Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

Serge CHRISTOL

Le : 14/12/2011 17:50

J'ai lu dernierement un texte parlant des instituteurs de l'école FRANKLIN et cela m'a rapellé des souvenirs.

J'espere ne pas me tromper car j'ai quitté l'école (CONDORCET)en 1958.

Au sujet de Mr SOLER,il me semble qu'il avait une jambe raide(peut-etre une blessure de guerre)et qu'il boitait.quand il était de surveillance dans la cour de recréation il fallait se tenir à carreau autrement il vous attrapait par les cheveux,à hauteur des tempes,et il soulevait.AIE!!!

Mr SIOMEI,lui avait une grosse règle plate qu'il nommait(sauf erreur ROSALIE).L'élève qui devait etre puni,devait aller sur l'estrade,la tete entre les jambes du maitre et les fesses bien exposées.Alors,Mr SIOMEI,demandait à toute la classa de chanter la vieille chanson:ROSALIE ELLE EST PARTIE.Cela donnait:

ROSALIE

PAN PAN(2 coups de règle sur les fesses)

ELLE EST PARTIE

PAN PAN

SI TU LA VOIS

PAN PAN

RAMENES LA MOI

PAN PAN

Et l'élève retournait à sa place sous les rires de la classe

Ce nétait pas trés méchant.

Mr TIMSIT avait bien une règle nommée VALENTINE et je crois que nos doigts s'en souvienent encore.

Quant à Mr CABROL,lui,c'était un cas special.Le dimanche,il jouait au tennis et le lundi matin on connaissait ses performances selon son humeur.S'il avait gagné tout était calme.Si par contre il avait perdu,toute l'école le savait.On l'entendait alors hurler depuis le trosième étage(au cours complementaire)et notre prof.disait:

ALLEZ,FERMEZ LA FENETRE,CABROL A PERDU AU TENNIS!!!

Voila quelques souvenirs de cette école qui depuis le cours préparatoire jusqu'au BEPC a bercé notre jeunesse.

Amitiées à tous ceux de BEO..

Danielle PERES CECI

Le : 13/12/2011 23:42

MON MESSAGE A TOUS CEUX QUI HABITAIENT BAB EL OUED ;

La ville bien aimée est laissée

pour contre.

Les murs délaissés ont pleuré

A l'encontre

De ceux qui ont gravé leur nom

Au cours d'une rencontre

La ville bien aimée délaissée

Se meurt dans nos pleurs

A l'encontre

D'un départ,valise à la main

Vers une destination incertaine

A L'encontre

D'un chagrin qui est encore plein

De larmes, de colère, notre destin

Contre

Tous ceux qui sont laissés

Pour contre

Ceux que nous avons tant aimés Danielle PERES CECI

Christian TIMONER

NOËL 1961

Nous sommes jeudi, aujourd’hui pas de classe comme tous les jeudis, c’est notre jour de repos.

Nous sommes quatre enfants et pour notre mère la journée s’annonce un peu bruyante, pour être tranquille elle nous promet que si nous restons sages toute la journée, ce soir avec notre père à son retour du travail, ils nous amèneront voir les illuminations dans les rues et surtout voir les magasins de jouets. Jusqu'à l’arrivée de notre père nous restons donc sages comme une image (ou presque), pari gagné pour notre mère.

Pour la promenade ma mère nous a sorti les habits du dimanche. Tous beaux, parfumés à l’eau de Cologne, mon frère et moi les cheveux avec la brillantine (la gomina), les chaussures pointues à l’italienne (grande mode) elle nous a même mis le manteau car il fait un peu frais dehors (22°). Nous voilà partis tout excité dans les rues de Bab El Oued, la nuit commence à tomber et le quartier s’illumine ainsi que les magasins, beaucoup de personnes dans les rues, certains reviennent du travail d’autres font leur course, les grands font le va et vient en attendant de trouver l’âme sœur et les autres comme nous, promènent. Certains regardent dans certaines vitrines la télévision, une nouvelle venue dans le quartier. Il nous tarde d’arriver aux Galeries de France car je pense que c’est le plus beau magasin d’Alger, nous ne sommes pas trop loin car j’entends l’Armée du Salut qui comme chaque année à noël est là, à chanter des cantiques et fait teinté la cloche pour attirer les gens, certain leur donne une pièce pour leurs œuvres. Nous voilà devant le magasin, impossible d’approcher la vitrine, tous les enfants le nez contre la vitre, d’autres sont sur les épaules de leur père pour voir mieux, tous ont le sourire, les yeux pétillent, comment pouvoir atteindre la vitrine ? Juste devant moi un papa tire son fils qui ne voulait plus partir, et j’en profite pour avancer, avancer, jusqu’à un moment, un grand bruit je viens de me cogner sur la vitre (une belle bosse) que je n’avais même pas vue, mon front, mon nez écrasent la vitre, mes yeux eux ne savent plus où regarder la vitrine est pleine de jouets, du poupon avec la poussette, les poupées, les ménagères, patin à roulettes etc.., elles sont gâtées les filles. Pour les garçons, les voitures avec garage, voitures à pédales, trottinette, fusil avec tir aux pigeons, et le magnifique train avec sa locomotive accrochée avec ses wagons et il tourne en discontinu et passe même dans un tunnel, ce n’est plus des yeux que j’ai mais une girouette. Cela doit faire un bon quart d’heure que je regarde, tout est magnifique pas facile de faire un choix vu le nombre de jouets, et soudain je sens une main sur mon épaule, je me retourne et mon père me dit, il faut rentrer il se fait tard, je lui dis encore un peu, d’accord une minute, et l’on s’en va. Nous voilà repartis quand soudain face à moi le père Noël avec le photographe, et là bien sûr nous avons immortalisé le Noël 1961, je dis bien le Noël 1961.

Le père Noël avait pris nos commandes pour le 25 Décembre 1961 est avait fait ce jour là, la distribution pour le bonheur de tous les enfants, mais comme beaucoup pour ne pas dire la majorité nous étions loin de penser que ce serait notre dernier Noël à Bab El Oued et en Algérie.

Aujourd’hui nous sommes en 2011, cinquante ans plus tard, et le 25 décembre de cette année le père Noël sera au rendez-vous, même pour ceux qui se trouvent aux quatre coins du monde. Pour moi ce sera la première fois où mon père ne sera pas avec nous mais peut-être dans un monde meilleur.

JOYEUX NÖEL A TOUS, CHRISTIAN

L'ASSOCIATION A.B.E.O (le Blog)

- A.B.E.O. PROGRAMME DES MANIFESTATION 2012

- PÂQUES LA MOUNA

- GRAND RASSEMBLEMENT 2012 AU DOMAINE DU GRAND SAINT JEAN

L'A.B.E.O. I.N.F.O.S

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L'A.B.E.O. I.N.F.O.S

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Cherif HAMOU

Le : 15/11/2011 18:56

NOËL A BAB EL OUED

En ces temps là, on se prenait très tôt pour préparer Noël. C’est la conclusion qui s’impose si l’on remémore les nombreuses activités qu’on engageait pour la circonstance et les délais que cela supposait.

A l’école, l’apprentissage des chansons dédiées à Noël demandaient certainement plusieurs semaines. Qu’il s’agisse des airs de Petit papa Noël ou de mon beau sapin, il fallait se livrer à de longues répétitions pour que nos petites têtes, non encore exercées, retiennent les paroles et les airs, sans soutien écrit. Les maitresses et les maîtres s’employaient à nous conditionner pour la fête, au moyen d’histoires et les contes admirablement racontés. A l’extérieur, les points d’attraction, pour les enfants que nous étions, furent principalement les magasins de la célèbre avenue de la bouzaréah. Les devantures des magasins étaient alors décorées avec soin. Les vitrines pourvues d’un train électrique nous enchantaient particulièrement. Visage collé contre la vitre, il était difficile de nous en arracher.

Autre point d’attraction, qui intéressait surtout les adultes: la place de l’Alma. C’est là que les marchands de sapins présentent leurs produits. Des sapins naturels, encore odorants, provenant probablement de la proche forêt de Bainem. Il y en avait de toutes les tailles. Sans doute pour ajuster l’offre à toutes les bourses et à la modeste taille de nos logements (souvent exigus). Les sapins en matière synthétique n’existaient probablement pas à cette époque. Les transactions se négociaient en francs (F) ou en nouveaux francs (NF). Nous étions en période de changement de l’unité de monnaie, et il n’était pas facile de s’en accommoder. Ma mémoire n’a conservé aucun repère sur le prix de cet arbuste magique. L’emplacement de ce type de commerce était idéal. En effet, la Place de l’Alma faisait la jonction entre trois hauts lieux de Bab El Oued : le marché, les trois horloges et le boulevard de Provence.

L’évocation de Noël à Bab El oued s’accompagne nécessairement de celle du Monoprix et de ses étals de jouets. C’est là que mon oncle m’a acheté mon premier Mécano, un cadeau de Noël. Ce magasin paraissait très lointain, à nous, les enfants de la Bassetta.

A Bab El Oued la fête de Noël était célébrée par tous les résidents. Certes, les musulmans n’y incluaient pas la charge religieuse de l’évènement. Les Juifs non plus, sans doute. Mais tout le monde prenait part à la fête. Le bon sens présidait à nos conduites. A-t-on besoin de convoquer la foi pour s’associer à un évènement festif, et faire partager le bonheur à tous les enfants du quartier?

Dans mon immeuble, au 3 bis rue François Serrano, le sapin était présent dans toutes demeures. La fête pour tous, et…à chacun ses croyances.

Cherif (Québec, Canada)

Michel SUCH

Le : 28/08/2011 14:29

Naitre dans une clinique! Nous sommes tous nés dans le même lit. Dans cette petite pièce obscure au rez de chaussée de cette immeuble de la rue François Serrano anciennement Rue de la Vigie... Tous! Mon frère, mes cousins, ma mère, ses soeurs, les jumeaux...

Il y a 67 ans de celà

Ma mère poussa un grand cri

Fit un grand pêt

Et je naquis

Je sortis d'elle tout ruissellant

Et m'échappait tel un savon

Des mains de la douce accoucheuse

Directe dans la lessiveuse!

Madame SMADJA! C'est le nom de la sage femme. Alors! Qui d'autre!

Robert VOIRIN

Le : 22/06/2011 15:29

C'ETAIT LA FIN DES HARICOTS

Qu'est ce qu'on en avait " gros sur la patate " en cette année soixante deux,

" pressés comme des citrons " on était dans un état désastreux,

et puis le jour est arrivé où on s'est dit " la carottes sont cuites ",

c'était pour nous " la fin des haricots ", nos espoirs avaient pris la fuite.

C'est que depuis longtemps on " s'était foutu de notre poire ",

les autres avaient " mis le ver dans la pomme " et là on s'était fait avoir

car ils avaient voulu nous faire " glisser sur une peau de banane " c'était sur.

En ces temps difficiles on nous en a fait voir des " vertes et des pas mures ",

" aïe aïe aïe ", après le " coup sur la calebasse " qu'on avait pris en traître

ils croyaient nous faire " tomber dans les pommes", c'était mal nous connaître,

c'est vrai qu'on était dans une situation " mi figue mi raisin ",

il ne fallait pas se " raconter des salades " , on a "plus un radis " se disaient certains.

On était comme dans un mauvais film," un navet " à oublier au plus tôt

parce ce qu' on devait réagir vite et ne pas rester " plantés comme des poireaux ",

on allait se défonçer pour " mettre du beurre dans les épinards ",

et ce qu'on allait faire " ça comptait pas pour des prunes " car il n'était pas trop tard.

On n'était pas des " grosses légumes " , mais on " avait la pêche " pour être heureux

on n'avait pas de " pois chiches dans la tête " alors on allait tirer " les marrons du feu ",

et pour ne pas faire " faire choux blanc " il fallait " appuyer sur le champignon ",

là ils n'ont pas " ramener leur fraîse " car on leur a dit de " s'ocuper de leurs oignons.

Tous ces gens " à la noix de coco " ils n'avaient pensé qu'à briser nos rêves,

alors on les a carrement rejetés en les envoyant se " faire une soupe de fêves ",

on s'est dit que le jour où on mettra " la cerise sur la gateau " on en sera très fiers

même si " le parfum des oranges amères " restera toujours pour nous très ... amer.

Robert Voirin

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