Mes Amis, mes frères et soeurs de Bab el Oued,

Née en 1948, j'avais 14 ans en 62 quand :

J'ai quitté MON PAYS, j'ai quitté MA MAISON - leurs souvenirs se réveillent bien après mon adieu ! (avec 2 valises comme la majorité d'entre nous)

Une chaîne dans l'eau a claqué comme un fouet !

Ce coup de fouet fait mal, trés mal encore aujourd'hui !

Mais le besoin d'y retourner était viscéral, alors après moultes réflexions

On l'a fait avec les 7 copains, baptisés les 7 nains, parce que nous étions redevenus tout petits 45 ans après.

Celà a été merveilleux dans les rires et les larmes, les émotions trop fortes, c'est beau un homme qui pleure devant sa rue, sa maison, son école, la tombe de ces ancètres.

C'est vrai que nous sommes accueillis de façon étonnante, entourés, surprotégés,

accompagnés, sécurisés . Des Bienvenues CHEZ VOUS à chaque pas, à tous les coins de rues. Mais voilà nous sommes repartis en notre Terre d'accueil, les laissant chez nous !!!

Alors, il faut admettre que certains ne veulent pas y retourner, il n'y a pas de haine à celà, surtout ceux qui ont perdu un être cher à cause de cette putain de guerre !

Il y a même des pieds noirs qui ne veulent, même plus entendre parler de retrouvailles et de rassemblement fraternel ! Il y en a qui ont déchiré la page sur l'Algérie.

Monsieur d'Alesio, vous n'avez pas besoin de faire de pub pour l'Algérie, on sait ce que l'on a perdu. Laissez à chacun le relent de leur émotion, de leur sentiment.

Merci Momo, Didine, Zakia pour votre merveilleux accueil, mais vous ne saurez jamais la douleur que nous éprouvons depuis 45 ans, d'avoir subit cet exil, ce déracinement, douleur et regrets qui ne s'éffaceront jamais, malgré

notre réussite en France et ailleurs

où nous sommes tous éparpillés. (La France ne nous ayant pas fait de cadeau)

Merci à Christian, par ce site, d'avoir le bonheur de se retrouver, d'évoquer nos souvenirs d'anecdotes, de rituels, de parfums, que l'ont aurait pu poursuivre et vivre tous ensemble dans NOTRE BELLE ALGERIE, NOTRE PAYS !

Toute ma tendresse à vous tous.

Annie