Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

André TRIVES

LA SYMPHONIE DES ODEURS DE MIDI A BAB EL OUED

Une partie de mon enfance j'ai habité au n° 4 de la rue Mazagran dans le quartier Rochambeau. Je suis resté un peu étranger à ce lieu car je continuais d'aller à l'école de la place Lelièvre. L'usage faisait que tous les midis, je rentrais déjeuner à la maison et le parcours entre l'école et chez moi se déroulait comme une pièce de théâtre où les scènes de la vie courante s'y répétaient à l'infini. D'ailleurs, la joie d'une enfance insouciante résultant de la douceur du temps, la vie au jour le jour sans chichis comblant les ambitions, l'aide naturelle des voisins sur laquelle on pouvait compter sans réserve, la beauté de la mer qui cristallisait sa palette de bleus chatoyants entre Padovani et le Petit Bassin, le caractère fataliste des petites gens marqués par les revers de la vie, la bonne humeur comme antidote à l'existance souvent injuste et aux vicissitudes du quotidien, et, tout là-haut sur la colline, Notre Dame d'Afrique, l'icône des croyants dressée majestueusement sur son piedestal, pour rappeler aux familles de Bab el Oued qu'envers et contre tout, la dignité nous pousse à toujours rester debout; rien, mais vraiment rien ne pouvait laisser penser à un changement des habitudes héritées de nos aïeux. Comme celui de la veille, comme celui du lendemain, mon retour se déroulait par les mêmes endroits, peut-être aussi parce qu'à l'âge de dix ans les repaires sont toujours rassurants: après la rue de Chateaudun que je dévalais en courant avec une accélération dans la pente entre Loukal le marchand de poules et le bar Costes à l'angle du marché, je redescendais la rue des Moulins, laissant derrière moi le brouhaha des ménagères qui se pressaient à l'entour de midi et des marchands de légumes qui criaient dans une ultime ardeur leur désir de liquider à meilleur pris les produits qui restaient encore sur leur étal. Je faisais une courte halte au magasin de mon père qui me confiait un filet à trous contenant un morceau de glace conséquent; alors commençait pour moi un trajet pénible avec cette charge fondante qui tétanisait mes bras à tour de rôle et ne manquait pas de rafraîchir mes jambes rougies par le froid. Je traversais en courant la circulation automobile qui montait et descendait l'avenue des Consulats, des coups de klaxons intempestifs martelaient l'empressement des conducteurs à regagner la table familiale tout comme moi. Je me ressassais les consignes de mon père quelques instants auparavant:" fais bien attention en traversant..". En passant devant L'Olympique mon regard se portait sur le panneau d'affichage qui alignait les écussons des clubs de foot annonçant les résultats et les classements des championnats nationaux et locaux. Ce grand tableau qui se présentait comme une fresque historique, faisait la joie des supporters lorsque leur favori avait gagné; une foule compacte se précipitait tous les dimanches à la sortie du cinéma vers dix neuf heures pour découvrir la performance de leur club chéri et L'Olympique soulevait de belles émotions

Après avoir humé l'arôme picotant des épices de l'épicerie de l'Etoile Blanche à hauteur de la station de taxis du boulevard de Provence, je marquais une halte devant le commissariat du 5° arrondissement et après avoir laissé une flaque d'eau sur le trottoir, je poursuivais par la place Wuillermoz déserte à cette heure là, remontais la rue Rochambeau, laissant sur ma gauche le Café de Cadix où l'heure des rencontres autour d'une kémia battait son plein: la voix émue de Salvador racontant avec nostalgie l'aventure inouie du mariage de sa fille Pierrette partie à jamais avec un américain pour les Etats Unis était couverte par celle de stentor du dénommé Babeuf s'esclaffant de la dernière histoire. Je retrouvais en stationnement La Skida, un véhicule de collection d'avant-guerre avec ses roues à rayons, un instant la rue s'embouteillait à la manoeuvre d'un camion-citerne effectuant une marche arrière en direction du garage, enfin, l'odeur sucrée de la fabrique de dragées et la cohue de l'épicerie Apicella, m'annonçaient la fin proche de mon périple où la faim me tordait l'estomac.

Je débouchais dans la rue Mazagran, laissant derrière moi les escalier menant au Marignan et l'école Rochambeau désertée, mon regard se fixait sur une vue de carte postale: le bleu de la mer brillait de mille feux dans l'encadrement sombre des immeubles qui bordaient la rue, et sur le parapet qui longeait le front de mer entre Padovani et les Bains de Chevaux, la silhouette des pêcheurs immobiles découpait l'horizon; au loin dans le sillage des paquebots qui revenaient ou partaient pour la France, les fumées noires se dissipaient comme les rêves vagabonds qui traversaient la naïveté de mon enfance. Si le trajet m'était paru long en marchant rapidement, je dois avouer que pour gravir les escaliers de mon immeuble où nous occupions le 6° et dernier étage, j'allais cette fois-ci prendre tout mon temps pour savourer un moment exceptionnel qui allait ravir mes narines: sentir les odeurs alléchantes de cuisine qui embaumaient la cage d'escalier.

Dès le rez-de-chaussée, j'étais excité par les effluves de poivrons grillés et d'aubergines frites qui me déclenchaient un torrent d'eau dans la gorge desséchée. Ce n'était qu'un mise en bouche. A l'étage au-dessus une friture de petits rougets émerveillait mon odorat et mes papilles se désolaient de n'avoir rien à se mettre sous la dent. Je ralentissais la montée et inspirais profondément pour déguster au maximum ce festival de cuisines méditerranéennes. Je me léchais les lèvres à l'idée de ce festin virtuel que j'imaginais. Au 2° étage, je n'avais aucune peine à reconnaitre la marmite qui mijotait les haricots blancs avec un concentré d'ail et de koumoun qui s'accompagnait d'une graine de semoule concoctée par Madame Amar qui prévenait les siens:" A table! je vous ai préparé un couscous-loubia". Je continuais lentement ce chemin initiatique des fumées odorantes qui abreuvaient ma langue et me donnaient le sentiment que toutes les mamans de l'immeuble s'étaient données le mot pour m'offrir à la même heure un récital de senteurs appétissantes comme une récompense pour adoucir le pénible trajet que j'accomplissais avec ce lourd et encombrant morceau de glace. Le 3° étage ne dérogeait pas à la règle: les beignets de sardine de la mémé Cozzolino enflammaient mon appétit et donnaient au menu de l'immeuble une note de réjouissance supplémentaire. Je passais d'un palier à un autre sans regret, les plaisirs étaient partout les mêmes. Le ragoût de mouton du 4° étage était un monument de saveur qui s'infiltrait dans tous les recoins, et lorsque s'ajoutaient les cocas aux blettes avec une pointe d'anchois, les cocas à la soubressade et les cocas farcies de frita justes sorties du four, les escaliers devenaient les Champs Elysées de la gastronomie. Enfin, le 5° étage était la dernière satisfaction de mes repas inaccessibles où j'attribuais le prix d'excellence à Madame Abisserour pour son couscous "magique". Ce n'était pas un "couscous comme là-bas", c'était un "couscous comme ici". J'inspirais à plein poumons les émanations qui se répandaient sur le palier et je gravissais le dernier étage en apnée pour garder le plus longtemps possible cet oxygène au parfum de délice. Arrivé chez moi, les narines perturbées par tant de saveurs, je me régalais avec les artichauts à la barigoule ou le "potaré" que me préparait ma mère et qui calmait les manifestations bruyantes de mon estomac.

Je repartais à l'école vers 13 h en dévalant les escaliers 4 à 4,les odeurs s'étaient estompées; désormais j'avais hâte de retrouver la partie de billes qui m'attendait sur la place Lelièvre jusqu'au retentissement de la cloche. Au retour de l'école vers 17 h, mes narines étaient de nouveau en éveil et mes glandes salivaires à l'épreuve; je retrouvais en grimpant les étages des odeurs différentes sucrées et caramélisées, des parfums de canelles qui habillait les gâteaux que les mamans préparaient amoureusement pour le goûter de leurs rejetons affamés. L'immeuble se transformait en pâtisserie internationale et chaque étage avait sa vitrine de gâteries achalandée suivant les jours et les périodes de fêtes religieuses; j'inspirais à pleins poumons l'air suave qui se répandait du sol au plafond et qui me faisait deviner les roulés à la confiture, les tartes au citron,les biscuits au chocolat, les figues et dattes farcies de pâte d'amande, les mantécaos, les rolliettes, les oreillettes, les endjenettes, les makrouds, les beignets sucrés, les patates douces, les cigares et les croquets aux amandes, et à Pâques, une seule odeur affirmait sa dictature dans tout Bab el Oued, c'était celle de la "mouna" que l'on venait de faire cuire dans le four du boulanger.

La cage d'escalier de mon immeuble représentait sans le savoir une sorte d'autitorium olfactif à la gloire de la gastronomie du pays qui, à la manière d'une symphonie musicale me charmait de belles sensations. Les mamans à l'instar d'une chorale interprétaient à l'unisson en un même lieu, un récital des goûts et des saveurs dédié aux plaisirs de la table pour la satisfaction des petits et des grands. Avec ces petits plats dont les recettes pleines de secrets se transmettaient de mère en fille, elles nous gratifiaient d'un beau moment d'amour en direction de toute la maisonnée.

Pierre-Emile BISBAL

Un après-midi

Le plein été de l’Algérie transforme les logements en étuve. Dans la journée, pour éviter de vivre dans un four on garde les persiennes closes et les rideaux baissés. Notre appartement baigne dans une semi obscurité. Le soir, la chaleur se transforme en moiteur moins oppressante, et devient presque supportable. Malgré ce carcan de chaleur ma grand-mère s’agite car, cet après-midi, nous recevons une amie de maman. C’est plus qu’une amie, c’est sa sœur de lait. Elles sont nées pratiquement en même temps et ma grand-mère les a nourries ensemble. Etre nourrice fut, pendant longtemps, une alternative offerte aux jeunes femmes issues du monde des pauvres pour vivre moins misérablement. L’Espagne et l’Italie fournirent leur lot à l’Algérie. Notre invité arrive avec une grande pochette surprise pour moi et des gâteaux pour tout le monde. Ma grand-mère pose sur la table un broc de citronnade. Sur un napperon, maman a disposé nos beaux grands verres. Aujourd’hui ils ont quitté le buffet. Ils ne servent qu’exceptionnellement. C’est un signe précisant l’importance de notre invitée. Au bout d’un moment, ma grand-mère s’est éclipsée dans son royaume, sa cuisine. La canicule ne stoppe pas ses activités. Dans la salle à manger, assises sur un petit canapé, les deux jeunes femmes semblent s’amuser comme au temps de leur enfance. Elles vivent pleinement cette complicité née d’une affection de toujours. Elles parlent des « événements ». C’est un mot qui s’installe dans toutes les conversations. Un mot lâche, hypocrite et traître qui dissimule une réalité toute enflée de malheurs, de sang, de désespoirs et de morts. Un mot qui traîne avec lui l’horrible comptabilité des coups portés par chaque camp et la profondeur toujours plus importante de la plongée dans le malheur. Un mot qui borne un chemin sur lequel, malgré nous, nous nous sommes engagés mais dont nous ignorons qu’il sera sans retour. Une fois épuisé ce triste registre, la vie, la vraie vie reprend le dessus car le ton redevient enjoué. Il est question d’une de leurs connaissances qui a « passé la commande ». Fidèle à mon habitude je me tiens assez loin pour me faire oublier et assez près pour ne pas perdre une miette de cette intrigante conversation entre adultes. Il me faut toute ma vigilance car la tiédeur de la pénombre me tire vers le sommeil. Le temps se fait oublier et trompe notre vigilance. Les heures glissent. Sur la table le pot de citronnade est vide.

L’amie de maman consulte son bracelet-montre. Il est déjà tard. Elle doit partir. Elle se lève et récupère ses affaires posées sur une chaise. Elle dissimule son visage derrière un masque. Un large triangle de tissus blanc orné d’une fine broderie qui descend plus bas que le menton. Avec un geste ample et précis elle s’enveloppe dans une légère toile de cotonnade blanche qui la couvre de la tête au pied. Ce mouvement répand son parfum dans la pièce. Maman ouvre la porte du palier et déclenche la minuterie. Sur le pas de la porte les trois femmes s’embrassent pour se dire au revoir. Dans la maigre lumière jaune de la cage d’escaliers Haniffa agite une dernière fois sa main, dévale les marches et disparaît comme un léger fantôme.

Ajout de photos

- 3 photos dans les rues de Bab El Oued de Karim

- 8 photos dans Notre Dame d'Afrique de Mustapha OUALIKENE

Abdelkrim ALLOUCHE

je ne peu m'empécher de parler de mon passé les moments les plus agréable c'était l'école et les kermesse de fin d'année les moments les plus fou c'était l'orsque en nous emmené pour la visite un genre de controle médicale mon quartier notre dame d'afrique sur cette place nos regard se penche ver cette baie qui domine le stade de st eugene se magnifique endroit pour moi il reste féérique en joué au foot au stade des pére blanc méme le ciel nous parait plain d'étoile il y avait tout en haut un autre village qui s'appellait village celeste etonnant un nom celeste village marie chemin des pelerins chemin des karmene ces village plain de douceur ou l'on est appaisé comment pouvoir l'oublier NOTRE DAME A! si tu pouvais savoir Dans quel état tu ma laissé En te quittant un soir Ces mon ame que tu à bléssé Comme un jardin étrange Revient revient m'arroser Pour que l'oiseau de la branche puisse venir m'enchanter Ce refrain qui à chaque instant resonne Des l'approche de l'automne Mon village et oubliier Avec tout sa vertu Des joie qui m'apporté Et des souvenir perdu

Guy SOLTANA

Les souvenirs sont un bien très précieux. Chacun a les siens mais les nôtres, à nous PN, se ressemblent et je voudrais vous faire partager les miens que mon épouse (l'Alsacienne) a mis en vers pour ma plus grande émotion. Ce poème, un peu long, déjà paru dans le journal de l'ABEO, prend de la place et je voudrais m'en excuser.

Amicalement à vous tous. Guy

Bab-el-Oued

Quand revient l'été et que le soleil

Caresse les roses, mûrit les groseilles

Je suis nostalgique et rêve de là- bas

Du pays perdu qui fut mon chez-moi.

Dans l'air immobile flottent mille senteurs

Des odeurs de miel, de menthe et de fleurs

Et je me revois dans la rue Mizon

Jouer aux soldats ou bien au ballon.

Avec mes copains, P'tit Jean et P'tit Pierre

José et Marco, Michel et Norbert

Nous faisions bien sûr les quatre-cents coups

Nous étions heureux et nous étions fous.

Et je crois sentir l'odeur des beignets

Que le brave Blanchette des fois nous donnait

Nous crachions noyaux, riant et criant

Des bonnes grosses olives du vieux père Hazan.

Ô mon doux quartier, mon cher Bab-el-Oued

Où se côtoyaient Maurice, Mohammed

Je me souviens de ton exubérance

Des années de bonheur de mon enfance.

Et j'entends encore le chant de ma mère

Qui de sa belle voix, si douce et si claire

Rendait un hommage à ce beau pays

Lui jurant, confiante, amour pour la vie.

Il y avait Louis, Roland, Raphaël

Mes tontons frimeurs un peu paternels

Qui au «Pénalty» tenu par Roger

Buvaient l'anisette en jouant aux dés.

Dans les poches profondes de son tablier

Ma vieille grand-mère ramenait du marché

Pour son petit fils et P'tit Jean aussi

Ki-kilomètres, loukoums et oublies.

La rue s'éveillait après la chaleur

Elle s'animait à partir de vingt heures

Le monde affluait à la Basseta

Et on chantait avenue Bouzaréah.

Je revois encore lorsque le jour baisse

Cette foule joyeuse, ces soirées de liesse

Et comme au vieux temps je les vois unis

Parents et amis à jamais partis

Oui, je me souviens de nos dix-huit ans

Nous draguions les filles près du Marignan

Nous étions leurs princes bien sûr en blue-jean

Les rois du quartier roulant en Dauphine.

Au ciné du coin dit le Majestic

Lorsque s'éteignaient les lampes électriques

Nous leur susurrions qu'elles étaient jolies

Et froissions leur jupe en coton vichy.

Aux Trois Horloges nous avions rendez-vous

Et leur carillon se moquait de nous

De notre impatience, de nos prises de tête

Allaient-elles venir, Renée et Francette ?

Dieu, qu'elles étaient belles, de jeunesse parées

En ballerines, un rien effarouchées

Aux surprises-parties ou aux bals du soir

Nous dansions sur les airs des Chaussettes Noires.

Enfants d'ouvriers ou de commerçants

Nous n'étions pas riches, nous étions vaillants

Et nous avions tous un seul voeu fervent

Passer notre vie ici, simplement.

J'ai la nostalgie du bord de la mer

De ses cabanons, celui de mon père

Du sable chaud de la plage de l'Eden

Et des Deux Chameaux, je les croyais miennes.

Les rochers Charlemagne et du Fauteuil

Quand nous sommes partis ont pris le grand deuil

Dans une brume épaisse ils se sont chachés

Afin de ne pas nous voir embarquer.

Ô mon Bab-el-Oued, ma Porte du Ruisseau

Nous t'avons fermée, en larmes, le coeur gros

Pourrai-je un jour encore te pousser

Dans le sens contraire, trouver mon passé ?

Des tendres années laissées sur ton seuil

Mon âme à jamais en porte le deuil

Mes rêves d'enfant comme d'adolescent

Sont restés là-bas, chassés par le vent.

Ô toi Bab-el-Oued, ma cité perdue

Serrés dans tes bras nous avons vécu

Heureux, insouciants, un peu comme des rois

Souviens-toi de nous, Pieds-Noirs,... quelquefois.

Guy SOLTANA

Je voudrais, une fois n'est pas coutume, rendre un hommage à nos conjoints Patos originaires des quatre coins de l'hexagone et d'ailleurs. Celles et ceux qui nous supportent, comprennent notre nostalgie, prêtent un oreille attentive aux récits de nos souvenirs, nous mitonnent les bons petits plats de chez nous (généralement les femmes), nous encouragent dans nos recherches, adoptent même nos expressions, bref, qui nous aiment. Qu'elles et ils en soient remerciés et en particulier mon épouse qui a glissé ce poème(qui prend un peu de place)dans mon dernier cadeau de Noël. Guy (avec un petit clin d'oeil à Marie de BEO qui comprendra)

Mon mari, le Pied-Noir.

Mon mari est pied-noir, il vient de Bab-el-oued

Il est bien de là-bas, ça se voit à sa tête

Il a un drôle d'accent, pas celui du terroir

La «purée-de-nous-autres» n'est pas un plat du soir.

Mon mari est pied-noir et alsacienne je suis

Couple peu ordinaire, c'est ce que pense autrui

Quand je m'exclame « ayo ! » il lève les yeux au ciel

Ah, les mots des Patos n'ont pas le goût du miel !

Mon mari est pied-noir, il n'aime pas trop l'hiver

C'est vrai dans son pays pas besoin de polaire

Je lui réchauffe le coeur lorsque dehors il neige

Les draps chauds en flanelle sont le plus doux des pièges.

Mon mari est pied-noir, il pleure son beau pays

Un enfant du soleil s'est échoué ici

La soupe aux haricots mais aussi la choucroute

De les aimer un jour, oui quelquefois il doute.

Mon mari est pied-noir, il rêve d'exubérance

Les gens d'ici aux fous ne font pas trop confiance

C'est question de climat, aussi de caractère

Ils ont souvent souffert des traîtrises et des guerres.

Tout comme lui le Pied-Noir, ils aiment danser et rire

Autour d'un feu de joie pour son plus grand plaisir

Leur accent guttural se fait l'écho du sien

Pour que les voix s'unissent et chantent le même refrain.

Mon mari le Pied-Noir fait tout pour s'intégrer

Il craint que jamais plus il ne verra Alger

Moi je lui tiens la main, « vois comme l'Alsace est belle ! »

Je veux qu'il soit heureux au pays de Noël.

ABEO

- Dimanche 1er Mai 2011 PELERINAGE à THEOULES

- Dimanche 15 Mai 2011 Journée Le Printemps, plus APRES MIDI DANSANT

( voir Rubrique de l' Association ABEO ) Le Blog

PELERINAGE A THEOULES 01MAI 2011

A.B.E.O PELERINAGE à THEOULES


DIMANCHE 1er MAI 2011

Prise en charge des participants à 07 h 00 au Métro Dromel par un autocar de la Société des AUTOCARS SARLIN et départ en direction de Théoules, arrêt de détente en cours de route et continuation pour Théoules où l’arrivée est prévue à 09 h 45 au MEMORIAL de NOTRE DAME D’AFRIQUE :

« Cette œuvre artistique et unique, à l’initiative de Mr Jo ORTIZ, réalisée par le sculpteur Fortuné EVANGELISTE sur ce site merveilleux et magique, est un hommage à Marie Notre Dame d’Afrique, rendu par tous ses enfants d’Afrique du Nord, chrétiens ou non, et particulièrement ceux d’Algerie. Cette réalisation effectuée 40 ans après, par une communauté blessée, déracinée et dispersée, est un véritable et formidable challenge que nous voulons mener à son terme avec l’aide de Notre Dame et toutes les bonnes volontés que nous sollicitons ».

10 h 15 : Départ de la procession (4 à 500 mètres environ), en descente, sans problème majeur.

10 h 30/40 : Hommage au Drapeau, avec dépôt de gerbes.

11 h 00 : MESSE qui se termine par une offrande (fleurs) le chant des africains suivi d’un apéritif payant.

A prévoir « le cabassette » pique nique ou sur place achats possibles.

Après-midi libre, puis départ à 16 h 00 en direction de Marseille où l’arrivée est prévue vers 18 h 30 au Métro Dromel.

Prix de la place personne : 24.00€


Renseignements et inscriptions :

Antoinette JOINNET 2 Hameau de la garonette 13013 MARSEILLE Téléphone 04 91 98 43 20 / 06 98 41 51 77

Bernadette GARCIA Les manets II 7 traverse migauds 13011 MARSEILLE Téléphone 04 91 27 17 40 / 06 74 43 77 20

Françoise AMBROSINO 19 F square La Pauline 13009 MARSEILLE Téléphone 04 91 74 70 08 / 06 17 65 29 14

Les personnes se rendant avec leur véhicule doivent prendre la sortie Autoroute N° 40 (Mandelieu) Sans_titre-1.jpg A.B.E.O. Cité des Rapatriés 496 rue Paradis, 13008 Marseille

APRES MIDI DANSANT

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LE PRINTEMPS


Le DIMANCHE 15 MAI 2011 à partir de 12h 15

Aux Jardins de l’Idylle

Route des termes 13124 PEYPIN Tél. 04 42 04 98 04 et 06 84 60 64 88

Grand apéritif à volonté

Anisette, pastis, whisky, martini blanc et rouge, kir, jus de fruits et Coca cola,
Avec mises en bouches chaudes et froides Et animation plancha

Gardianne de taureau et son riz sauvage

Ronde des fromages

Dessert

Vins rosé et rouge

Café

Blanc de blanc

APRES MIDI DANSANT ANIME PAR FRANCK ET DOMINIQUE


Inscriptions et règlements auprès de :
JOINNET Antoinette La Batarelle Haute 2 Hameau Garonette 13013 MARSEILLE 04 91 98 43 20 et 06 98 41 51 77

LAMBERTI Marie Jeanne 186 rue Georges Bizet 13410 LAMBESC 06 47 72 41 96

LIGUORI Viviane 7 rue Alfred Curtel 13010 MARSEILLE 04 91 79 72 08 et 06 03 13 48 59

Réponse avant le dimanche 08 mai 2011 nous devons respecter nos accords avec le restaurateur. Réservation : Avant le 08 mai 2011, en nous adressant votre règlement avant la manifestation. Aucune réservation ne pourra être en compte sans le règlement. Table de 10 personnes uniquement à partager

Prix adhérents……………33 € X Personnes =
Prix non adhérents…….38 € X Personnes =


Un car est à disposition au départ de MARSEILLE au prix de 8€ par personne, places limitées, n’oubliez pas de réserver à l’avance. Sans_titre-3.jpg

André TRIVES

ILS ETAIENT TOUS LA...

Hier 1° juin 2008, dès l'aube on vit s'amonceler anormalement de nombreux nuages menaçants à l'aplomb des platanes centenaires du Grand St Jean à Aix en Provence. Par cumulo-nimbus entiers ils avaient tenu à être présents à l'évènement devenu planétaire de leurs enfants nés à Bab el Oued comme eux-mêmes: ils n'auraient pour rien au monde voulu manquer la réunion annuelle de la fraternité du quartier de leur d'enfance. Une affection fraternelle de 178 ans mériterait à coup sûr de figurer dans le livre des records. Leur arrivée en nombre obstruât pour quelques temps le soleil emmêlé dans sa timidité. Les embouteillages assombrirent le ciel devenu maussade et un manque de place de stationnement contrariât l'enthousiasme de certains, seule la vue plongeante et imprenable leur faisait dire:" de là, je ne pourrais pas louper l'arrivée des miens". Le branle-bas de ces retrouvailles les avait fait se lever tôt, ils avaient hâte de se rencontrer eux aussi: familles, amis, voisins de l'immeuble et de la rue qui nous avaient quittés. Leur joie et leur excitation indescriptible de petit garçon devant un jouet de Noël leur faisait répéter:" Ensemble, elle était belle la vie chez nous."

Dans l'humidité ambiante, ils attendaient avec impatience de percevoir leur descendance sans être certain de les reconnaître. Le foulard et la casquette ne faisant plus partie de leur habillement, ils se réchauffaient en riant à gorge déployée en se rappelant les derbys de foot entre l'ASSE et le Mouloudia, entre le Gallia et le Red Star. Il faut préciser que parmi eux il y avait Marcel SALVA, Louis LANDI et bien d'autres champions qui avaient écrit les pages de gloire du foot de notre quartier. Puis les voitures arrivèrent en un flot ininterrompu jusqu'à perte de vue, de là-haut c'était impressionnant: par assauts successifs on les voyait s'étreindre à tour de bras dans la joie et les pleurs, ils se reconnaissaient après un moment d'hésitation et pointant un index accusateur, ils criaient:" Ooouuuiii, t'y es le fils de la concierge, ça fait 46 ans qu'on s'est pas vu, t'y as pas changé." C'était du délire, de l'indicible, du Bab el Oued, quoi !

Avec le soleil qui jouait à cache-cache et cette foule bigarrée qui s'agitait dans tous les sens, c'était pas évident pour nos anciens de retrouver les visages familiers atteints de calvitie ou de cheveux tous blanchis. Malgré l'émotion, ils avaient recours à la méthodologie du pifomètre: " C'est lui, c'est mon fils, il parle toujours avec les mains", " Je suis sûr que c'est lui, il a toujours crié en parlant, il voulait toujours avoir raison", " C'est pas possible comme il a grossi", " ça alors, la fille Bérenguer elle a fini par lui mettre le grappin dessus", " Regardes, celle là avec le couffin et la glacière, c'est ma fille et mes petits enfants, je suppose ! "

Au même moment l'encombrement de la circulation sur terre était aussi noir que là-haut, l'émotion des retrouvailles aussi émouvante sous les platanes que sur le promontoire vaporeux, on pleurait de partout: c'est à ce moment précis que des gouttes de pluie arrosèrent la campagne, soulevant pour un court instant l'affolement de leur progéniture. Il n'est de secret pour personne que la pluie a toujours gâché la fête, alors nos regrettés parents comprirent qu'il fallait vite rentrer pour ne pas ternir les réjouissances; eux aussi en leur temps avait fustigé et dédaigné les nuages et la pluie. Aussi, c'est la gorge étranglée de sanglots, le coeur silencieux de tristesse qu'ils résolurent de se quitter en se promettant de revenir l'an prochain pour retrouver ceux à qui ils avaient donné la vie. Mais cette fois-ci ils feront en sorte de trouver des véhicules moins contraignants: des nuages sans pluie pour rester plus longtemps. Comme un seul homme ils s'installèrent douillettement dans leur transport en suspension et s'en retournèrent là où d'ordinaire ils rêposent en paix. Momo et Lyas saluèrent Rolland ABISSEROUR et partir les derniers en direction des étoiles qui brillent sur les hauteurs de Bab el Oued.

Le soleil désormais participait à la liesse, on se pourléchait d'envie à la vue des pâtisseries aux amandes dégoulinant de miel, une colonne de fumée alléchante provoquait les appétits gloutons autour du brasero de merguez, le chant des Africains repris en coeur par la foule dressait une chair de poule collective, Franck, l'animateur fidèle, redonnait des joies endiablées sur la piste aux souvenirs avec des airs populaires,la fête battait son plein. Le président de l'ABEO Raymond PALOMBA pouvait être fier avec toute son équipe de bénévoles pour cette grande journée de communion amicale et fraternelle autour de ce mot magique: BAB EL OUED.

Que la vie perdure et s'écoule lentement, mais que cette réunion annuelle des enfants de Bab el Oued revienne vite, très, très vite...

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