Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

Bibliothèque des trois horloges

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André TRIVES

Le : 25/05/2015 13:03

UNE DE PLUS OU UNE DE MOINS ? QUE LA DECONNADE RECOMMANCE EN 2016...

Ce dimanche de Pentecôte s'interprète suivant les humeurs de chacun. Les optimistes diront "une de plus" et les pessimistes "une de moins".

La semaine dernière l'Académie Française faisait état des nouveaux mots qui intégraient la langue française et donc le dictionnaire. Qu'elle ne fut pas ma satisfaction de constater la prise en considération du mot " DECONNADE". Et oui, ce mot venu de notre patrimoine linguistique, inventé par les enfants de Bab el Oued venait d'être reconnu dans le langage courant.

Hier, l'ABEO conviait les enfants de Bab el Oued encore vivants avec une pensée pour ceux déjà partis, à notre grand rassemblement annuel de l'Amitié et de la Fraternité au Grand St Jean à Aix en Provence. Et croyez-moi si vous le voulez, ce fut aussi la fête de la déconnade. Tout contribuait à entretenir entre ces retraités exilés loin de leur quartier de BEO, la dérision et l'envie de faire rire l'entourage. Comme un devoir impérieux la déconnade fleurissait d'éclats de rire et d'anecdotes croustillantes. En un instant l'enfance reprenait le dessus et comme dans nos cours d'école, les "tape-cinq" accompagnaient les connivences retrouvées. Quel bonheur de sortir de ce présent si compliqué pour retrouver notre simplicité d'hier. C'était merveilleux et bienfaiteur car toutes les douleurs avaient disparues. En fait comme tout le monde rencontrait des problèmes de dos ou de genoux, il était urgent de retrouver notre légendaire déconnade.

Les bénévoles de l'ABEO, et leur président René SANCHEZ, une fois de plus ont réussi leur coup, celui de faire revivre la déconnade de notre cher Bab el Oued. Mieux que les médicaments, l'ABEO est le meilleur remède que l'on ait trouvé pour guérir nos bobos de papy.

André TRIVES

Le : 22/05/2015 08:18

Dans 48 h, nous vivrons le plus beau jour de l'année ; celui où l'espace de quelques heures nous retrouverons nos origines. Le grand rassemblement des enfants de Bab el Oued, ce dimanche de Pentecôte, n'a rien de nostalgique car ce jour là, tant attendu, n'aura rien de triste ni rien de mélancolique. Ce sera la fête de la fraternité où les cris de joie des retrouvailles et les rires des histoires à se raconter, nous redonneront la force d'exister et de pouvoir attendre un an de plus pour échanger à nouveau nos accolades d'amitié. Tout au long de l'année l'ABEO, convie ses membres et leurs invités, à des repas dansants, des sorties et croisières où à chaque fois nous avons le sentiment de former une seule et même famille. Venez, braves enfants de Bab el Oued aux cheveux blanchis par le temps, à ces manifestations ; les moments que vous vivrez seront uniques : vous serez plongés à nouveau dans l'ambiance "en bas la rue". Et en attendant RDV dimanche à AIX EN PROVENCE, route de Rognes dans à l'ombre des platanes du Grand St-Jean où vous entendrez :

-Faire un tour en pastéra, c'est tata c'est l'algérois !

-La figa de ta ouéla, c'est tata c'est l'algérois !

-Monter la côte de la bassetta, c'est tata c'est l'algérois !

-Manger de la calentita, c'est tata c'est l'algérois !

Andrée

Le : 17/05/2015 08:01

JOLI POEME DE MA PETITE FILLE OCEANE SUR L'ALGERIE

L'Algérie

Enfants d'Alger d'Oran

Ceux de Constantine

Passant par Sétif et Bougie

Tous avaient quittés

Votre bien aimée

L'Algérie

Premiers rires

Elle qui a fait naître vos sourires

Pays de votre enfance

Terre de l'adolescence

Premiers amours, premiers baisers

Du jour au lendemain, devoir tout quitter

L'Algérie

Calme, école et paix

Puis, larmes, peurs et bombardés

Des heures, des mois dans l'effroi

Algérois Sétifiens, Béjaoui, Oranais

Premières questions

Impossible de penser à l'abandon

De l'Algérie

Temps des tristes adieux

C 1/2 urs serrés, terre de vos aïeux

Peut-être seulement un long au revoir

Les yeux remplis d'eau, serrant vos mâchoires

Dernier regard sur votre belle Dame

Monsieur, enfants et Madame

Partant de l'Algérie

En avant pour le bateau

Non, il n'était pas beau

Quittant votre mer, votre soleil

Aujourd'hui ici, là-bas la veille

Horizons se ressemblants

Dur déchirement, continents différents

Pour l’Algérie

De Marseille au Nord

Toujours aussi fort

Pourtant si éparpillés

Mais éternellement animés

Par l'amour et les souvenirs

De celle qui vous a vu naître ou a su vous accueillir

Votre Algérie.

Oceane Bar

Andrée

Le : 15/05/2015 13:10

BONJOUR A TOUS

L'EDEN CHERE PLAGE DE NOTRE ENFANCE JUSTEMENT VOICI UN BEAU POEME QUE MA PETITE FILLE OCEANE A FAIT SUR CETTE PLAGE

UN BEAU CADEAU QUI VAUT TOUT L'OR DU MONDE

poème L'EDEN

Pour cette plage de l’Éden

Toi et ton eau bleu

Rempli de moments merveilleux

Quand je repense à mes 8 ans

Je me revois courir sur ton sable en riant

Plage de mon enfance

Ta mer et ses incroyables nuances

Joyau de mes années passées

Dans ce pays que j'ai tant aimé

Endroit rempli de milles souvenirs

C'est là que sont nés mes sourires

Toi, si magique, majestueuse et belle

Même parfois un peu rebelle

Le lieu de tous les enfants

Avec ce soleil si brillant

Tu nous offrait tes bras

Et nous, nous n'aimions que toi

Jusqu'à toi, tu m’appelais

Je passais par le jardin Ricome pour y arriver

Sans oublier le boulevard Pitolet

Je me souviens encore de ses escaliers

Tout ce chemin pour toi

J'étais toujours là

C'est chez toi, que j'ai appris à nager

Y-a-t-il toujours ce rocher de fleur d'eau où je plongeais ?

J'ai grandis avec de toi

J'ai aimé mes premiers amours près de toi

Les jours moroses je repense

A toi, amour de mon enfance

Côte de ses belles années

Mon Alger que j'ai quitté

Toi qui m'as vu naître

Je t'écris cette lettre

A toi, je n'ai pas cessé de penser

Ce sera ainsi à jamais.

B OCEANE

Mustapha Oualikene

Le : 28/03/2015 14:17

Pour Bauer Dugué Liliane Moi aussi j'ai bien connu votre quartier le Montplaisant. Pour monter au Montplaisant je prenais le petit car de Cabrera devant la goutte de lait face ua bar la bute son itinéraire c'est l'avenue de la Bouzaréa jusqu'au Triolet il passais devant la petite station d'essence du garage Denis; il passait devant le bar Papallardo il montait vers le Beaufraisier il passait devant la bar de Jacques avec un arrêt pour les passagers du Beaufraisier. En suite il continuait vers le quartier Shiafino, il marquait un autre arrêt puis montait ensuite vers le Montplaisant. Ce bus allait vers Bouzaréa en passant devant le couvant des petites s 1/2 urs et la clinique de Beaufraisier. Je garde de bons souvenir de toutes les escapades que je faisais avec des copains de classe. Pendant les vacances scolaire on grimpait jusqu'à la cité Molines pour faire des courses de carrioles (de Molines au Triolet) et attention au mauvais pilotes c'est les ravins qui les accueillent. Je revoir encore à ce jour des anciens amis d'école qui habitent toujours ce mythique quartier sur les hauteurs de Bab El Oued. Amitié de Bab El Oued et Montplaisant

Jean-Jean moréno

Le : 28/02/2015 09:48

ZOOPHILIE OU EPITAPHE POUR GALOUFA

On ne peut pas dire qu'à Alger on aime les animaux plus qu'ailleurs, mais il est un fait : c'est qu'on déteste Galoufa. On nomme ainsi « l'attrapeur de chiens », le pauvre bougre qui ramasse les chiens errants et les transporte à la fourrière. Souvent il s'appelle Lopez, Séror ou Mendoza. Mais le nom de Galoufa lui est attaché, sub specie 1/2 ternitatis. Son matériel est rudimentaire : une sorte de charrette à bras, fermée et grillagée, où les pauvres klebs sont trimbalés dans toute la ville, en attendant la fosse commune. Pareille attraction fait partie, pour les salaouetches d'Alger, des distractions de la rue ; le sinistre équipage est à peine signalé, de grand matin, que déjà les enfants s'attroupent et crient : — Ho, Galoufa ! — Ti attrapes les chiens ? Tiens, attrape çuilà! Le pauvre employé municipal ne sait que répondre. Souvent il se contente d'ébaucher un geste, qui n'est pas toujours celui d'un homme du monde. Alors les quolibets et les cris redoublent. Oh ! ce n'est pas un poste de tout repos.Tout fait prévoir qu'un jour le misérable mesloute qui accepte d'exercer ce métier infamant, sera remplacé par un fonctionnaire syndiqué. Peut-être par un ramasseur de chiens automatique, qui opérera à la façon d'un aspirateur. Nous verrons sans doute le Galoufa-automobile, le Galoufa-électrique, le Galoufa-robot, peut-être le Galoufa-volant, aérien, l'aviateur galouféen. Espérons que le nom générique lui restera,comme le nom de Marie reste aux bonnes et celui de Collignon aux cochers. Mais rien ne remplacera ce cri aigu, troublant la quiétude de la rue algéroise, au début du siècle et à l'heure silencieuse de la sieste : — Oh ! Galoufa !... suivi de ce commentaire : — « Ti attrapes les chiens ?... Tiens, attrape çuilà ! » suivi d'un geste obscène.

Manuel

Le : 11/02/2015 14:27

Comme beaucoup d'entre vous ,je rêvais de ne pas finir mes jours sans retourner au moins une fois sur la terre qui m'a vu naître ,sur les lieux où j'ai à mes yeux laissé les plus belles annèes de ma vie :l'enfance,l'adolescence,l'égalité quoi .

Mais tous mes amis intimes et de ma génération ,qui ont effectué ce pélérinage me découragent " ta déception sera trop grande " me disent-ils "tu ne vas rencontrer , nonobstant la chaleur de l'accueil de la chaleur humaine,que des fantômes et des étrangers .Tous nos copains algériens d'avant ne sont plus là et ce n'est pas que le nom des rues qui a changé...."

Après réflexion et à contre-coeur je me suis résigné ,même si le souvenir de ceux perdus de vue et que dans mon imaginaire je pensais retrouver là-bas en fermant les yeux continue à me hanter .

Je pense souvent à:

Guy et Henri son frère avec lesquels J'ai des liens indélébiles de fraternité et d'amitié, Jean mon copain aussi mon voisin de palier que les parents s'obstinaient à vouloir lui faire apprendre l'accordéon.Nous étions ensemble au sporting et à l'Asse,

Embarek le seul parmi nous à ne pas apprécier la mer,et adorait la charcuterie, Mimi et nos sorties en pastéra depuis padovani-matarese avec Fabien,Norbert, Francis Norbert et les autres... Jean-pierre dit Tarzan et ses plongeons périlleux entre les deux rochers du "petit bassin, Pierre-jean et son cabanon familial sur les rochers de l'Eden avec nos formidables parties de pêche, Gustave oncle de Guy qui nous chaperonnait lors des escapades nocturnes sur les blocs du stade Cerdan, Evelyne qui m'a tendu la main quand malade et alité "j'ai eu froid et que j'avais peur," Jean-Paul victime d'un stupide accident mortel de vespa, Josette et Lulu leur maman et son compagnon Djelloul, Fabien ,mon oncle, assassiné dans un bar de la place Dutertre.Il était frère unique de ma mére .Je lui dois beaucoup, Gaston un sdf,déjà, Il squattait le jardinet de la place et buvait de l'alcool à brûler mélangée à l'eau, Docteurs Connil et Levy d'un dévouement exemplaire à mon endroit, l'Abbé Hilaire de l'église St Louis .Il avait le talent de remarquer mes absences au cathéchisme et les rapportait à ma mère , Jeannot qui agacé de nous voir sécher des heures entiéres devant sa vitrine,nous distribuait des gâteaux, Mr. Massé directeur à Lelièvre qui renforça mon amour de la France par ses cours d'instruction civique

Je me souviens et je n'oublie pas , -Les excursions à sidi ferruch et au sable d'or à zéralda, -mes vacances à Koléa au milieu des orangers à la recherche des tortues sauvages, -Les cars "Cabrera " reliant Bouzaréah auxquels nous nous accrochions, -les parties de foot de rues face à la bascule de la carrière jaubert, -les fêtes du 14 juillet et les rues décorées par nos soins, -les concerts l'été la nuit au kiosque à musique de la place Lelièvre, -les competitions de cerfs-volants à la caramoussa aux fêtes de paques, -les rameaux croulant sous le poids des friandises, -nos retours penauds et honteux des "deux chameaux "à la bassetta simplement vêtus de nos maillots de bain ,le reste de nos vêtements s'étant volatilisés sur le sable, -l' ABSURDITE de la guerre ,ses souffrances, ses drames,ses pleurs .

Par discrétion je n'ai pas dévoilé les patronymes.Les amis qui se reconnaîtrons ne m'en tiendrons pas rigueur.plusieurs sont décédés. J'ai vécu 22 ans en Algérie .Il faut croire que ces années m'ont marqué d'une encre indélébile que ni le temps ni la vie n'arrive à dissiper .Il me faut vivre avec .Je ne doit pas être le seul Le temps efface tout sauf le souvenir .

Tony BILLOTTA

Le : 02/01/2015 14:15

La nature a besoin de nos cœurs

Pour que les rêves s’écrivent en couleur

Pour mes ami-e-s et les autres aussi...

Pour sortir des sentiers battus

Et des vœux traditionnels

Nous avons choisi le message universel

Des Enfants de la Terre

Pour vous offrir

Cette chanson comme prière

Et réunir l’amour de l’humanité.

Bonne et heureuse année 2015.

Les Enfants de la Terre

On ne veut pas la fin du monde

On se rejoint pour faire la ronde

Ce que l’on veut, c’est encore pouvoir s’aimer

Pour tous les enfants de la terre

Une chanson comme prière

Et réunir l’amour de l’humanité

Les étoiles brillent dans le ciel

Une planète bleue dans l’univers

Des milliards d’années pour être belle

Et semer la vie sans frontière

On ne veut pas la fin du monde

On se rejoint pour faire la ronde

Ce que l’on veut, c’est encore pouvoir s’aimer

Pour tous les enfants de la terre

Une chanson comme prière

Et réunir l’amour de l’humanité

Protégez le bleu des océans

Les nuages sont faits pour être blancs

La nature a besoin de nos cœurs

Pour que les rêves s’écrivent en couleur

On ne veut pas la fin du monde

On se rejoint pour faire la ronde

Ce que l’on veut, c’est encore pouvoir s’aimer

Pour tous les enfants de la terre

Une chanson comme prière

Et réunir l’amour de l’humanité

Donnons de l’espoir

Et de l’amitié

Notre histoire elle doit continuer

On ne veut pas la fin du monde

On se rejoint pour faire la ronde

Ce que l’on veut, c’est encore pouvoir s’aimer

Pour tous les enfants de la terre

Une chanson comme prière

Et réunir l’amour de l’humanité

On ne veut pas la fin du monde

On se rejoint pour faire la ronde

Ce que l’on veut, c’est encore pouvoir s’aimer

Pour tous les enfants de la terre

Une chanson comme prière

Et réunir l’amour de l’humanité

André TRIVES

Le : 26/12/2014 15:22

Un enfant de BEO, Robert Voirin, a écrit avec les mots de chez nous :

A vous bande de calamars boiteux,

Qu'est ce que je dirai pas pour vous rendre heureux,

Sinon vous donner une calbote amicale,

Que ça va sûrement pas vous faire mal,

A vous tous les fartasses, les guitches et les laouères,

Ceux qui allaient se taper le bain en bas la mer,

A tous les bouffeurs de cocas, mantecaos, zlabias,

Bliblis, roliettes, mounas, makrouds et calentitas,

A ceux qui dégustaient les brochettes à Fort de l'Eau,

A ceux qui tapaient cinq, à tous les falsos,

Aux buveurs d'anisette avec kémias,

A ceux qui faisaient sans arrêt l'avenue de la Bouzaréah,

A tous les falempos qui mentaient comme des voleurs,

A tous ceux qui ont fait le bras d'honneur,

Et ceux qui trichaient aux tchics tchics,

Ceux qui faisaient la chaîne au Majestic,

Ceux qui tiraient le fer au cassour, à tous les kilos,

A ceux qui, comme moi, tapaient cao,

Ou soit disant manqua hora,

Ceux qui jouaient aux tchalefs ou au tas,

Ceux qui ont fait, les pôvres, figa ou tchoufa,

A ceux, que quand ils partaient on aurait dit qu'ils revenaient,

Aux anciens d’El BIAR, de BEN AKNOUN, et d'HUSSEIN DEY

A mes voisins de la rue MICHELET et de la rue d’ISLY

A tous ceux de notre ancien " paradis "

A tous ceux là,

En pensant à ceux que j'aimerais qu'ils soient toujours là,

Je souhaite que cette nouvelle année 2015 vous apporte le bonheur,

Et surtout que cette purée de santé elle vous laisse pas tomber.

Merci Robert !

A cette occasion j'adresse mes vœux pour la nouvelle année à tous les enfants de Bab el Oued qui fréquentent ce site, et en particulier à Mustapha, l'Ambassadeur de notre mémoire là-bas, qui de son balcon, regarde au quotidien la mousse des vagues caresser la plage de Padovani.

Jean-Jean MORENO

Le : 20/12/2014 21:47

Noël de mon enfance

À l’approche de Noël, quand le froid picotait un peu les doigts de nos mains plongées profondément dans nos poches, quand l’automne déjà bien avancé dans l’année finissante, les commerçants situés dans l’avenue principale nommée avenue de la Bouzaréah qui traversait notre quartier de Bab el oued, décidaient de décorer leur vitrine de lumières clignotantes, de pères Noël et de guirlandes multicolores qui embrassaient les articles, cadeaux de Noël, exposés au premier plan de leur devanture.

S’il fallait classer ces devantures par ordre d’enchantement, dans mes souvenirs et malgré mon jeune âge à l’époque, je placerais le Monoprix, fierté de notre quartier, en tête de ce classement d’une part parce que sa vitrine illuminée était plutôt imposante de grandeur mais, de plus, toutes sortes d’articles y figuraient : les habits de fêtes, les poupées, les jouets, enfin tous les cadeaux que l’on souhaitait offrir ou recevoir à l’occasion de ce Noël.

Bien sur il y avait également les autres commerces, les plus petits qui voulaient et se devaient de marquer cette période festive. Je mettrais en bonne place dans ce classement le fameux « Discophone », ce grand magasin qui faisait angle de cette large avenue (large dans mon imagination!) avec la rue Barra. Sa vitrine était souvent alléchante, particulièrement à cette époque de l’année avec ses appareils électroménagers et surtout ses fameux tourne-disques de marque « Teppaz » qui ont marqué notre jeunesse, que mes frères, ma sœur et moi-même avons eu le bonheur de découvrir en cadeau avec notre premier 45 tours microsillon comme on disait, celui de Claude Luter, superbe trompettiste, accompagné d’André Révélioti dans une version de « Petite fleur ».

Les jouets des petits garçons les plus prisés étaient sans conteste les tricycles ou les vélos à quatre roues dont les deux petites roues latérales étaient démontables quand l’expérience de l’équilibre était acquise, les engins comme les voitures ou les avions qui fonctionnaient à l’aide de piles et étaient guidés par un petit volant à l’extrémité d’un câble gainé qui actionnait la direction des roues. C’était également ceux qui étaient le plus exposés en vitrine ou à l’intérieur du magasin. Dans mes vagues souvenirs, je crois bien que l’avion faisait parti d’un de mes premiers cadeaux de Noël offert par le comité des fêtes de la fabrique de cigarettes BASTOS où ma mère travaillait; je me revois dans la cour de notre immeuble, suivant mon avion sur une hypothétique piste d’envol avec les ampoules clignotantes sur la carlingue devant et derrière, en imitant le bruit des moteurs à hélices avec ma bouche.

Les jouets préférés des petites filles étaient, somme toute, les poupées. Poupées blondes, brunes, avec des belles robes amples et multicolores qui leur permettaient de tenir en position assise, également les baigneurs étaient prisés par les petites filles pour pouvoir jouer à la maman. Dans les vitrines de ces commerçants, à côté de ces poupées enchanteresses, on voyait souvent les dinettes en plastique avec leurs lots d’assiettes, de couverts, de gobelets et pour les plus complètes, les casseroles, théière et cafetière. Eh oui, fallait bien nourrir ces poupées tout de même!

Les grands, eux, préféraient les patins à roulettes de marque « Sprint », ceux qui étaient réglables en longueur avec leurs lanières de fixation en cuir et les roues de caoutchouc ou les trottinettes à pédale d’accélérateur devant et frein derrière ou même pour les plus veinards le vélo avec le guidon de course à la pépère. La grande classe quoi ! Ce qui avait le don d’énerver les commerçants et les piétons du quartier parce qu’il nous fallait de la place sur les trottoirs pour circuler et des cris pour s’exprimer!

Cette période de l’année était propice au chalandage dans cette avenue. En général la foule la remontait sur un trottoir et redescendait sur celui d’en face. Partout les lumières scintillaient, jusque dans les bars où les habitués préféraient la tchatche, l’apéro et la kémia au plaisir des yeux devant ces merveilles exposées !

Les parents et les enfants n’avaient pas les mêmes préoccupations les jours précédant Noël. Pour nous le souci permanent était de savoir si le Père Noël allait respecter nos désidératas, s’il avait bien compris la lettre que nous lui avons adressée quelques jours auparavant. On en avait parlé à l’école avec la maitresse. Elle nous avait bien expliqués, comme l’ont fait nos parents, comment le jouet allait venir garnir nos chaussons au près de la cheminé. Déjà l’explication ne s’annonçait pas très claire car nous n’avions pas de cheminé à la maison. Chez nous comme chez la plus part de mes copains, d’ailleurs. Malgré tout nous avions toujours fait confiance au Père Noël, alors……on espérait qu’il eut suffisamment de sous pour ne pas délaisser notre maison sur son parcours.

Le souci de ma mère tenait surtout dans l’organisation de ces fêtes : avec qui allons-nous les passer, où allons-nous les passer et surtout qu’allons-nous manger ! En ce qui nous concerne nous n’avions que deux endroits où passer nos fêtes : ici à la maison entre les quatre enfants et notre mère ou bien chez notre chère et adorée tante Vincente, une sœur de ma mère, où nous avons passé des moments inoubliables. À l’occasion de ces fêtes, ma mère avait une expression qui nous avait marqués et qui est encore d’actualité, elle disait toujours « Pour les fêtes on va jeter le bourricot par la fenêtre ». Dans son esprit cela voulait dire qu’on allait dépenser sans compter bien que nous n’avions pas trop d’argent à dépenser ! Bref, si chacun de nous avait ses préférences gustatives : volaille, poisson, viande, etc. il y avait pour nous les Espagnols, une nourriture traditionnelle incontournable sans laquelle Noël ne serait pas Noël : le TURRON (touron), nougat espagnol dur ou mou, spécialité d’Alicante, que nous allions chercher chez un petit fabricant Espagnol situé dans la petite rue Raspail, pas très loin de chez nous. Cet homme était également spécialisé dans la fabrication de fruits secs pralinés. Son local n’était ouvert que pendant la période des fêtes de Noël et c’était un immense plaisir pour les adultes et les enfants de passer devant, ça embaumait le sucre cuit, la praline quoi! Je me souviens que dans la pièce centrale de ce local était installée une grande cuve circulaire en cuivre, je crois, chauffée par le dessous et qui tournait sur un axe. Avec une sorte de palette en bois, le confiseur malaxait son mélange de fruits secs et de caramel à l’intérieur de cette cuve jusqu’à obtenir ses fameuses pralines ou son mélange de miel, blanc d’œuf, sucre et amandes pilées ou non pour la réalisation de son turron.

Notre quartier étant surtout habité de citoyens d’origine espagnole venus de la région d’Alicante avec quelques italiens du sud de ce pays alors, pas besoin de vous dire que tout nos actes et pensées étaient basés sur la religion. La religion chrétienne prenait une place prépondérante dans notre vie quotidienne et rythmait notre existence. Ai-je besoin de vous dire que pour notre population, Noël était un moment de grâce. L’église St Louis située juste derrière chez nous était notre lieu de réconfort et de prière. Chaque Noël une crèche était réalisée par la communauté chrétienne avec l’aide de notre curé nommé Jean SCOTTO je crois et une messe était dite la veille vers minuit autour de cette crèche. Bien que cet instant devait être un instant de paix et de plaisir, les femmes arrivaient coiffées de leur mantille, ce qui me désolais à chaque fois car j’avais le sentiment qu’elles étaient malheureuses dans la maison de Dieu.

Certaines familles assez aisées, celles qui avaient une voiture, car il y en avait tout de même dans notre quartier ouvrier de Bab el oued, profitaient de la proximité de la station de ski de Chréa située après Blida à une soixantaine de kilomètres d’Alger pour passer les fêtes de fin d’année. J’avais été invité une fois à passer une journée par les parents d’un copain de classe, j’avais été impressionné par la blancheur de la neige que je ne connaissais pas car je n’en avais jamais vu et l’aisance de ces skieurs à dévaler ces pistes après avoir atteint le sommet de la montagne à califourchon sur un tire fesses. Autour des années 55 les sports d’hiver n’étaient pas aussi développés que maintenant mais le plaisir devait quand même être intense. J’ai en tête l’image d’un très grand chalet au pied de ces pistes qui devait servir à abriter les voyageurs et ceux qui venaient y passer quelques jours de vacances afin de tenter d’oublier le tumulte de la grande ville.

Le temps passe, les souvenirs restent, surtout les bons car les mauvais, ceux qui ont gâché notre jeunesse, nous font encore si mal que, personnellement, j’ai tendance à les occulter. Parmi les souvenirs oubliés, ils en sont certainement qui avaient de l’importance dans notre existence à l’époque et faisaient parti de notre quotidien. Je veux parler de ces dates de vacances d’hiver. Je ne m’en souviens plus ni celles d’automne ni celles de printemps. Existaient-elles vraiment ? Je me rappelle seulement, si ma mémoire est encore bonne, que les grandes vacances, celles d’été, devaient durer trois mois et qu’après celles de Noël, c’est-à-dire d’hiver, nous devions reprendre le chemin de l’école « cagan’e tomaqués » comme disait ma mère, en abandonnant nos jouets de Noël à la maison. La nouvelle année commençait, le soleil et les beaux jours ne tarderont pas à arrivés. Vive les vacances!

Jean-Jean Moréno

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