Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

André TRIVES

UN PEUPLE ASSASSINE

Ma mémoire aujourd'hui doit faire de gros efforts pour éclaircir la vase des ragots et des chimères qui s'épaissit avec le temps et finit par semer le doute. On éructe sur notre passé avec la tecnique de l'amalgame, on parle à notre place et on raconte notre histoire avec une méthode qui a toujours fait ses preuves: la calomnie. Pourtant, celle que j'ai vécue à Bab el Oued avant 1962 me semble tellement proche et semblable à celle partagée avec tous mes voisins qui étaient nés et vivaient dans le quartier depuis des lustres que je me dis:" On est nombreux à connaître l'exactitude sur cette vie humble que nous avons affrontée côte à côte; alors que le temps nous est compté, le moment n'est-il pas venu de témoigner ? Ce sont nos descendants qui en auront grand besoin un jour."

A Bab el Oued, l'arc en ciel qui a toujours fasciné le regard des enfants, n'avait pas beaucoup de chance d'apparaître dans le ciel de Sidi Benour ou les contreforts de la Bouzaréah; en revanche, tous les jours, il illuminait nos rues avec la beauté de ses différentes couleurs: italienne, kabyle, française, espagnole, mozabite, maltaise et arabe. Il suffisait d'entendre dans les classes chaque matin l'appel du nom des élèves pour se rendre compte que l'harmonie des différences se mettait en forme sur les bancs de l'école et que le destin commun à tous ne ressemblait en rien à celui des pays d'ailleurs; ici l'addition des pluralités cimentait de belles amitiés. Notre regretté Mohamed NEMMAS écrivait le 21 septembre 2005 sur ce site:" Nous sommes comme des Asterix quelques récalcitrants qui n'arrivent pas à en démordre de cette culture ( véritable patchwork d'italiens, espagnols, maltais, crétois) et la tchatche qui coule dans les veines des purs de BEO fait que nous sommes et seront toujours un "cru" très rare." Il voulait entendre par "cru très rare": un peuple unique en son genre.

L'échelle des valeurs qui s'imposait à tous était le dénominateur commun de toutes les cultures; qu'elle soit d'origine ouvrière, d'influence religieuse ou d'inspiration coutumière, elle attribuait le rôle essentiel à la famille. Dans ce quartier de l'époque où les métiers manuels pénibles dominaient, on percevait une grande dignité dans l'accomplissement du travail, dans le nom de famille qui se portait avec orgueil, et dans cette affirmation:" Grâce à Dieu, à la maison on ne manque de rien." Impossible de transgresser les références à l'honneur, à l'honnêteté, à la fidélité, à la politesse, au travail bien fait, au respect des anciens et de la hiérarchie, à la solidarité et à l'amitié sans que l'on se fasse traité de "falso", "d'artaille", de"falampo", ou de " ch'mata ben ch'mata". Je revois le visage des personnes qui animaient les scènes de mon quotidien,des petites gens, rien que des petites gens j'entends leur voix et j'ai l'impression qu'elles me réclament une juste étincelle de fierté en rappelant l'oeuvre modeste accomplie au cours de leur laborieuse destinée. Le film tourne en boucle avec le son d'un tango de Carlos Gardel qui déverse sa mélancolie et rappelle la rencontre des amoureux de la danse sur la piste de Matarèse à côté des bains Padovani. Combien de nos pères ont revêtu le costume cintré du dimanche avec chemise en popeline à col cassé et noeud papillon, tandis que nos mères encore jeunes filles, sortaient dans le plus bel apparat, gantées et chapeautées dans une robe longue fabriquée par leur mère, avec un col de guipure arborant une broche en or ou un camélia. C'était, avec le cinéma, et les spectacles de revues parisiennes présentaient sur la scène du Majestic, la distraction préférée du dimanche en matinée. Ils adoraient glisser leurs pas sur le parquet enfariné bercé par un air cajoleur de rumba. La fête s'installait au rythme d'un banjo effréné qui accompagnait la danse à la mode: le charleston. Puis s'enchaînait la série de valses musettes enlacés dans l'harmonie d'un accordéon qui les soûlait de virevoltes infinies autour de la piste. Et, lorsque la marche cadencée d'un passo-doble euphorisait la salle toute entière, c'était, avant tout, parce qu'elle leur rappelait l'Espagne de leur origine. Ils reprenaient leur souffle sur la terrasse qui surplombait la plage déserte, grillaient une dernière cigarette, le temps semblait suspendu pour l'éternité, un dernier fox-trot endiablé sonnait l'heure de la rentrée, il fallait déjà penser au travail du lendemain qui les attendait sur les chantiers dès l'aube, et renouer avec la brûlure des crevasses qui ensanglantaient leurs mains. Mais en attendant, ces jeunes filles et ces jeunes garçons transportaient d'enthousiasme se quittaient au crépuscule de la nuit qui se posait sur Bab el Oued, heureux d'avoir assouvi leur passion pour la danse à Padovani où, durant quelques heures, ils avaient mis entre parenthèses la dureté de leur quotidien.Ils se promettaient de se retrouver le dimanche suivant.

Tous nous avons eu une enfance entourée d'affection et choyée par des parents qui trimaient pour accorder un mieux à la condition ouvrière des années d'après guerre. Eux aussi n'avaient-ils pas été en leur temps de turbulents "dimoni" gâtés et aimés par nos grands-parents, des immigrés venus de la misère des quatre coins de notre "mare nostrum" pour espérer donner un avenir meilleur à leur famille ?

Les jours de fête religieuse, à l'occasion de l'Aïd, de Kippour ou des Rameaux, une grande liesse s'emparait du quartier où toutes les attentions se portaient sur les enfants qui avaient le rôle principal. Ils étaient habillés sur leur "trente et un" et jouaient sans le savoir la plus belle parade de l'innocence qui aurait pu s'intitulait:" Amour et Fraternité ". Avec une mimique juvénile pleine de candeur, des rubans multicolores noués dans les cheveux des filles qui ressemblaient à des poupées de collection,elles parcouraient les rues du quartier en tenant la main de leur frère en veste et culotte courte avec mi-bas, le visage dégoulinant de brillantine et de gomina. Ainsi, les rues de Bab el Oued sentait le jasmin, le "rêve d'or" ou l'eau de cologne de la parfunmerie Zaoui. Etre juif, musulman ou chrétien, la joie venait de tous et tous s'appliquaient à la répandre. L'assiette de gâteaux traditionnels offerte à ses voisins symbolisait l'esprit de famille qui nous reliait les uns aux autres. Ces souvenirs encore vivaces en moi peuvent paraître puérils, il n'en demeure pas moins qu'ils m'ont guidé toute ma vie à rester un homme fier de ce passé que nous avons vécu ensemble. J'ai toujours porté respect et reconnaissance à tous ceux, sans distinction, qui ont engendré dans l'amour les générations qui se sont succédées avec le sentiment qu'ils avaient accompli du mieux qu'ils pouvaient leur dessein: bâtir une famille et donner à leurs enfants un avenir meilleur comme leurs grands-parents l'avaient fait en leur temps pour eux-mêmes. Dans toutes les époques, lorsqu'on voulait expliquer sociologiquement BAB EL OUED, la porte de l'oued M'kacel, on y précisait:" quartier populaire et ouvrier à l'ouest d'Alger où toutes les communautés vivent ensemble du manoeuvre au technicien, du fonctionnaire au petit commerçant". Pour tous ces manoeuvres, ces techniciens, ces fonctionnaires et ces petits commerçants, qui étaient nés dans le quartier et qui ne l'ont quitté que pour aller se reposer définitivement aux cimetières d'El Khettar et de Saint-Eugène, j'éprouve une grande fierté de les remettre à l'honneur un demi siècle plus tard.

Un peuple nouveau était né de ce magnifique arc en ciel, il était unique en son genre; il a été réduit au rang de souvenir qui inéluctablement disparaitra avec la disparition des témoins que nous sommes.

Merzak TAMENE

Qui était Mr LIEVIN ?

Tous les anciens de Sigwalt, se souviennent de Mr Liévin Georges. Instituteur de la " vieille école " il avait l'art de maitriser la pédagogie, l'enseignement, et la camaraderie réunis.

Tout le monde avait droit à un surnom aproprié. Surnoms que l'on utilise entre nous 50 ans plus tard. Il aimait faire des rondes en voiture autour des Messageries la veille des compositions, pour noter les noms de ceux qui "trainaient" dehors, et le lendemain, ils avaient droit à une phrase pleine d'humour et d'ironie ( salut Sauvin, Pacifico, Montiel et tous les autres...)

Such se souvient d'une certaine calbote, Balzano et moi même d'autre chose, et Adam, toujours impeccable, d'éloges mérités, sans oublier Garcia.

Grand sportif, il nous a pratiquement initié au Foot, au Hand, et au Basket-ball. Une parfaite harmonie entre enseignant et elèves. Habitant le quartier,il était trés apprécié par les parents, et on le voyait souvent dans les rues de Bab El Oued, converser avec l'un ou l'autre.

Nous gardons tous un trés bon souvenir de cet homme.

Aprés 1962, il a tenu le magasin " prêt à porter " Gentlemen, rue Michelet, pendant quelques années. Ensuite, une apparition à Paris, et depuis plus rien. Disparu...Croyait-il.

Une bande de garnements ont remué ciel et terre pour le retrouver. Et ils ont réussi. Merci à Bachir, Balzano, Garcia, Mélé et tous les autres pour leur tenacité.

Mr Liévin, je tenais simplement à vous dire que vous faites partie d'une génération qui nous a aidé et éclairé pendant notre enfance, et nous ne pourrons jamais vous remercier assez.

Bonne journée à toutes et à tous.

Tamene Merzak.

Liliane DOMENECH

Merci à André TRIVES pour son message "solitude inexistante à BEO".

Eh oui tout celà n'existe plus et même si on était restés là bas ce serait un peu pareil.

Les télévisions ont stoppés les conversations à table, les veillées où on se racontait des histoires ou tout simplement ce qu'on avait fait dans la journée.

Je me souviens de l'été quand il faisait très chaud, on allait avec nos parents à la place Dutertre sous le regard de Musette. On jouait à cache cache, super le soir dans les bosquets.

J'ai essayé d'apprendre à mes petits fils à jouer aux tas avec les noyaux d'abricot. OUALO ! Au bout de 5 mn ils se sont remis sur la play-station, vedette, et ordi...

Mon mari leur a confectionné un tour de France cycliste en bois avec des cases plates et avec des cols. C'était tellement bien fait que ça aurait pu être commercialisé. Kif kif, on déballe, on joue 5 mn et on se remet sur les jeux électroniques.

Nous on jouait dans la rue, les garçons aux carioles, tachps, billes et les filles asvec les patins à roulette à faire le tour du quartier. C'est sur que maintenant on ne pourrait pas le faire non plus à BEO car avec le progrès on aurait suivi et tout le monde aurait sa voiture, sa télé, sa chaîne et les enfants tous ces jeux débiles.

Même si la vie était plus dure, je ne sais pas si mes enfants et même mes petits enfants ont eu une jeunesse plus belle. Je me rappelle des vacances et des regroupements de la famille au climat de France chez mes grands parents. J'en ai encore plein de souvenirs précis et magnifiques.

Ainsi va la vie.

Liliane

André TRIVES

LA SOLITUDE: ça n'existait pas...

Dernièrement, je lisais bien calé dans le fauteuil douillet du salon, un article de journal faisant état triomphalement de la "journée des voisins"; une journée de rencontre et de conviviabilité autour d'une collation réunissant les habitants de chaque immeuble de France dont le réel exploit est de s'ignorer 364 jours par an. Le mot "voisin" a fait jaillir en moi une tranche de vie enfouie dans la malle aux souvenirs estampillée "Bab el Oued". Comment pouvais-je avoir conservé à l'esprit des sentiments affectueux pour les mémés et les pépés qui vivaient dans l'immeuble de mon enfance alors que le monde impitoyable d'aujourd'hui nous suggère que le placement immobilier le plu approprié est celui qui consiste au placement de nos anciens en maison de retraite. Et que dire de cet anonymat collectif qui se perpétue dans les grands ensembles où, barricadés derrière une porte blindée, les braves citoyens adeptes du presse-bouton sombrent dans l'isolement et l'exclusion alors que la société se reproduit en mitoyenneté, à quelques mètres les uns des autres, empilés au-dessus et en dessous, se manifestant à leur voisinage par des bruits exaspérants: le son tardif d'une télé, les basses lancinantes d'une sono, le ripage d'un meuble sur le carrelage, les éclats de voix d'une querelle familiale, l'écoulement d'une chasse d'eau annonçant à tous les étages l'évènement libérateur qui vient de se dérouler.

Je me sens totalement différent en ressuscitant les images de mon enfance et en évoquant ces lieux de plaisir qui réunissaient chaque jour les parents, les copains, les voisins et voisines; on se retrouvait sur le palier, dans le hall d'entrée, à la terrasse, "en bas la rue", sur le trottoir d'en face, sur la placette aménagée en terrain de foot, derrière l'église, au marché chaque matin, avenue de la Bouzaréah en soirée, à la buvette des clubs sportifs et des stades, dans les nombreux cinémas du quartier, sans parler de la cour de récréation des écoles qui nous garantissaient une vie en commun pour plusieurs années. Ma conviction se confirme: à Bab el Oued la solitude n'existait pas.

Comme un théâtre, la rue était en représentation permanente avec des scènes très méditerranéennes qui donnaient au quartier sa véritable personnalité: les cris d'enfants haletants derrière la course d'une carriole montée sur des roulements à billes, des femmes assises sur les bancs de pierre de la place Lelièvre cramponnées nerveusement au souffle d'air d'un éventail en pleine conversation, une foule endimanchée accueillant avec des poignées de riz, la sortie des mariés sur le parvis de l'église St Joseph sous une volée de cloches assourdissantes, les danseurs du désert et leur rite de castagnettes métalliques appelant la pluie sous un soleil de plomb, les vociférations des passionnés disputant une partie de "mora" devant des spectateurs avertis et enthousiastes, les joueurs de bonneteau méfiants et malicieux prêts à détaler à la vue d'un képi, le vendeur de "kikilomètre" léchant son caramel pour mieux servir sa clientèle juvénile plantée à ses basques, le marchand d'zhabits et son troc de casseroles, ployant sous un énorme baluchon, des badauds disposés en cercle sur la place de l'Alma attentifs à la démonstration d'un camelot ventant la performance de la dernière invention du siécle: le moulin à café électrique, les cagayous de la Bassetta disputant ardemment une partie de boules sous le regard de Musette à l'ombre des ficus de la place Dutertre, les bourricots du square Bresson ramenés chaque soir par monsieur Chiche aux écuries de la rue du Dey, les "Routiniers de Bab el Oued" et leur mandoline répétant un concert rue Cardinal Verdier et soulevant l'admiration des passants dressés sur la pointe des pieds, les clairons et les tambours de la clique de l'Orphéon redoublant d'intensité sous la direction du Major à leur retour rue du Roussillon sous les applaudissements des familles sorties sur le balcon.

Des codes de bon voisinage s'étaient établis avec le temps, il était impensable de voir les fenêtres d'une voisine fermées après neuf heures du matin sans s'inquiéter de la raison; et compte tenu de la vie en commun que l'on partageait depuis des générations, il était normal de s'informer avec compassion du problème qui pouvait affecter l'un d'entre nous. Ainsi, on aidait une voisine seule et malade en lui faisant ses courses et en préparant son repas. Lorsque le film est presqu'achevé, comme à la sortie du Marignan lors de ces beaux moments d'enfance, les portes du cinéma s'entrouvrent quelques instants avant le mot "FIN" laissant entrer un air frais sans odeur qui me ramène à la réalité: c'était il y a bien longtemps, dois-je pour autant laisser la place à l'oubli? De nouveau j'ai toute la descente de l'avenue Durando pour commenter les images de la pellicule gravées à l'encre indélébile dans ma mémoire ancienne, parfois en couleur et souvent en noir et blanc. Une force pétille dans mes yeux et semble être déterminée: celle de raconter la vraie vie de nos parents à Bab el Oued où la solitude n'existait pas.

HSAMBUCHI

Nostalgie joyeuse!

A l'occasion d'une réunion de famille,pour un repas de fêtes...Les Mères et tantes...toutes affairées a nous préparer de succulents petits plats!....demandérent aux garçons les plus grands (12 ans),d,aller chercher,chez le boulanger,un immense plat de gratin de pommes de terre,qu'on lui avait confié pour la cuisson!.....C,était l'hiver ,il faisait nuit,il avait plus...Voila donc nos lascars ,habillés,l'un d'un imperméable tout neuf!...l'autre d'un pardessus,également étrenné pour les fêtes!...chantants!..sifflants!..faisant des mimiques aux passants!....le plat toujours porté par des mains agitées!!!..il faut dire que ce n'étaient pas des enfants trés calmes!!!..c'est le moins que l'on puisse dire!....aujourd'hui,on les taxerait..d'hyper actifs!.....les voila sur le trottoir,balançant le plat.....SOUDAIN!...au beau milieu de la chaussée,une boite ..la tentation était trop forte!..pensez-vous pour ces deux garnements!!!..quelle aubaine!!et vas-y...un coup de pieds par ci ,un autre par là!..a toi...a moi..et ceci jusqu'a la maison!....Toute la famille était autour de la table décorée de fleurs et de boules de NÖEL....tous en tenues de fêtes!...Ils rentrent dans la salle a manger...tout heureux de leur promenade ludique!...!!!!!C,EST ALORS QU'UN IMMENSE CRI RETENTI!!!!..TOUS SE LÉVENT DE TABLE...DES HURLEMENTS ,DES PLEURS ET LAMENTATIONS.........Ils avaient bien senti sur leur visage de l.eau...mais ils pensaient que c'était la pluie!!! ils se regardent...ecarlates des pieds a la tête!!!!!!puis ils partent d'un éclat de rire ..!et comprennent!..En réalité la boite contenait du MINIUM!...laissée par un peintre qui restaurait, les grilles d'une maison!...Inutile de vous dire que les vêtements furent definitivement perdus et bons a jeter!......Ils reçurent une bonne correction! et perdirent leur statut de commissionnaires....cela ne les vexa pas le moins du monde!....bien au contraire!..et les bétises continuérents...en cachette!........POINTE PESCADE 1942

HSAMBUCHI

Pensez-vous que l'on puisse oublier ceux qui ont traversé notre jeunesse?connus ou inconnus?..non, je ne crois pas!...nous les faisons tous vivre dans nos coeurs ou la pensée. Certains désirent revoir cette terre inoubliable!..d'autres hésitent a partir quelques jours....Tout ceci est possible...il suffit de fermer les yeux ...Sentez-vous les odeurs des citronniers ,des orangers..des jasmins..celle des eucalyptus de la fôret de Bainem ?!...le soleil sur la peau...!? le sublime parfum de la mer ..le bruit des vagues..!se brisant sur les rochers saillants!....les enfants s'appelant pour jouer?!....Entrer pousser .les portes de vos maisons ...rien n'est changé..tout est là!....les murs ,même eux ont une mémoire..rien ne peut effacer les images....vous seul en êtes détenteur!,personne pour prendre ces moments là...maintenant vous voila dans les rues ...les commerçants devant leur boutique ...les voitures qui klaxonnent ,pour un rien ..un conducteur incorrect...une belle fille qui passe!..tout pour la drague ..le rire ..la blague..le bonheur de vivre!!! Amis crois-tu que l'on saurait oublier les êtres qui ont fait...sans le savoir ..notre richesse de souvenirs!? ..Sans eux notre mémoire serai stérile! .....TOI..l'infirmière-chef de Barbier Hûgo..l'ange blond ,qui consolait les nombreux blesses! et nous les jeunes débutantes ,nous remontait le moral d'un mot encourageant !ET TOI.....jeune homme athlétique,que je croisais chaque jour suivi d'une ribambelle d'enfants!,me faisant un bonjour affectueux, de la main...ne m'adressant jamais la parole...et pour cause! je compris pourquoi,il y a peu de temps.... ON L'APPELAIT LE MUET!!!!!.ET TOI ....SHIRLEY la belle petite juive ! de la rue Larrey..aussi brune que son frère était blond! tu portais sur ta jolie tête!l'immense plaque de pizza a faire cuire chez le boulanger SANDRA...Es-tu partie pour ISRAëL,comme tu le désirais ?...ET TOI..L'homme qui habitait seul sur la terrasse du 60 Cardinal Verdier...lorsque les jeunes mères venaient a la buanderie pour la lessive...tu passais sans un regard ..juste un respectant la confiance que les maris lui accordaient,et dont il était conscient! ET VOUS...LES TROIS SOEURS ,toujours habillées de noir du deuil de vos parents..vous alliez chaque jour,vous recueillir sur leur tombes...Et toi..la belle jeune fille qui partie un dimanche..TOUTE PLEINE DE VIE ET DE JOIE , DANS TA ROBE DE VICHY...le sourire aux lèvres,heureuse d'aller danser au CASINO DE LA CORNICHE ..FAUCHÉE PAR UNE MAIN ASSASSINE!...ET TOI...le ténor en devenir!..l'amateur de bel canto...que nous entendions faire ses vocalises !....ET VOUS LES ENFANTS de toutes confessions,jouant avec les carrioles confectionnées de planches..courroies.. roulements a billes..que vous aviez récupéré de ci de là`...ET TOI...le petit gamin qui observait les souffleurs de verre ,pour la fabrication des ampoules du laboratoire,,,,tu passais la journée a les admirer ..parfois l'un deux ,te donnait un oiseau..un chat..un chien en verre délicat! pour ton sourire éclatant de plaisir et ton regard pétillant!...ET TOI ...le champion olympique d'escrime..YVES LAVOIEPIERRE..fauché par un stupide accident qui t'a réduit a l'immobilité constante!...ET TOI SYLVIE sa soeur si dévouée!....ET TOI...le beau coq du quartier!.enfourchant ta VESPA...DONT LE SEUL BRUIT DU MOTEUR SUFFISAIT A FAIRE BATTRE LE COEUR DES FILLES!..SAIS-TU QUE PARMI ELLES ,IL Y EN A UNE QUI EST DEVENUE UNE TRÈS BELLE FEMME !NOUS L'AVONS CROISÉ A PARIS ...QUEL CHANGEMENT!!JE CROIS QUE TU NE SERAIS PAS RESTER INDIFFÉRANT!....AMIES ET AMIS GARDEZ TOUJOURS LE BONHEUR DE NOS 20 ANS TOUT AU FOND DE VOS COEURS.....

Ajout de photo

- 1 photo dans Lycée Savorgnan de Brazza (Lazerges) de Josette ZAMMIT

HSAMBUCHI

nostalgie..la terrasse du 60 cardinal verdier

A nouveau ,la cohorte des souvenirs,vient me tirer par la manche. Me voila sur la terrasse du 60 cardinal Verdier ...J'aime y monter pour contempler le quartier...être un peu voyeuse de la vie qui s'étale en bas .Mais aujourd'hui c'est la terrasse qui est l'objet de ma mémoire. Sortant de la cage d'escaliers,qui baigne dans la demie pénombre,et la fraîcheur!..a peine passer la porte...éblouissement total!,une orgie de soleil,m'accueille! me suffoque!je retire mes chaussures..mes pieds arrivent difficilement a supporter la brûlure du sol, mais j'aime ce contact!..la terrasse est resplendissante de clarté ! les locataires du 5 ième sont là , depuis tôt le matin ..jour de lessive ..Le linge déjà étendu aux rayons du soleil ,claque sous la légère brise chaude..sa blancheur brûle les yeux!Au sol sur un carré de tissus tout aussi éclatant,de magnifiques tomates coupées en deux,sèchent en absorbant les dards du soleil!il s'en dégage une odeur âcre , ce tableau que forment ces gouttes écarlates ,ressemble a un champs de coquelicots!Deux jeunes femmes,face a face,plient les draps qui ont séché rapidement...prés d'elles deux beaux enfants regardant leurs mères toutes ruisselantes de sueur,par l'effort du lavage, commencent a pleurnicher,ne supportant plus la chaleur,malgré le parasol qui tente de les préserver.Du coin de l'oeil elles les observent ,d'un tendre mot,les consolent,il faut finir l'ouvrage commencé.Une bouteille d'eau,reposant dans un sceau,habillée d'une serviette humide,est prévue pour étancher la soif de chacun.Pieds nus également,vêtues de robes multicolores,que le souffle chaud fait gonfler,silhouette dessinées sur les draps ...paraissent onduler et déformer par les mouvements continus du linge.j'ai l'habitude de les voir avec leur voile...mais là,elles semblent autres...les cheveux rouges de henné,l'une les portant en longues tresses,l'autre,libres, au vent, me rende envieuse et jalouse de leur beauté typée!le murmure des mots doux répétée sans cesse aux enfants,qui ont repris les gazouillis et leurs rires tombants en cascades!...Tout cela est si beau ..si serein!....Je m'assois,le dos collé au mur brûlant..je suis bien ,calme,heureuse de ce tableau qui reflète le bonheur et la sérénité du moment.......

HSAMBUCHI

Nostalgie

Parfois..la nuit,quand les souvenirs me tiennent réveillée...me voila transportée «Boulevard de Flandre» ...cette longue allée bordée d'arbres,prise en tenaille par le mur blanc du cimetière de Saint Eugène,et celui,tout en pierres grises de l'Hôpital Maillot...et vient buter sur cette chére rue du Cardinal Verdier au bout..le numéro 60..a l'angle,la marbrerie Louguassi,mais qui a une époque plus lointaine, appartenait a notre Grand'Père ..son nom apparaissait encore ,au fronton en 1960.En face,une porte tristement célèbre,faisant partie de l'hôpital Barbier Hûgo ,dans une salle au réz de chaussée,les cercueils attendaient,le corps des militaires qui avaient succombé a leurs souffrances!..En face, le laboratoire en pharmacie CRÉAT....les jours de fabrication,une odeur forte de créosote envahissait la rue!..A coté le bar «LE PETIT GLACIER»..tenu par la famille Péris...que de bons casses croûtes! ils faisaient!...le pain croustillant venant de chez Sandra..la saubressade et le jambon de chez Cano...mais également et surtout la schorba,qui mijotait toute la matinée ,le parfum du coriandre!...je sent encore l'odeur!!..les amateurs ne manquaient pas!..chaque jour le restaurant était plein a craquer!....les rires fusaient..les voix s'amplifiaient en fin de repas,aidées par le délicieux rosé glacé ...ils refaisaient le monde.!!...plutôt perturbé! mais personne n'en venez aux mains...ils montraient seulement que la vie même difficile était bonne a vivre!!!et reprenaient le chemin de l'usine ou du bureau! Le vendredi soir, les ouvrières sortaient,toutes joyeuses du week end qui s'annonçait ..les unes courants retrouver leurs amoureux,les autres partants ,bras dessus bras dessous,«faire »,comme l,on disait ,l'avenue de la Bouzarhéa..l'avenue des Consulats..entrant a «la Princesse» consommer un succulent gâteau ou une glace..certaines, s'offrant un livre de poche ...revenant sur leurs pas,recommençant a déambuler dans les mêmes rues suivies parles garçons faisant des compliments de la coiffure en choucroute ..des robes en corolles gonflées par 3 ou 4 jupons fraîchement amidonnés ...tous et toutes insouciants et heureux..comme l'on est a 20 ans.....malgré les déchirures qui menaçaient

Antoine BILLOTTA

Voilà, ces quelques vers, juste pour vous dire merci, à vous toutes et tous qui nous permettez de nous retrouver et aux très nombreux autres de nous offrir, elles et eux aussi leurs souvenirs : allez-y, ça fait longtemps qu'on vous attend ici, chez nous......

Pour ressourcer notre "rubrique-à-brac"

de bric et de broc,

pas besoin de fric ni de frac :

simplement des p'tits trucs en toc,

humbles reliques ressorties d'un sac

ou pudiques secrets devenus "docs"

juste pour re-donner le trac

juste pour recevoir en troc

ces f-utiles cadeaux en vrac,

de nos mémoires, sacrés électrochocs..

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