Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

Michel SUCH

de Michel Such

avis de recherche:

je suis né rue François Serrano, anciennement rue de la Vigie au N°4. Dans mon immeuble vivait une femme avec qui nous partagions les toilettes communes. Sur le palier, je la croisais toujours aimable et souriante, vêtue de vêtements amples, ses mouvements laissaient échapper des effluves enivrantes . Le ouistiti qui se promenait sur ses épaules me regardait de ses yeux ronds et toujours mobiles. Elle me souriait toujours en tirant la porte des toilettes sur elle. Je retournais dans la pièce où nous habitions avec mon frère et mes parents et j'attendais le bruit de la chasse d'eau et celui du verrou de son appartement pour foncer aux toilettes. C'était toujours Noël. Sur le rebord du petit judas d'aération, je trouvais toujours, serrés dans du papier de soie, une corne de gazelle ou un makrout. Mais ce qui me troublait le plus, dans cette petite pièce d'aisance confinée et toujours "nickel" comme on dirait maintenant, c'était l' odeur de cette femme, où se mêlaient le musc, la lavande et le patchouli. Souvent je fermais les yeux, j'étais avec les anges. Le miel du makrout fondait dans ma bouche. On tambourinait à la porte." Tu as encore mangé des figues de barbarie?" Le rêve était cassé. Ma mère s'inquiétait et m'amenait chez ma grand-mère Tomani pour me guérir de l'infite en me frictionnant le ventre avec de l'huile d'olive. Ce n'est pas cette femme avec son ouistiti que je recherche, je ne l'ai jamais perdue. Ma grand-mère Tomani, vivait au bout de la rue François Serrano, anciennement rue de la Vigie au N° j'me souviens plus. Dans cet immeuble où vivait Colette ma première fiancée à quatre ans, Alice, Paquitta, Madame Azzopardi. Personne pour m'aider? C'était au bout de l'impasse, avant les escaliers qui descendaient chez le menuisier. Ces escaliers qui devenaient étroits, mal taillés. Qui nous menaient chez Mme Nivart. " Ma grand-mère elle veut un litre d'huile d'olive-T'ias l'argent?- Non- Dis à ta grand-mère que j'ai plus d'huile d'olive." Remonter les escaliers avec la bouteille vide. "Grosse vache! Lui faire la honte au petit " Elle m'arrachait le bras et me tirait dans les escaliers où l'on manquait mille fois de les dégringoler sur le cul. Ma grand-mère allait directement se servir l'huile au robinet de la barrique. " Tu me dois quatre coups de soleil! On est quitte!" Oui, ma grand-mère Tomani, en plus de l'infite, enlevait le coup de soleil, posait les ventouses et faisait disparaître les "compalorios". Pour les coups de soleil, même ce bon Docteur Akkoun qui ne nous faisait pas payer ses consultations, envoyait des patients à ma grand-mère quand la médecine généraliste avait trouvé ses limites. Alors, le N° de cet immeuble? personne pour m'aider. A côté de chez Galléa. Le garage Galléa. Juste avant Muscat. Muscat c'est lui que je cherche. Joseph Muscat. Son frère jumeau s'appelle Charles. Charles de toujours préfère travailler à la ferme avec ses parents. Avec Joseph, on va à Lelièvre ensemble. JOSEPH MUSCAT. Pour une sortie picnique avec l'école, sa mère nous à rôti deux pigeons. Un chacun. Un pour Joseph, un pour Michel. Moi le fils de la concierge je vais manger pareil que le fils MUSCAT. Les Muscat qui logent gratis mes grands-parents, par solidarité maltaise, dans cet immeuble de la rue François Serrano, anciennement rue de la Vigie au N° j'me souviens plus.... Alors si quelqu'un peut me donner des nouvelles de JOSEPH MUSCAT...

Si vous êtes arrivés au bout de ce texte un peu long, j'ai une autre faveur à vous demander.

Ma mère, Hélène, la fille d'Angèle la maltaise (celle qui enlève les coups de soleil) demain 20 août, Inch'Allah si Dieu veut... aura 83 ans. A la consolation, c'était Madame Michelle la boulangère... Elle vit seule à Béziers, n'a pas internet mais si ceux qui la connaissent lui passent une marque de sympathie sur le site de Christian je me ferais un plaisir de lui envoyer les copies.

C'est toujours bon pour le moral...

Michel Such

Alfred LANGLOIS (Freddy)

A l'attention de Momo.

Formidable l'article du quotidien Liberté sur les PN d'ORAN, mais en tant qu'algérois et "demi espagnol", il me faut relever deux points, soit erronés, soit litigieux. Le premier concernant "La FRITA" donc, qui n'était pas un plat typiquement oranais, car à Alger nous avions "LA FRITANGA" (oignons, poivrons, tomates,un peu d'ail et un bouquet garni.) D'ailleurs cela ne se servait pas uniquement pour les mariages (il y avait des mets plus raffinés pour ces occasions), mais surtout l'été, à l'époque de la maturité des différents ingrédients (eh oui ! à l'époque nous "marchions" avec les saisons.)

L'escabéche, elle aussi ne se servait pas que pour ces cérémonies, elle pouvait accompagner des sardines, des maquereaux ou de la bonite. Pour en revenir aux appellations "frita" et "fritanga", nous retrouvons le meme cas de figure avec "calentita", à Alger, et, "calentica" à Oran. Deuxieme remarque : au sujet de la mouna ou mona. L'explication du Fort Lamoune me parait bien "historique" et meme bienvenue, mais je sais que ce gateau est originaire de la région d'Alicante en Espagne. J'en veux pour preuve une explication "familiale", comme stipulé, je suis à moitié (et meme plus d'origine espagnole), en effet ma grand mère maternelle est venue de TARBENA (village de la province d'Alicante) s'installer à Alger en 1910 (rue Fourchault), et ensuite avec nous rue Léon Roches. Elle n' a jamais connu Oran et pourtant elles confectionnait des monas dont le boulanger de la rue Maxime Noiré ( Mr Blanque) était jaloux, à l'époque, moyennant cent sous le boulanger mettait à disposition de grandes plaques noires et assurait la cuisson (la mise en forme des mounas,extraites sous forme de pate d'une corbeille à linge en osier), étaient "moulées" sur place, dans le fournil. Une anecdote expliquant la similitude des plats d'Oran et d'Alger : près d'Alicante, à l'époque des migrations des espagnols vers l'Algèrie, les habitants de Tarbena partaient pour Alger, les habitants de PARCENT (à 14 km) partaient, eux, pour Oran.

Voilà mes petites mises au point sans esprit polémique. Un grand salut à tous les anciens de BEO. fREDDY

Merzak TAMENE

Pour Georgeot Garcia

Les baraquements ont fait place à une esplanade, mais les Bains de chevaux existent toujours, avec des centaines d'enfants qui viennent se rafraichir, et "apprendre à nager" les jours de canicule. Le rocher carré d'où l'on plongeait pour rejoindre la plage a disparu, et le phare, face à la piscine Kettani (la bougie comme on l'appelait) aux couleurs de l'ASSE, est devenu, Dieu seul sait pourquoi, supporter aux couleurs de l'OHD. L'immeuble du 1 Rue de Dijon avec sa plaque commémorative "Emile Maupas" tient toujours, et l'écurie avec son figuier à l'angle des rues du Dey et de la consolation, a fait place à la poste de Bab El Oued. Ce fameux figuier connu et apprécié de tous ceux qui tapaient "KAO" ,et cachaient leurs cartables sous ses branches, pour aller assister aux entrainements moto-cross à la carrière Jaubert (Salut Bébert, Seksek, et beaucoup d'autres ainsi que moi même). Plus de "Maison Jeacque" en hiver, ni de marchand de melons en été , rue de la Consolation, où tournait le trolley à perches pour Notre Dame d'Afrique (un salut en passant aux enfants de ce quartier magnifique). Mais Notre Dame d'Afrique est toujours là, perchée sur la colline, surplombant le stade et le cimetière,avec son esplanade d'où l'on a une vue imprenable sur Bab El Oued. L'impasse du Sporting, prés de chez Alain Riquelme est toujours là, mais la Cour des miracles Rue du Dey a disparu. Plus d'affiches des cinémas La Perle et Rialto (pourquoi précisement ces deux salles? ) en montant la Rue Pierre Leroux à gauche. A droite, le Centre Villeneuve et sa "Goutte de lait" est devenu Mairie de BEO. Les Tabacs du Globe à l'angle des rues de Colmar et Dijon ne sont plus là. Mais la pierre où aimait s'assoir Mme Maurice à l'angle opposé est toujours là, bien ancrée(salut Papi et Cuevas). Le magasin de Mr, Papalardo et celui de Mr.Botella "farces et attrapes" ont changé de raison sociale, et tout le le pâté de maisons est appelé à disparaitre. Mais les souvenirs resteront à jamais gravés dans nos mémoires et nos coeurs. Bonne soirée à tous et à toutes. Tamene Merzak.

André TRIVES

Salut à tous les amis d'ici et de la-bas et merci à Merzak de nous raconter Bab el oued en direct comme le radio-reporter Charly Finaltéri nous narrait en direct sur RADIO ALGER les matchs de foot le dimanche après midi. Concernant le marchand de melons et pastèques qui s'installait tous les étés et que je connaissais particulièrement, savez-vous que son fils, un gaillard sympathique et très instruit était un authentique chanteur d'opéra qui connaissait parfaitement la Tosca, le chanteur de Perles, Aïda, Carmen,etc...Et à l'occasion de l'installation passagère de son père aux messageries pour nous vendre ses melons jaunes au goùt de miel, il participait chaque année aux radios-crochets qui avaitent lieu au stade Cerdan et remportait un franc succès même si l'opéra nous passionnait moins que le foot ball. La "maison Jacques" s'installait effectivement à l'automne sur l'emplacement où les pastèques rouges sang, sucrées comme du kikilomètre,ne se vendaient qu'à la coupe. Vous souvenez- vous que pour attirer la clientèle Mr Jacques nous gratifiait d'une animation sur l'estrade où les roues numérotées tournaient au son des cliquetis. C'était un mec déguisé en femme avec des faux nichons qui mimait en play-back les chansons en vogue:" C'est toi ma petite folie..." Et monsieur Jacques, avec son micro recouvert d'un simple mouchoir tenu par un élastic répétait à l'infini:" A tous les coups on gagne.." Et nous les enfants du quartier étions subjugués par l'apparat de la fête, par le spectacle comique auquel on assistait gratuitement et par ceux bénis de chance qui partaient avec un service à vaisselle de 24 pièces sous le bras. Nous pensions certainement que plus tard avec de l'argent nous aussi nous pourrions tenter notre chance et gagner un gros lot. Mais dans l'instant nos yeux restaient écarquillés par le bonheur ressenti et l'espoir d'une vie meilleure. Bab el ouedement Vôtre, un enfant du n°4 de la rue des Moulins

Claude QUESADA

Chers Amis P.N.

ALGERIE : Notre paradis perdu!

BAB-EL-OUED : berceau de toute notre jeunesse!

Que ces deux mots soient pour nous un lien d'amitié, de souvenirs de nos joies et de nos peines. Dans une dizaine d'années, nous ne serons plus nombreux à pouvoir parler de nos promenandes sur les avenues de la Bouzaréah, Durando, de la Marne, sur le front de mer. Souvenez-vous de ces pique-niques à Sidi Ferruch! Vous rappelez-vous les grillades de chez Guedj, ses brochettes, ce bol de loubia appelé bol mélodieux, ces cornets de frites? Alors que tous ceux qui, grâce à Christian, se retrouvent sur ce site que ce soit uniquement pour rechercher un ami, ou nous parler de ce qui nous unit, pour nous faire replonger dans l'ambiance de ce merveilleux quartier objet, aujourd'hui encore, de tous nos rêves. Que toutes nos souffrances passées nous aident à former cette chaîne d'amitiés, de souvenirs et d'amour digne de ce grand peuple de "PIED-NOIR" que nous avons été et que nous sommes restés pour notre plus grande fierté!

Annie SALORT

De Bal-el-oued en 1962 J'ai quitté MON PAYS, j'ai quitté MA MAISON Ma vie, ma triste vie se traîne sans raison J'ai quitté MON SOLEIL, j'ai quitté MA MERE BLEUE Leurs souvenirs se réveillent bien après MON ADIEU !

Sans ce déménagement forcé, je n'aurai jamais rencontré l'Oranais de Mari, de ce rapprochement de provinces sont nés 2 enfants. Pas de berceuse le soir, c'était "Raconte nous Maman petite en Algérie" "Mes souvenirs se réveillent bien après MON ADIEU ": L'école des soeurs, le plein air, les voisins, les copines, la basseta, Padovani, les deux chameaux, Sidi-ferruch, la Madrague, Notre Dame d'Afrique, l'insouciance, LA BELLE VIE et puis ....la guerre, les strougas, le bloccus de bab-el-oued, MON PERE prisonnier à Paul Gazelles, le soir le concert de casseroles, les klaxons "Algérie Françaiiiiise et puis... et puis....le départ tragique et chacun de nous tous a.... SA SUITE DE SA VIE . Depuis ce départ, pas un jour ne passe sans que : Leurs souvenirs se réveillent bien après MON ADIEU

C'est pour celà que je ne manque jamais tous les ans, ce Merveilleux Rassemblement de l'ABEO à Rognes, afin de retrouver mes amis, mes frères,mes soeurs, mes ex, mon accent, nos traditions culinaires. Nos souvenirs se réveillent bien après NOTRE ADIEU. Soleiiiil, Soleiiiil, de MON PAYS perdu !

Je ne peux pas mourir sans l'avoir revu ! L'envie de le revoir était trop forte ! Alors ! Alors ! 44 ans après .... J'Y SUIS RETOURNEE, ouais, ma parole d'honneur ! Quel régal ! Merci à la vie d'avoir vécu ces 8 jours d'immense émotion, de Grand Bonheur. Je révais éveillée, c'est pas possible, J'étais à Alger ! Que c'est beau ! Je m'en fout que c'est pas entretenu, çà n'a pas changé ! Mes pieds foulaient l'avenue de la Bouzaréah, les 3 horloges étaient où je les avais vues la dernière fois, j'ai fait des photos dans le préau de l'école des soeurs, j'ai mangé des beignets chez Blanchette, j'ai allumé des cierges à Notre Dame d'Afrique, j'ai prié sur la tombe de mon Grand-Père à Saint-eugène, les crevettes à la Madrague sont les meilleures du monde, j'ai même fait un bain maure mémorable.

MA MERE, MON PERE étaient à nouveau de ce monde avec "Maman petite en Algérie" Nos souvenirs se réveillent bien après LEURS ADIEUX.

Merci à mes compagnons de route, ce que nous avon vécu nous lie à jamais et pour toujours, je veux parler de Prof, Timide, Dormeur, Atchoum, Joyeux et Simplet, sans oublier le merveilleux accueil, sincère et chaleureux de Momo, Didine, Zakia, Selma et sa famille.

A Tous les Pieds Noirs où que vous soyez de part le monde, Je vous embrasse autant que je vous aime. Grincheux.

Merci QUI ? Merci Christiannnnnnnnnnnnn !

André TRIVES

LA PAROLE PERDUE... Le dimanche 27 mai prochain, l'ABEO convie tous les enfants et amis de Bab el Oued à la grande rencontre annuelle au Grand St Jean, route de Rognes à Aix en Provence pour retrouver un trésor perdu à jamais: le véhicule de la mémoire collective du quartier. Auguste Robinet dit "Musette " avec l'inénarrable histoire des amours de Cagayous, Edmond Brua dans la célèbre "Parodie du Cid", plus tard "la Famille Hernandez" et récemment Roland Bacri,ont donné leurs lettres de noblesse à cette richesse perdue. Mais de quel trésor s'agit-il ? De châteaux ou de palais ? D'ors ou de pierres précieuses ? Non ! bien plus encore que les fortunes du CAC 40; il s'agit: du parler et de l'accent du peuple de Bab el Oued, un patrimoine commun qui s'héritait sans droit de succession(déjà) et qui avait l'avantage inestimable de nous faire appartenir à une même et belle famille. Cette langue et cet accent singuliers, étaient précurseurs de la technique du camescope et l'ancêtre de la vidéo actuelle; en plus du son, avec une verve souvent tonitruante, ils communiquaient l'image vivante de la pensée. Dès l'école, nos maîtres nous gratifiaient d'un spectacle formateur où le verbe et les mains nous expliquaient l'abscisse et l'ordonnée, le plus et le moins, la révolte ou la soumission. Pour se faire comprendre, il fallait convaincre, et la meilleure manière était l'utilisation de symbole ou de la métaphore la plus percutante accompagné de la gestuelle d'un chef d'orchestre symphonique. " J'vais t'en donner une, que le mur y va t'en donner une autre". Notre parler était fortement imprégné du "pataouète" et du "sabir" et utilisait des mots et expressions uniques mais compris de tout le monde comme une langue universelle. Alors que les langues régionales ou patois ne se comprennent que des initiés( le breton,le basque ou le provençal par ex.) C'était une sorte de tramway de la pensée comme dans nos anciens trams des T.A. ou des C.F.R.A. à Alger: bourré de Français, d'Arabes, d'Italiens, d'Espagnols, juifs, musulmans, chrétiens ou pas. Un mélange extraordinaire s'empruntant des néologismes, des tournures, des constructions de de phrases typiques, des insultes de langage parlé avec gestes appropriés à l'appui dont le summum était"le bras d'honneur", des vocables télégraphiques(téléphone arabe ou français) et des syntaxes exubérantes bien méditerranéennes. Une langue de tour de babel- oued, quoi! Notre parler se percevait comme une langue filmée en technicolor, jamais en noir et blanc. Elle permettait de monter un spot visuel traduisant au mieux son idée. Tous les sujets de conversation étaient abordés avec le souci de remporter le festival de Cannes; alors vous imaginez les plans, les coupes, les montages dans l'improvisation pour convaincre un interlocuteur surtout lorsqu'il était de mauvaise foi. Nos scénarios traitaient surtout de la vie humble que nous menions sans prétention et qui allait du tragique au comique, avec une propension à la dérision qui certainement était le contrepoids aux origines modestes des acteurs sans cachet que nous étions. Souvenons-nous: lorsqu'un enfant s'agite tout le temps, vous lui dites:"Sébastien,attention!tu vas salir ta culotte neuve!" Mais nous, culotte neuve ou pas, on nous disait quand on était petits et avec l'accent:" C'est ça mon fils, pourris-toi bien, ta mère elle f'ra la bonne". Autre expression entendue aujour'hui:"ça rentre par une oreille, et ça me ressort par l'autre". Nous on aurait dit:"Aoua ? ça m'en touche une sans remuer l'autre". Le 27 mai, les platanes centenaires du Grand St Jean se transformeront en pins maritimes de Sidi Ferruch et, tous ensemble, le cheveu blanchi, nous retrouverons pour quelques heures notre langue et notre accent. En attendant, pour vous remettre le goût et le verbe de nos anciens à la bouche, je vous livre quelques mots et expressions de notre beau quartier de Bab el Oued. Il n'est pas interdit d'enrichir ce lexique. A vos mémoires pour retrouver la parole perdue... caboute(entété), boire une traguette(boire un petit coup),colbate(estropié),falampo(hypocrite),tcheklala(paroles en l'air),stougniade(demeuré),fartasse ou calbo(chauve),falso(faux jeton),bousnica(petit),raplo(petit costaud),taper cao ou faire mancaora(manquer l'école sans raison),taper la mata(surveiller),cul en popa(grosses fesses),faire les oursins(pêcher les oursins),faire l'avenue(promener),un taquet ou une botcha ou une calbote(coup de poing),baroufa(dispute),zoubia(mauvais ou ordures),niquer le beigner(se faire avoir),ouallioune( enfant désoeuvré),tape cinq(joyeuse complicité),laouère(problème de vue),bitch laouère(complètement aveugle),bafane(coup de vent),kaouette(rapporteur),avoir un ouaille(avoir un problème),ouffa(fâché),tchoutch(idiot),kilo(ivrogne),goffa(trou),taper la paille(flirter),y mange pas pour pas chier(radin),slougui(grand et maigre),estokafich(maigrelet),rébolica(révolution),rabia(colère),bomboya(bosse),gangui(grand),mange ta main et garde l'autre pour demain(réponse d'une mère à son enfant qui réclame à manger),talon haut,talon bas(boiteux),un oeil qui mange les zalabias,et l'autre qui fait la mata ou bien un oeil qui joue au billard et l'autre qui marque les points(yeux qui louchent),aller chez roubi( être interné),galouffa(fourrière des chiens errants),éyou les cornes( moquerie entre enfants),la banque elle est fermée( réponse d'une mère à son enfant qui réclame des sous),ayou sioumbé( pour se donner du courage en plongeant d'un rocher),glavio(crachat),gazouz(limonade),bab el oued-bab azzoun(se disait en suivant des fesses se dandinant),maboul ou badjoc ou locco(fou à lier),barakette(fini),bovo ou babao(simple d'esprit),gamate(celui qui échoue ou perd au jeu),mira(regardes),zouzghef(paroles incompréhensibles ou quiproquo),pastéra(barque évasée et larges), avoir le cul comme une pastéra(avoir un gros cul),tchatche(le bagou),une figue à l'oeil(facilement),une caille(une fille),bloffer(mentir),flouss(argent),spardénia(espadrille ou club de foot SCA),la figua de ta ouélla(insulte),la mort de tes osses(insulte sympathique), la rascasse de tes morts(insulte diffamante),ouallou(rien ou pas du tout),crie doucement( parler calmement),gavatcho(vagabond),zimbrèque(embrouille),faire tchouffa( échouer),tiens zbouba(tu peux toujours réver),tchaleff(sornette),taper une pantcha(plonger sur le ventre),andar et venir(aller et venir),moutchou(épicier mozabite),timiniék(histoire pas très claire),timiniekologie(science de créer des histoires pas très claires),t'y es un fourachaux(bon à rien),tchisspoune ou gaziste(buveur invétéré),engatsé(entété),sarracqué(volé),côte de la bassetta(désigne une rue pentue),hamdoullah(se dit après un rot),boudjadi de la montagne(sans savoir vivre),avec une figue à l'oeil et un bras attaché(facilement),cinq dans tes yeux(retourner un sort),porter le schkaart( porter la guigne),kaoued(malin ou vicieux),coulot(pédérastre),taper un jeton(regarder sous les jupes),se taper la cassouella( faire un bon repas ou faire la fête),sousto(rancune),faire scappa(se sauver),faire des mitchs(partager),mitch-mitch(moitié-moitié).

André Noël de CRESCENZO

Que sont-ils devenus?

Que sont-ils devenus ceux,celles qui tout comme moi;voilà quelques soixante ans ouvraient les yeux et la parole à la vie,ceux qui tout comme moi découvrirent le plaisir et inconcience de naître et vivre dans ce beau et unique quartier qu'était B.E.Oued.

Ceux qui tout comme moi, ont usés les bancs des écoles Lavandières et SIGWALT !!!!

Ceux qui tout comme moi, ont tout partagé,sans tenir compte de la race,couleur,ou religion.

Ceux qui tout comme moi,avaient pour seule devise:L'AMITIE,où la FRATERNITÉ dominait sur tous autres sentiments,fraternité inculquée par nos propres parents.

Ceux qui tout comme moi,aux bains d'chevaux,plage des casseroles(stade M.Cerdan)ou Padovani,ont fait leurs "premiers pas" dans cette incomparable mer Méditérranée,qui semblait bien plus belle et majestueuse ayant tous ces petits diables en son sein.

Ceux qui tout comme moi,trainent leur nostalgie aux quatre coins du monde,et qu'ils durent l'âme en peine pratiquer le déracinement,le "hara-kiri" de ce qui était toute leur raison d'être.

Ceux qui tout comme moi,malgré les énormes difficultés;ont su s'adapter à leur nouvelle vie et résidence de par le vaste monde,n'ayant il est certain au grand jamais la valeur de notre petit mais oh combien enrichissant Bab EL OUED Tout comme chantait le poète."Tu m'as laissé la terre entière,mais la terre SANS TOI est vraiment trop petite"(je dirai même pour ma part-insignifiante-

Grosse bise pour toutes les filles de "chez nous z'autres"

André TRIVES

Souvenir pour souvenir: souvenez-vous de cette phrase mille fois répétée par un brave homme qui arpentait l'avenue des Consulats avant de s'installer à l'angle de la papéterie Delacaze, à quelques mètres des cycles Kalista, vers 17 H tous les après midi de la semaine avec un panier tout chaud qui dégageait une odeur extraordinaire. Il répétait à haute voix:" CACAHUETE, GUELMECHE, CACAHUETE, GUELMECHE" Jamais, jamais, jamais je n'ai mangé d'aussi bonnes cacahuètes qu'il venait de griller et qu'il vendait à l'aide d'un verre à thé servant de mesure pour 10 ou 20 centimes. Quand je pense que cela se passait dans les années 50 et qu'aujourd'hui 60 ans plus tard dans les grandes surfaces, des rayons entiers nous vendent toutes sortes de cacahuètes insipides; il faudrait retrouver cet homme et lui dire:" vous êtes l'inventeur de ce produit qui agrémente nos tables à l'heure de l'apéro en 2007". CACAHUETE,GUELMECHE! CACAHUETE,GUELMECHE!

Momo NEMMAS

Coucou à tout le monde !

Et des Camélias Sport , des Golden Club , des Paramount , des Globe Masters , des Jobs Brasilenas , des Bastos Gout Français , du Tabac La Mouche , de la prise Bacri que nos vieilles mettait dans leur tabatière en or ou en pocelaine de Sèvres , des Xanthia Mireille pour les élégantes que la finesse poussait jusqu'au choix de la couleur du papier à cigarettes en fonction de celle des toilettes prévues pour la circonstance, et enfin des cigares Maltais que les vieux machaient , personne n'en parle ? Les première clopes achetées au détail chez mon grand père Moussa , à côté d'Yvonne la mercière et de Blanchette à la rue de l'Alma . Et du Splendid Photo de Chetrit ou pas une communion , fiançailles, mariage , ou simple tronche n'était immortalisée sans passer par ce studio à côté de Kader qui vendait aussi les oeufs" cassés" à un prix inférieur aux" pas cassés "et de Fullana le boulanger , dont on était en extase devant la DS 19 lorsqu'il remontait la suspension hydraulique ! De Mario du bar des 3 Horloges , avec la tombola à l'heure de l'apéro, dont je faisais les numéros sur feuille de papier ministre de 1 à 50 , et puis tous ces numeros étaient découpés et pliés et mis dans un bêret au prix de 20 centimes l'unité et quand le tirage était fait , le gagnant montait chez lui avec une grosse pièce ( pagre , mérou ou un panier de crevettes). Et des parfums et brillantine 5 Fleurs , Roja ,Cuir de Russie , Pompéia , Rêve d'Or, Habanita Ramage ,Soir de Paris et sans oublier Ploum Ploum !!! de chez Zouai de la Place Lelièvre.

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