Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

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Christian TIMONER - Manuel ROBLES

Le : 21/04/2010 09:21

Bonjour à tous les habitué(e)s du site.

Suite à un échange de e-mail avec Manuel ROBLES, il a voulu me faire partager un de ces souvenir de maternelle. J'ai trouvé ça si beau que je lui est demandé s'il voulait bien en faire profiter tous les lecteurs du site, car tout le monde de notre génération et d'autres pouvaient se voir dans ces écrits car nous sommes tous passés par là. A ma connaissance personne n'en avez parler ou écrit. Voici son texte dont le titre est LES BÛCHETTES et sa réponse qui suit.

LES BUCHETTES

Je m'en rappelle le chemin...

Aucun moyen de locomotion pour m'y amener...

On y allait à pied...à la Maternelle...

Les premiers temps...nos mères...nous y accompagnaient...et puis après...on voyageait en groupe...

Les gosses du quartier...

On rentrait à la maison le midi pour manger...il n'y avait pas de cantine...

Donc...on effectuait le trajet quatre fois par jour...à la force du mollet...

En quittant l'appartement...il m'arrivait souvent...de descendre les escaliers en courant...et de laisser traîner mes mains sur la rampe...Aussi...à l'occasion...je remontais les deux étages...pour un petit nettoyage rapide...afin de présenter au regard de la maîtresse...des mains propres...

Et en route...la petite troupe de gosses en tablier.....

On pouvait passer par la place de la Baseta...pas loin du cinéma Rialto...et on grimpait la côte...

C'était en montée...la rue Camidous...ou bien...Camille Douce...je l'ai toujours prononcée et entendue de cette façon...

Chérif...de passage en France...m'a indiqué la bonne orthographe : la rue Camille Douls..

C'est en moi...cela restera...la Maternelle de la rue Camidous...

Aujourd'hui.. Mélanie...

Elle se sert d'une machine à calculer...pour des exercices faciles...dont je trouve parfois mentalement...les réponses...

Elle est encore hésitante...sur les tables de multiplications...

Aussi...aujourd'hui pour Mélanie...je remonte la côte de la rue Camidous...

J'ai cinq ans...

Je suis un garçon brun...semblable aux autres...

je suis.. tranquille.. pour ne pas dire..sage...

J'aime bien la petite école...je m'y sens bien ..

Je suis un enfant heureux..dans ma vie de tous les jours...

Heureux dans ma famille...Heureux avec mes copains...

J'aime m'amuser...J'aime le jeu...

Je cours beaucoup...sans souci...sans crainte de me fatiguer...

Quand je rentre à la maison...je suis souvent en sueur...

Je connais bien la cour de la maternelle...elle est à un niveau surélevé...par rapport à la rue...Il y a du grillage...

Je me trouve en classe...Une maîtresse nous apprivoise à sa façon...

Pour nos premiers pas en calcul...elle distribue à chacun...des petits bâtonnets...aux belles couleurs...

"bleu..rouge...jaune...vert"...

Elle en fait un jeu...ces petits bâtonnets...elle en retire...elle en rajoute...

A nous de compter...

Le mot "bâtonnet" ne me convient pas...

Natacha...a le mot...juste :

"Bûchettes"...

Voilà...des bûchettes....

On apprenait à calculer...avec des "BUCHETTES"...bleues...rouges...jaunes...vertes...

Ces bûchettes...on en avait parfois...un grand nombre dans notre petite main...

La connaissance des chiffres...et la joie...d'annoncer fièrement :

"Je sais compter jusqu'à....."avec le temps...on avançait...

Tout se passe bien...chacun est à l'aise...avec les bûchettes...

La vie est pleine de couleurs....

En plus...bientôt...c'est Noël...

On en parle en classe...avec la maîtresse...entre nous...en famille...

Le "Père Noël"...doit venir...à la maternelle...

Nous aurons tous un cadeau...

On nous dit qu'il viendra du ciel...

L'après-midi..à courir dans la cour...

Un bruit..là-haut...bien au-dessus de nos têtes...nous levons les yeux...c'est un hélicoptère....

Une maîtresse dit :

"C'est le Père Noël...vite...tout le monde en classe"....

Je regagne ma place...

La maîtresse ferme la porte après nous...elle nous demande d'attendre...

Tout est calme...personne ne parle...

Tout à coup...on frappe à la porte...

La maîtresse...met le doigt devant sa bouche..."chut"....

Elle se lève...se dirige lentement...vers l'entrée...et ouvre la porte...

Aucun d'entre nous n'a bougé...

Elle revient en classe...avec une caisse en carton...

"Voilà ce que le Père Noël...vous a apporté"....

De grands yeux....

Elle distribue à chacun...un paquet de bonbons....

Des pralines et des fondants...j'aime beaucoup....

Je suis content....

J'y touche pas à mon paquet....

Tout heureux...quand sonne la cloche..de rapporter mon "cadeau" à la maison....

En ce moment là...les jours de pluie...les jours d'hiver...(hiver méditerranéen)....

Comme beaucoup...je portais un "capuchon"...je crois...sorte d'imperméable en caoutchouc...

Ce vêtement nous recouvrait tout entier...les bras à l'intérieur...

Il y avait sur les côtés...deux fentes...pour laisser passer nos mains...

Et la capuche...bien-sûr...pour protéger nos petites têtes...

En ce moment là...les jours de pluie...les jours d'hiver...

Rue Maxime Noiré...le Docteur LEVY...

C'est lui...en l'absence de "sage-femme"...qui assista "Thérèse"...pour ma venue au monde...

Une de plus...une petite tête brune...cheveux noirs...tout en sueur...déjà...

Je suis né à la maison...dans le lit de mes parents...comme mes aînés...

Le Docteur LEVY...le docteur du quartier...

Ma mère m'y a amené...

Le docteur...me trouve fatigué...et parle d'asthme...

Donc...beaucoup de repos...pas de maternelle...le moins d'efforts possibles...et surtout ne plus courir...

Ma mère avec toute sa tendresse...m'a gardé au chaud...à la maison...

Les copains partaient sans moi à l'école...

On m'avait acheté des jouets...des petits bonhommes … et notamment un cowboy...cadeau de mon père...je crois...Un cowboy...sur son cheval...et qui tenait au bout de son bras levé...son chapeau..."Adios amigo"...fut son nom...quelqu'un me le souffla...peut-être...mon père..

Je retrouvais...mes copains à leur retour d'école...

On retournait ensemble dans la rue...pour nos jeux d'enfants...sans (trop) courir...

Jean-Luc SOUSSEM...habitait au dernier étage de l'immeuble...sous la terrasse...

C'est lui que je voyais le plus souvent...

Je suis resté assez longtemps...il me semble...absent de la maternelle...

Cela commençait à m'inquiéter...car les autres...apprenaient des choses nouvelles...que j'ignorais...

Jean-Luc...jouant de ma peur...en rajoutait...

Il disait...que j'allais être le moins fort de tous...et que la maîtresse ne voulait plus de moi..

Il parlait de voyelles et de consonnes...je ne comprenais rien...

Même...plus tard...les voyelles et consonnes...m'ont échappé...et cela...aujourd'hui n'a plus d'importance...je ne cours pas après...

Je ne devais pas être confiant...le jour..où..j'ai repris le chemin de la rue Camidous...

L'accueil de la maîtresse...n' a pas dû...être redoutable...Je n'en ai plus le souvenir...

J'ai certainement pris...ma place...parmi les autres...et recompté les bûchettes...

L'année suivante...

J'entrais à la grande école...

Une maîtresse... Les premiers jours....pour établir notre identité... écrire..."Nom".."Prénom"...

Et mon écriture...assez mauvaise...ne m'a pas aidé...

Pendant un certain temps...la maîtresse...m'a appelé ROBLES Marcel...

Mon passage à la maternelle...trop frais dans ma mémoire...m'a donné à réfléchir...

Dans mon coin...je n'ai rien dit...

Trop heureux de courir à nouveau...

Bonjour Christian ...

On a presque tous eu la même enfance ...

Et c'est toujours bon de la partager ...

J'ai écrit .. des petits textes.. pour en rester "imprégné"... et pour Mélanie (ma fille) ...

Lui raconter notre histoire ...

Elle a bien écouté .. l'histoire des bûchettes ... puisqu'aujourd'hui ... elle est institutrice ...

Christian .. cela me ferait plaisir.. de le voir paraître sur le site ...

Pierre-Emile BISBAL

Le : 03/02/2010 18:50

Pour Michel Such.

Michel, ce petit texte inspiré par ton message concernant le départ de Paquita.

Très amicalement.

Comme un arbre…

La vie nous a dérobé le plus beau des matins celui ou, sur une de nos branches nous aurions vu renaitre la première feuille du printemps. Nous sommes un arbre dont les feuilles ne repoussent plus. Comment pourrait-il en être autrement avec nos racines désormais inutiles car arrachées à cette terre d’Algérie. Nos racines, autrefois profondes, robustes, vaillantes, réduites maintenant à un entrelacs blanchâtre, stérile, noueux et sec, semblable à ces ossements extirpés à la hâte d’un caveau profané.

Nous vivons notre ultime et interminable hiver. Nos feuilles meurent doucement et partent docilement. Ces feuilles brulées par un destin féroce et amoral. Une feuille d’Alger, d’Oran, de Tlemcen, de Bône, d’un village du littoral ou du bord de l’Atlas. Une feuille avec ses souvenirs et l’amour des siens comme unique bagage pour le dernier passage. Une feuille qui se détache et plane, maladroitement soutenue par l’haleine de la mort dans un balancement disgracieux ignorant le chagrin des vivants.

Nous avons des mots usés et doux pour ceux qui restent. Une salutation murmurée avec son goût de larme. Un geste d’une tendresse retenue. Une main sur une épaule. Une dernière prévenance formulée dans un égal partage entre la mort et la vie. Un nom que l’on glisse lors d’une rencontre pour dire qu’il nous a quitté, pour dire qu’elle est partie.

Bientôt plus rien de vivant ne subsistera de nous. Ceux de notre sang qui n’auront pas connu la vie de « là-bas », ne sauront bientôt plus rien de nos joies et de nos chagrins qui périront de ne plus être contés, asphyxiés par l’oubli. Sur ces vieilles photos que les familles conservent, un jour, un enfant cherchera notre nom, le nom d’un lieu, une date. Il ne trouvera pas d’écho. Les feuilles meurent en silence.

Robert VOIRIN

Le : 06/01/2010 17:27

BONJOUR A TOUS

A vous bande de calamars boiteux,

Qu'est ce que je dirai pas pour vous rendre heureux,

Sinon vous donner une calbote amicale,

Que ça va sûrement pas vous faire mal,

A vous tous les fartasses, les guitches et les laouères,

Ceux qui allaient se taper le bain en bas la mer,

A tous les bouffeurs de cocas, mantecaos, zlabias,

Bliblis, roliettes, mounas, makrouds et calentitas,

A ceux qui dégustaient les brochettes à Fort de l'Eau,

A ceux qui tapaient cinq, à tous les falsos,

Aux buveurs d'anisette avec kémias,

A ceux qui faisaient sans arrêt l'avenue de la Bouzaréah,

A tous les falempos qui mentaient comme des voleurs,

A tous ceux qui ont fait le bras d'honneur,

Et ceux qui trichaient aux tchics tchics,

Ceux qui faisaient la chaîne au Majestic,

Ceux qui tiraient le fer au cassour, à tous les kilos,

A ceux qui, comme moi, tapaient cao,

Ou soit disant maqua hora,

Ceux qui jouaient aux tchalefs ou au tas,

Ceux qui ont fait, les pôvres, figa ou tchoufa,

A ceux, que quand ils partaient on aurait dit qu'ils revenaient,

Aux anciens de BAB EL OUED, d’El BIAR, de BEN AKNOUN,

A mes voisins de la rue MICHELET et de la rue d’ISLY

A tous ceux de notre ancien " paradis "

A tous ceux là,

En pensant à ceux que j'aimerais qu'ils soient toujours là,

Je souhaite que cette nouvelle année vous apporte le bonheur,

Et surtout que cette purée de santé elle vous laisse pas tomber

ROBERT VOIRIN

Monique BALDACCHINO

Le : 02/01/2010 18:46

Ceci n'est pas de moi, mais de Lynda, j'ai trouvez ceci tellement beau Lynda que j'ai voulu le faire partager à tout les enfants de BAB EL OUED

Merci et tout mes voeux

Une pensée pour nos "Vieux", qui sont là-haut, à nous "mater" et faire attention que la bouteille de Cristal ne descende pas trop vite, pour le selecto ils ferment les yeux, et voir si on abuse pas des tramousses , des bliblis, des fèves au "Koumoun", de la soubressade "mahonnaise", des boutifars, des formadjades, des petits pâtés, et du reste.

Comme on aimerait bien qu'ils soient là avec nous autour des grandes tablées d'avant, à attendre minuit pour mettre les cadeaux dans nos souliers, bien des fois pendant les années de "guerre", ils se privaient pour nous choyer, et pourtant les temps étaient durs, mais nous avions toujours un petit quelque chose dans les savates ou les espadrilles.....même si en cours d'année on avait pris quelques botchas et deux ou trois coups de pieds au cul, ce jour là tout était remis à zéro, et beaucoup d'entre nous accepteraient encore des calbotes rien que pour

le plaisir d'avoir nos "Vieux" à coté de nous

Michèle VERNET TOZZA

Le : 01/01/2010 03:01

Me revoilà sur votre site Christian car je veux souhaiter une bonne année à tous nos compatriotes.

Je leur souhaite la meilleure année possible en priant pour que tous leurs voeux se réalisent.

Je suis solidaire de tous les gens de BEO, habitant jadis, 1, rue Réaumur puis ma famille rue Cardinal verdier et ma grand-mère au 10, rue Réaumur.

Nous sommes de vrais babélouédiens.

Qu'une entente parfaite aussi se manifeste entre tous les sites. Cela est important pour tous.

Il faut se serrer les coudes et non se détruire.

Que Notre Dame d'Afrique veille sur ses enfants des deux côtés de la Méditerranée.

Je dois vous dire que ce soir j'ai eu la joie de retrouver des voisins et amis du 10, rue Réaumur grâce à votre site, Christian.

Merci pour ce que vous faites depuis des années....

Quelle émotion j'ai eue lorsque j'ai reçu un e-mail de ces personnes que je côtoyais tous les jours à BEO.

L'année se termine bien pour moi et l'amitié a dominé ce soir...

Re bonne année à tous et portez-vous bien. Michèle

Robert VOIRIN

Le : 29/12/2009 22:04

BONNE ANNEE 2010

Qu'est ce que j'aimerai que tous ensemble on se réunisse joyeusement,

on serait tellement nombreux qu'il nous faudrait la Place du Gouvernement,

de partout on arriverait fissa, et tout notre cher Bab el Oued se retrouverait

dans un grand mouvement pour la fêter cette purée de nouvelle année !

On dévalerait de la Bassetta ou de la Rampe Valée,, on accourerait de Nelson,

des Messageries, des Place Lelièvre et du Tertre, de la Consolation,

de la Cité Picardie, des jardins Marengo ou du square Guillemin

on se presserait depuis les rues Mizon, Camille Douls ou des Moulins

des rues Leon Roches, Réaumur, Montaigne et Rochambeau,

on viendrait en courant des avenues de la Marne, des Consulats, Malakoff et Durando,

des boulevards de Champagne, de Provence, du Pitolet,

de Padovani, de la Caramoussa, ou du Marché,

enfin de tous ces lieux qui faisaient de notre grand quartier

un paradis si populaire et plein d'humanité.

Alors, au milieu de la Bouzaréah, autour de nos Trois Horloges on se rassemblerait

et ma parole on s'éclaterait dans un ramdam de joie et de fraternité

même si on commençerait à devenir un peu ouellos, mais pas encore des babaos

car on garderait le moral dans ce monde qu'il ne serait pas toujours beau.

Mais aïe aïe aïe je suis de gaz ou quoi, qu'est ce qui se passe,

j'ai comme des blis blis dans la tête, tout ça c'est encore des tchalefs, mais rlass,

j'arrête, car c'était un rêve qui trottait sous mon capéo et que je voulais vous raconter...

Aujourd'hui par la pensée on va essayer de se rassembler pour se la souhaiter cette bonne année,

aussi, à vous tous les Immortels de Bab El Oued je vous présente mes voeux de santé et de bonheur,

vinga que ça continue soua soua, et pourvu que la Mémoire de notre quartier reste dans nos coeurs.

André TRIVES

Le : 21/12/2009 11:01

NOEL A LA PLACE LELIEVRE

Souvenez-vous mes amis de ces moments impérissables d'enfance...

Les galoches étaient soigneusement alignées devant un somptueux sapin tout illuminé. Mille guirlandes brillaient de branche en branche avec une bougie en équilibre à l'extrémité chargée de neige. L'âtre de la cheminée rougeoyait de braises incandescentes et entretenait une chaleureuse fraternité. Les bûches crépitaient sous le regard ébloui des enfants. Des monticules de cadeaux multicolores cachaient leur surprises dans l'attache d'un ruban rose bonbon. La neige tombait en abondance et couvrait les toitures en pointe des maisons. Un chariot tiré par quatre rennes souriants faisait sa tournée et nous donnait l'espoir que le Père Noël ne nous oublierait pas. C'était ça, notre noël à Bab el Oued, tous les mois de décembre, lorsque notre maîtresse, Madame Winckler sortait du porte-carte rangé au fond de la classe, la gravure qui allait servir à notre leçon de vocabulaire. Devant notre surprise d'un tel décor enneigé, elle nous précisait que cela se déroulait ainsi dans le nord et dans les montagnes. Nous avions du mal à comprendre car nous aussi on habitait dans le nord mais de l'Afrique, et nos montagnes s'appelaient Sidi Bennour, Bouzaréah ou Notre Dame d'Afrique. Chez nous, nos galoches c'étaient des "Tchanglès" et Noël se passait au balcon. Parfois la neige recouvrait les rues pour quelques heures, Bab el Oued grelotait par surprise, et les maudites engelures contractées dans la cour de l'école nous faisaient souffrir au retour dans les classes, les mains coincées entre les cuisses gelées.

C'était il y a 60 ans, et je glisse toujours mes doigts entre les cuisses lorsque j'ai froid, comme je le faisais à l'école de la place Lelièvre quand j'avais 10 ans.

André TRIVES

Le : 20/12/2009 16:42

Noël à Bab el Oued

Les vieux parents que nous sommes, avons du mal à digérer la quantité de jouets offerts aux enfants d'aujourd'hui pour les combler. Dans les années cinquante la hotte du Père Noël n'était pas en surcharge lorsqu'elle arrivait au pied de notre lit. Un seul jouet par enfant, une orange et quelques pralines suffisaient à nous combler. Seulement voilà, nos ancêtres avaient inventé l'Art du Rien, en pratique toute l'année, pour que nos amusements ne manquent de rien. Il était donc normal de mettre en scène nos distractions et de les partager avec les copains "en bas la rue". Ainsi, tout partait de récupérations d'objets les plus hétéroclites et le savoir-faire, initié par les grands, nous amenait à réaliser des jeux et des confrontations inoubliables. De plus, ils s'accordaient avec les saisons et se répartissaient au long de l'année. Noyaux d'abricots, boîts d'allumettes, terre "anglaise", capsules de soda, roulements à billes, vieux chiffons, papier journal, ficelle, roseaux coupés à la carrière Jaubert, toupie avec gangui de fabrication personnelle, des billes en agate spéciales " tuisse et bit et pam", constituaient notre matière pemière. S'ajoutaient des jeux collectifs comme " Fanfan vinga", " tu l'as", "chat perché", "délivrance", "sotte mouton" pour les garçons, la corde à sauter, la marelle, bleu-blanc-rouge et "mère que veux-tu?" pour les filles.

C'était il y a soixante ans, et c'est toujours comme hier...

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