Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

André TRIVES

Le : 22/08/2014 09:54

Je voudrais dire à notre ami d'enfance Kamel. Que nous aussi, les français de Bab el Oued ( maçons, peintre, ouvriers, plombiers, électriciens, petits commerçants, fonctionnaires, garçons de café, facteurs), avions une vie difficile et très modeste, mais surtout on n'était pas malheureux de la vie simple que nous menions. Nos parents trimaient comme tous les parents et mon père qui travaillait 7 jours sur sept n'a jamais connu les vacances. D'ailleurs, à BEO nous étions en vacances tout le temps avec nos plages que le Bon Dieu nous avait données. C'était notre vie, dure pour tout le monde et nos espoirs étaient qu'un jour on puisse s'inscrire dans un club huppé d'Alger pour devenir comme ceux qui réussissaient. J'ai 73 ans et mon souvenir est intact...Il est vrai que nous n'acceptions pas la fatalité, tout devait être fait pour améliorer la vie de ses enfants. Avec toute mon amitié.

Jean-Jean MORENO

Le : 03/08/2014 11:55

Nos colonies de vacances (1955/1960)

Quand arrive le début de chaque mois d’aout, avec ce temps estival et nos petites tenues légères, j’ai souvent, pour ne pas dire toujours en tête, ces images de colonies de vacances de notre jeunesse passées en France et qui duraient un mois, le mois d’aout en l’occurrence. Même si le temps ne nous arrange pas, il ne nous enlèvera pas nos meilleurs souvenirs et pour ma part, ces souvenirs-là sont à cette époque !

À ce moment de l’été, les vacances scolaires étaient déjà bien entamées et nos occupations journalières de juillet se limitaient à retrouver les copains et les copines du quartier pour des parties de foot, de billes, de noyaux (d’abricots qua même !), de courses et autres jeux – interdits ou non, va saouar ! – et, de temps en temps, les retrouvailles avec les copains de mon école prés du cimetière de St Eugène pour descendre sur la plage de l’Eden, celle qui était en face le cimetière ou l’autre à côté du stade Marcel Cerdan « les Bains de chevaux ». Rien qu’on jouait à faire les fanfarons et les « regarde-moi comme je sais nager et plonger ». Heureusement qu’on avait des bouées !

L’inscription à la colonie de vacances du mois d’aout était un rituel pour ma mère et moi. En début d’année, je pense, nous nous rendions en bus à la mairie d’Alger et après avoir patienté quelques instants dans le hall, l’inscription était faite.

C’était avec une certaine appréhension de ma part que le jour du départ vers la France arrivait. Le regroupement des enfants pour la colo se faisait souvent dans une cour d’école ou même dans les sous-sols de la mairie d’Alger d’où nous partions ensuite, chargés de notre paquetage, en bus vers le port. Qu’est-ce qu’on était beau avec nos sandalettes toutes neuves, nos cuissettes bien serrées et nos casquettes marquées de publicités « Cruch, Hamoud Boualem et autres » ou même un grand mouchoir noué aux quatre coins pour ceux qui n’avaient pas de casquettes (comme moi par exemple !) Au préalable nous avions fait connaissance par petits groupes de nos moniteurs ou monitrices respectifs.

La séparation familiale ne se passait pas toujours d’une façon agréable. Beaucoup de larmes contenues pour nos parents et de pleurs parmi nous les enfants. Après un embarquement sur le Kairouan ou le Ville d’Alger ou bien l’ Eldjézaïr qu’ece j’en sais moi mainant, on s’installait sur le pont arrière pour un au revoir aux parents en agitant nos casquettes ou nos mouchoirs. Moment émouvant pour ceux qui restaient sur le quai mais sur le pont les sentiments étaient mélangés. Certains resplendissaient de la joie à l’idée de se retrouver seuls sans les parents pendant un mois et d’autres comme moi affichaient plutôt un visage de tristesse et surtout de regret d’avoir été si enthousiaste à la préparation de ce voyage.Si la traversée de notre Méditerranée se passait dans le calme et sans mer trop agitée, nous étions autorisés à séjourner à l’air libre sur le pont du bateau.En contrepartie si la mer nous secouait, c’était la catastrophe ! Nous devions rester cloitrés dans la cale du navire avec maux de tête et de ventre sur des transats sachant que la traversée pour rejoindre Marseille ou Port Vendre durait en moyenne 22 heures. Dur métier que celui de vacanciers de colonies ! J’allais écrire « colons » mais est-ce le mot adéquat ?

Je me souviens de l’arrivée dans le port de Marseille. Elle se faisait souvent au petit matin avec la vue de Notre dame de la garde, l’entrée du port de Marseille nous faisait penser à notre chère ville d’Alger surplombée de notre chère Notre Dame d’Afrique. Au débarquement, nous étions pris en charge immédiatement afin d’avaler un petit déjeuner et, celui-ci terminé, sans perdre de temps, nous entamions le voyage en car ou en train vers notre destination « coloniale ».

Je dois avouer que ce mois d’aout passait relativement vite bien que nos parents nous manquaient cruellement surtout le soir. Faut dire que toute la sainte journée nous étions occupés en plein air avec des jeux et des travaux manuels réservaient aux garçons et pour cause, nous n’étions (malheureusement) que des gars dans ces colonies ! Chacun d’entre nous avait économisé pendant ce mois d’aout une petite somme d’argent pour acheter « le souvenir de France » qu’il fallait impérativement ramener aux parents. Ces achats se faisaient juste avant la fin de la colo et annonçaient le retour au pays dans les mêmes conditions que l’aller. Pas besoin de vous décrire l’accueil de nos parents à la descente du bateau ! Un mois de séparation avait été l’enfer pour eux ! Ça ne les empêchait pas du tout, cinq minutes après nos embrassades, nos effusions de joie, de nous tarabuster en nous reprochant les « médailles »sur la belle chemisette toute neuve ou les superbes sandales toutes « escagacées » qui devaient nous faire 3 ans au moins !

Actuellement la tendance est au dénigrement de ces colonies de vacances. On dit qu’elles reviennent trop chères non seulement à la collectivité mais également aux parents. Avec ce besoin implicite de sécurité, de qualité de soins, de nourriture, d’encadrement, d’activités que nous souhaitons tous pour nos enfants, fait que nos colos d’antan sont mortes et enterrées.

J.J. Moréno

Virginie ROBLES

Le : 13/05/2014 10:15

Bonjour,

Je me présente, je m'appelle Virginie Robles, je suis la fille de Joseph Robles, et la nièce de Manu Robles, qui s’est malheureusement éteint dernièrement. J'ai longuement hésité à venir écrire un mot sur le site, puis je me suis décidé, j'avais envie de rendre un dernier "hommage" à mon oncle Manu, et à mon père aussi. Dès tout petits, mon frère et moi avons été baignés, imprégnés des souvenirs d'enfance de mon père à Alger. Alger, la ville de mes ancêtres, celle où est enterré mon grand-père que j'aurais tant aimé connaître. Je n'y ai encore jamais foulé la terre, pourtant Alger fait aussi partie de mon enfance, j'ai l'impression de la connaître, d'y avoir en quelque sorte moi aussi un peu grandi.

Les souvenirs racontés par mon père ont toujours été mêlés de rire, de joie, de fierté, de courage aussi… L'école, les jeux d'enfants, les osselets, les oranges, la charcuterie Lorret, Antoine Lorret, le Red Star, la mouna, le four de la boulangerie pour y venir faire cuire son plat, les beignets à l'huile tout chauds, les voisins, la guitare, ma grand-mère revenant du marché les bras chargés de commissions, mon grand-père qui chantait,… Des images j'en ai plein la tête, et je ne remercierai jamais assez mon père de nous avoir transmis avec tant de chaleur ce qui fait partie de notre histoire, nos racines, ces trésors de famille à travers lesquels nous nous sommes construits.

Et puis Manu, la mémoire de la famille, à travers ses écrits pleins de tendresse, nous a aussi raconté la vie là-bas, sa vision d'enfant, les souvenirs, Mémé Thérèse, Joseph mon grand-père, la grand-mère Isabelle (mon arrière grand-mère), mais aussi Tonton Jean, Tonton Manuel, la cousine Isabelle, les cousins, que j'ai connus bien des années plus tard en France.

Aujourd'hui Manu s'en est allé, Manu le petit dernier, le plus jeune de mes oncles et tantes, tous piliers de notre belle famille. Jeannot, Dédé, Pierrot, Joseph mon père, et Isabelle, la seule fille au milieu de tous ces garçons…puis il y avait Manu, Manu le sensible, Manu le poète, Manu qui chantait aussi, Manu qui avait toujours le mot pour faire plaisir,…

Manu qui ne pourra plus serrer ceux qu'il aimait, Manu qui ne pourra plus s'amuser avec ses deux adorables petits enfants, Manu dont on ne verra plus le sourire bienveillant… Tu nous manques beaucoup Manu et ce n’est pas prêt de s’arrêter…

Robert VOIRIN

Le : 28/04/2014 21:13

LE CABASSETTE ET LE COUFFIN (fable)

Au fond d'un placard le cabassette et le couffin s'ennuyaient beaucoup, depuis qu'ils avaient quitté leur Bab El Oued natal ils ne sortaient plus du tout, alors il se racontaient des histoires pour tromper leur ennui, surtout celles qui parlaient de leurs anciennes et nombreuses sorties quand ils accompagnaient la famille au marché, en forêt ou au bord de mer. Ainsi à Pâques on les remplissait de ce qu'il y avait de meilleur sur terre, le cabassette disait qu'il transportait la soubressade, la calentita, le boutifar, la pastera sucrée, les poivrons grillés, et la si fine fritenga, les anchois, les dattes et les figues sèches, les délicieuses cocas, les mantécaos, sans oublier le bon selecto et le fameux Mascara. Le couffin se vantait d'être plein de zlabias au miel, de douces oreillettes, de makrouts, de la belle mouna, sans oublier les succulents roliettes. Ils étaient tellement lourds qu'ils n'en pouvaient plus surtout qu'il fallait tenir jusqu'à la fôret de Sidi Ferruch pleine de monde partout. Là au milieu des cris de joie on commençait à les vider, pour l'apéritif les tramousses et les variantes étaient sortis en premier car avant le repas on sirotait bien sur l'anisette traditionnelle en trinquant à la bonne santé de tous dans une fraternité si belle. Puis au milieu d'une joyeuse ambiance on déballait tout et chacun se servait,tous les membres de la famille pouvaient alors commencer à se régaler. Dans la soirée pour le retour à la maison le cabassette et le couffin maintenant si légers pensaient déjà à faire les courses dès le lendemain matin, à Bab El Oued ils continueraient ainsi à déambuler dans les allées du marché où ils seraient encore remplis de ces bonnes choses qui faisaient leur fierté. Bien longtemps après, alors qu'ils se lamentaient toujours sur leur sort, une main amie qui les avaient bien connus leur apporta un grand réconfort, et pour ne pas qu'ils toment complètement dans les oubliettes ils furent sortis du placard pour aller à des commissions ou à des fêtes, réconfortés ils purent se dire qu'on ne les avait pas laissés tomber pour enfin revivre en pensant à Sidi Ferruch et ses belles journées.

Moralité : recevoir le passé comme un héritage c'est combattre l'oubli, le mépris, et l'indifférence.

Robert VOIRIN

L'ASSOCIATION A.B.E.O (le Blog)

- REVEILLON DE LA SAINT SYLVESTRE AVEC BAB EL OUED 2015/2016

REVEILLON DE LA SAINT SYLVESTRE AVEC BAB EL OUED 2015/2016

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Ajout de photo

- 1 Document de Tony BILLOTTA dans 'Documents divers'

Jacqueline RIQUELME

Le : 05/03/2014 14:54

LE BAR DES ARENES A BAB EL OUED.

J´y allais souvent avec mon Papa, à ce fameux Bar des Arènes,car mon père était très ami de Mr. Escobedo, et d´ailleurs beaucoup de ces affiches de corrida et toréadors venaient d´Espagne, et c´est ma Maman et moi qui les ramenions d´Alicante óù nous allions en vacances d´été.Un de mes oncles, frère de ma maman, était Président du " Club Taurino Alicantino" il avait donc d´excellentes relations avec les toréadors de mode,et gardait évidemment, affiches, magazines etc...annonçant les corridas des "férias" et de toute la saison.....De tout cela,ça fait déjà très longtemps, cependant nous ne pourrons jamais oublier ce temps heureux.... En tout honneur pour Monsieur Escobedo,je dois dire que lorsque mon père est décédé en Juin 1960, il fit un don très généreux à ma Maman, qui ne voulait pas accepter, mais il insista beaucoup en lui disant: " Si ça avait été au contraire, si c´était moi qui était parti, Riquelme aurait fait la même chose pour ma famille." Des amis comme ça, il y en avait beaucoup dans notre Pays! Gros bisous pour tout le monde.

André TRIVES

Le : 03/03/2014 13:40

Mon cher Jean-Jean, sans oublier au passage notre chère Nacéra, Le brave homme ( plus malheureux que lui,tu meurs!) qui vendait la calentita avec une plaque posée sur une poussette d'enfant s'appelait Tago. Il grattait le couteau sur le rebord de la plaque et criait : "Chaud, tout chaud!". Il criait dis-je pour se faire entendre parce qu'avec le brouhaha du marché et le bruit de ferraille du tram sur les rails qui se tordaient aux Trois Horloges, on avait du mal à s'entendre. Dans la ligne droite en direction du Lycée Bugeaud, le watman accélérait la vitesse et les coups de klaxon lancés en bordée annonçaient son passage pour dégager l'avenue de la Marne.

Jean-Jean MORENO

Le : 03/03/2014 09:05

Bonjour à vous tous, concitoyens et anciens du plus beau quartier du monde, celui de notre enfance. Il me prend de temps en temps un brin de nostalgie qui m'oblige à écrire sans prétention aucune des mots venant du cœur au sujet de notre Bab el Oued. En voici un

Les bancs du square Guillemin

À l’occasion des deux pèlerinages ou retour à la terre natale que j’ai effectué chez nous à Bab el oued en 2007 et 2009, j’ai pu me rendre compte que l’état général des anciennes bâtisses du quartier, comme des infrastructures en général. Elles étaient plutôt défaillantes. Un manque d’entretien évident me fait penser que ces constructions ne tiendront pas encore des décennies au vu de certaines façades d’immeubles délabrées comme également leurs entrées donnant accès aux cages d’escaliers. Malgré tout il en reste un certain cachet.

Ces constructions avaient été faites avec amour par des ouvriers émigrés d’Espagne, d’Italie ou de l’ile de Malte et avec le concours des indigènes, qui allaient occuper ces logements par la suite puisque ce quartier était habité en majorité par des ouvriers. Ces premières constructions, dont une partie a été engouffrée par la coulée de boue descendant de la colline de Bouzaréah en 2001 et une autre, en prévision de démolition, ont dû débuter vers la fin du XIXème. C’est notre quartier, celui de la Cantéra c’est à dire ces immeubles non loin de la fameuse carrière Jaubert, celle qui a fourni l’ensemble des pierres destinées à l’érection d’une grande partie des bâtisses de la ville d’Alger.

Au début du XXème siècle, ces bâtisseurs ont surtout œuvré aux constructions allant de la place du lycée Bugeaud vers les Trois Horloges. Il me semble que cette partie du quartier de Bab el oued est relativement plus récente, ces constructions ont moins souffert du temps qui passe et du manque flagrant d’entretien. Au centre de ce secteur a été érigé en son temps, sur le souhait de l’épouse de Napoléon III, je crois, un grand jardin implanté au cœur d’un boulevard partant de la plage de Padovani et, s’étalant en montant jusqu’au tournant de la rampe Vallée.

À notre époque on le nommait « square Guillemin », mais à sa construction il devait être nommait boulevard général Farre. À l’intérieur de ce jardin, le long des allées serpentant en montant de la rue Montaigne vers la cité des Eucalyptus, avaient été implantés des bancs de pierre et de béton. Ils ont une particularité : leur assise est recouverte d’une belle mosaïque représentant les initiales de la ville d’Alger, en l’occurrence : V.A. de couleur bleue sur fond marron. Dès l’entrée de ce jardin, m’est venu de suite à l’esprit la photo où j’avais été pris l’été 1961 assis sur un de ces bancs dans la partie montante du jardin. J’avais encore en tête cette photo noir et blanc quand je me suis présenté devant un de ces bancs et je me revoyais là, assis avec mon pantalon blanc et ma chemise de même couleur, manches retroussées et col bien ouvert, à la zazou quoi ! Et les petits mocassins de forme italienne également blancs très à la mode en ce temps-là.

La végétation alentour avec ses cactus, ses plantes aromatiques ou grasses, ses arbustes de la région méditerranéenne, ne trahissait pas du tout la situation géographique de ce quartier. Nous sommes bien en Afrique du nord, face à la Méditerranée !

Il est vrai qu’après 45 ans d’absence, loin de ce quartier, les souvenirs des endroits que l’on fréquentait souvent à cette époque se déforment. Avec le temps on a tendance à imaginer ces endroits beaucoup plus grands, beaucoup plus large qu’en réalité. J’en ai eu la preuve en arpentant cette allée conçue en lacet pour atteindre le haut de ce jardin. Comme je le dis, je m’imaginais cette allée beaucoup plus large et mieux entretenue mais là, pour ce qui est de l’entretien, ce n’est pas de l’ordre de l’imaginaire mais bien de la réalité malheureusement. Peu ou pas d’entretien de voirie en général et encore moins au niveau de la propreté. Je ne m’attarderai pas sur le sujet. On peut également accéder au haut de ce jardin par deux grands escaliers situés de chaque côté de ce jardin montant mais, bien évidemment, il est plus agréable d’emprunter l’intérieur du jardin pour le plaisir des yeux, d’une part le cheminement est plus intéressant et d’autre part il nous permet d’avoir une vue sur Padovani et la mer. Un panorama qui vous marque à jamais! Inoubliable, quoi !

De cet endroit on peut apercevoir la partie basse de ce jardin, celle qui est comprise entre l’avenue de la Bouzaréah et l’avenue Malakoff. D’autres bancs y sont implantés dans cette partie basse mais ils n’ont pas la même élégance que ceux du haut. Certes ils sont tout aussi confortables mais ils ne sont pas agrémentés de mosaïques sur le dessus. Avant 1962, cette partie du jardin était divisée en deux parties, je crois, sur deux niveaux puisque nous sommes toujours sur une dénivellation. Ces deux parties étaient accessibles l’une à l’autre par une volée d’escaliers. Chacune de ces deux parties étaient cernées d’un petit muret surmonté d’une assise qui servait de banc et permettait aux mamans, tout en étant bien installées pour papoter entre elles, de surveiller leur progéniture qui se défoulait entre eux ou bien tournait sur le manège installé ici à longueur d’année, ce qui faisait la joie non pas des parents mais des tout petits.

En été ou quand il n’y avait pas d’école, dans les années 50, avec ma mère mais plus souvent avec ma tante qui était femme au foyer et mes deux cousins : José et Pierre-Jean nous passions des après midi à nous chamailler dans cette partie basse du jardin. C’était un endroit très fréquenté par les enfants des beaux immeubles environnant, on s’en faisait des copains d’un jour.

À l’heure du gouter, on avait le droit à une pièce de 100 sous pour s’acheter, au marchand ambulant, une part de calentita, sorte de tarte salée à la farine de pois chiche que l’on nomme dans le sud de la France de la « socca ou cade ». Après être passé chez le boulanger, récuper sa plaque de calentita cuite, ce marchand l’installait sur des tréteaux dans le jardin et pour attirer le chaland, il cognait son couteau sur le bord de la plaque par petits coups successifs en criant : « calentita,calentita ! ». On lui remettait la pièce de 100 sous et lui nous tendait le morceau de calentita enveloppé dans du papier journal, eh oui, c’était notre façon à nous de recycler ce papier entre autres façons puisqu’on l’utilisait également aux toilettes et on n’en est pas mort!

En 2009, quand je suis retourné pour la dernière fois, une grande partie des infrastructures de ce jardin existait encore mais la négligence des pouvoirs publics…. Enfin ! J’espère y retourner encore une fois (avec mon fils cette fois-ci) afin de remarcher sur les pas que j’ai pu faire dans ma jeunesse et me redire : c’est là que je suis né, c’est là que j’ai passé les meilleurs moments de ma jeunesse!

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