci encore MOURADO

André TRIVES

31 MAI 2009: BAB EL OUED ressuscité.

Les platanes centenaires du Grand St Jean ont donné aux anciens de BAB EL OUED la plus belle émotion que la terre pouvait leur offrir ce jour-là. Des Etats Unis, de Suède, d'Angleterre, du Maroc, d'Espagne et de toutes les régions de France, ils sont venus, couverts de rides et de cheveux neigeux, l'oeil toujours pétillant, se retrouver en mendiants de fraternité sous la bannière flamboyante du quartier de leur enfance.

Sans se concerter et dans une harmonie parfaite, les platanes ont été transposés en forêt de Sidi Ferruch traversée par le flonflon des guinguettes. L'espace boisé se voyait religieusement arpenté dans sa longueur par la foule retrouvant les "andar et venir" de l'avenue de la Bouzaréa. Chacun dans sa procession léchait un créponné d'Amitié, seule la drague disparue.

La clique des Messageries, la rue Léon Roches, la Bassetta, La Cité des Vieux Moulins, le quartier Rochambeau-Nelson, la rue de Phalsbourg, l'avenue Malakoff, La Place Lelièvre,Sigwalt, Notre Dame d'Afrique, tous avaient tenu à ne pas être oubliés. Toutes les rues faisaient le pari de retrouver un ami ou un voisin. La notion du temps avait disparu, seules nos années en noir et blanc avaient de l'importance.

Les mantécaos,la calentita, la soubressade, les cocas à la frita la kémia et l'anisette se partageaient pour apprécier les saveurs d'antan.

Les bénévoles de l'ABEO et son Président Raymond PALOMBA, avaient mis à disposition tous les ingrédients pour que la fête soit une réussite. Jusqu'à confectionner une oeuvre monumentale refaite à l'identique par les ouvriers de l'amour du quartier, MULLOR ET FASANO: LES TROIS HORLOGES; mitraillées tout au long de la journée par des milliers de photographes.

En fin de matinée, comme d'habitude, quelques nuages venus de tous les cimetières de France et d'Algérie assombrirent les retrouvailles au travers des feuillages. Et comme d'habitude, quelques gouttes de pluie traduisirent l'affection qu'ils portaient à leurs petits. Le retour spontané du soleil nous redonna dans l'instant un sentiment mêlé de tendresse et de tristesse.

Très tard, alors que l'astre de lumière déclinait à l'horizon plein ouest, la fin de cette journée exceptionnelle vint trahir la communion fraternelle qui avait pris ses répères.

Punaise, que c'était beau tous ces sourires et toutes ces joies qui étaient venus illuminer des visages burinés par le temps. Durant quelques heures nous nous étions sentis solidaires et de nouveau invulnérables. Nous savions que demain allait recommencer notre exil et notre isolement dans nos appartements luxueux de vie accomplie.

Nous attendrons patiemment l'an prochain pour retrouver cet essentiel que seule la famille de BAB EL OUED peut nous faire revivre désormais.

Enfants de BAB EL OUED, AU REVOIR, SHALOM, SALAM et à l'an prochain.

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