Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

Robert VOIRIN

Le : 26/03/2012 09:20

Bonjour à tous ,

aujourd'hui triste anniversaire

INFAMIE

C'était à Alger le vingt six mars soixante deux,

des soldats tiraient et tiraient sans cesse sur la foule face à eux,

les appels pour faire taire les armes demeuraient sans effet,

l'enfer tombait sur des innoçents abattus dans leur élan de générosité.

Pourtant partis vers Bab El Oued dans une marche pacifique,

ils se retrouvaient dans des scènes effroyables et pathétiques

comme des acteurs impuissants d'un théâtre de l'horreur,

fauchés par le feu ils sont tombés en ces longues minutes de malheur.

Quand les armes enfin se sont tues, certains se relevaient hébétés,

puis retombaient tels des pantins désarticulés,

du rouge couleur sang coulait sur leur visage épouvantés.

D'autres dans un dernier soubresaut essayaient en vain de s'accrocher,

partout des masses de corps brisés de douleur qui voulaient s'échapper du néant

et des miraculés encore en vie, car les morts avaient protégé les vivants.

La France venait de tirer rue d'Isly sur des hommes qui l'aimaient,

c'était la pire des infamies qui venait d'arriver.

Robert Voirin

André TRIVES

Le : 25/03/2012 16:33

J'apprends qu'un enfant de la rue du Roussillon, Jean Claude Bedjai, s'en est allé dans le monde des étoiles. Je ne le connaissais pas car né en 1937 et moi en 1941, nous n'étions pas de la même génération.

Mais cet enfant du quartier a fréquenté l'école de la Place Lelièvre et sans aucun doute, nous avons fréquenté ensemble cette grande institution qu'un de nos maîtres Monsieur Bensimon avait surnommée : l'Université de Bab el Oued. Parce qu'on y entrait au primaire à l'âge de 6 ans et qu'on y ressortait après le BEPC entre 16 ans et 17 ans, soit plus de 10 ans de fréquentation assidue, l'école Lelièvre était notre seconde maison. Parce que enseignants et élèves se côtoyaient et vivaient ensemble une vie commune depuis des générations, elle était notre deuxième famille.

Une chose est certaine, elle était un modèle d'éducation pour tous les parents. A la ténacité de former des têtes bien faites s'ajoutait un enseignement paternaliste non mentionné dans les programmes scolaires et qui rappelait inlassablement les principes et les valeurs à respecter pour nous préparer à affronter la vie. Il est vrai que pour s'en rendre compte réellement, il fallait l'avoir quittée définitivement. Je n'ai jamais oublié ces leçons de vie qui plus de cinquante ans après m'inspirent toujours et me font entendre la voix de nos instituteurs et institutrices nous répétant que dans la réussite il faut toujours s'armer de modestie, tandis que dans l'échec se résoudre à la persévérance. Le mérite n'était pas d'apprendre par coeur les leçons, mais surtout de les comprendre.

Ce sont toutes ces leçons de savoir et de savoir-être de nos maîtresses et de nos maîtres que je révise sur le tableau noir de ma mémoire comme si je devais passer un test de connaissances sous leur regard.

C'est le 1° octobre 1947, j'ai 6 ans, j'ai mis un beau tablier bleu et je m'apprête à ma première rentrée à Lelièvre accompagné de ma mère. Jean Claude lui a 10 ans, c'est un ancien pour moi, il se rend à l'école tout seul. Lui remonte la rue du Roussillon, moi la rue des Moulins, ensemble nous débouchons dans le brouhaha du marché. Il nous faut remonter la rue de Chateaudun. La pente est courte mais le cartable est léger en ce jour de rentrée. Nous laissons derrière nous le marché, ses odeurs, ses couleurs et les cris des poissonniers qui ventent à tue-tête l'arrivage de sardines sur les étals. La gouaille des vendeurs s'estompe dans notre dos.

Les retrouvailles avec ses copains se font autour du kiosque à musique. Sur la placette entourée de ficus, les parties de foot, de noyaux, de tchappes, de déraillés et de billes viendront en cours d'année. Il faut se dépêcher, la cloche a sonné. Vite, il faut passer chez " Coco et Riri " acheter une plume Sergent Major, un buvard et au passage un bonbon à 1 sou.

Les portes et fenêtres de l'école ont été repeintes en gris bleu. Nous grimpons les cinq marches, franchissons le hall en laissant le bureau du directeur Monsieur Nadal sur la gauche et la loge de la concierge sur la droite. Au mur, une plaque de marbre indique les enseignants morts pour la France au cours des deux guerres mondiales.

Les cris d'allégresse couvrent la cour de récréation. Dans quelques minutes, la sonnerie calmera tout ce petit monde. Seul le chant des oiseaux et d'une table de multiplication résonneront comme le coeur battant de l'école.

Mon cher Jean Claude, nous habitions à deux pas l'un de l'autre, nous ne nous connaissions pas, mais le fait d'avoir été à la même époque dans notre université de Bab el Oued, j'ai le sentiment qu'il existe entre nous une fraternité indestructible.

Jocelyne MAS

Le : 17/02/2012 10:51

L’arc-en-ciel

C’est la fin de l’été. Sur la plage Martin à Bains-Romains, nous sommes réunis comme tous les après-midi, depuis le début des vacances. C’est notre plage, notre lieu de rendez-vous.

Il y a Christian, Serge, Jean-Pierre, Francis, Lydie, Jean-Marc, Mourad, Jean-Yves, Jean-Charles, Martial, Pierre, Baby, Rhania, Hassiba, Andrée, Vianney, Mireille, Maryse, Colette.

Nous sommes silencieux, moroses, tristes, l’enthousiasme des vacances a disparu.

Bientôt, il nous faudra quitter nos bancs de sable et regagner nos bancs de classe.

Au loin, il tonne, il fait lourd, le temps est à l’orage. Le chant des cigales est assourdissant. Chacun est plongé dans sa rêverie qui n’est pas loin de devenir mélancolie. On se promet de s’écrire, de se revoir, de ne pas s’oublier jusqu’à l’été prochain.

Des éclairs zèbrent le ciel à l’horizon. Les grondements du tonnerre se rapprochent. Il va pleuvoir mais aucun d’entre nous n’a envie de rentrer. Les amoureux de l’été se tiennent la main et jurent de s’aimer toujours. La mer prend une teinte violette, les vagues se brisent avec fracas sur les rochers ; de temps en temps, une très grosse vague, comme un rouleau en colère, soulève une écume blanche qui vient lécher nos pieds. Les gravillons crissent et roulent emportés par la houle.

Le ciel devient de plus en plus sombre, le vent se lève. De grosses gouttes de pluie tombent et s’écrasent sur nos peaux nues. La pluie est fraîche et douce. Assis en cercle, entortillés dans nos serviettes de bain, on attend, on ne sait quoi !

Soudain, un cri « Regardez ! un arc-en-ciel ! » Tous les regards se lèvent : à l’horizon, là où la mer semble se fondre avec le ciel, surgit un arc lumineux, magnifique, resplendissant de couleurs. « Vite ! faîtes un vœu ! » Le petit village de Bains-Romains semble éclairé de toutes ces couleurs ; quelle merveille ! les maisons paraissent roses, le ciel a une teinte indéfinissable, bleu-violet. C’est une féerie de couleurs, la lumière solaire se disperse et se reflète dans les gouttelettes d’eau en suspension.

Notre moral est remonté en flèche. C’est un signe du ciel : on se retrouvera tous.

Hélas, l’été suivant ne ressemblera, en rien, à nos étés insouciants et joyeux.

C’est l’exil.

Nous voilà tous partis sur les routes, dans toutes les directions, emmenant avec nous, notre colère, notre chagrin, notre désespoir, pleurant la perte de notre merveilleux pays.

Oui c’était un signe du ciel, on se retrouvera tous ou presque quelque cinquante ans plus tard !!!

Jocelyne MAS

Marie-Jeanne DUPONT

Le : 05/02/2012 21:34

NOTRE CULTURE

Vous vous souvenez sans doute des phrases cultes de vos parents ou grands-parents : "si tu te noies, je te tue ! Aujourd'hui c'est couscous, la tchouchouka, les cocas, les mounas à Pâques, les mantecaos, brûler le vendredi soir pour éloigner la schcoumoune, l'oeil face à la porte pour éloigner le mauvais sort, faire 5 avec la main à quelqu'un qui peut te jeter un sort, ta mère qui fait à manger pour 500 personnes alors que l'on est que 6 et que chaque week end où on vient on repart avec des marmites pleines ou des sacs congélateurs pleins, au cas ou on manquerait à manger ! Les réunions à Uzès ou Nîmes, le journal l'Echo d'Alger, et toujours les mêmes histoires que l'on connaît par coeur mais on les adorent : leur histoire en Algérie, leur belle vie là-bas, etc... et j'en oublie... A pâques je prépare des mounas car je suis la seule fille qui ait repris le flambeau pour le couscous, les mounas etc... Sans oublier ce parler qui n'appartient qu'aux pieds-noirs ! Ah oui j'oubliais, les coups de téléphone de maman toutes les 10 minutes pour savoir si tout va bien, alors que 10 minutes plus tôt ça allait bien, mais les coups de fils continueront jusqu'au soir pour savoir si tu es bien rentrée si les enfants vont bien, si ton mari est bien rentré, et surtout qu'est ce que tu fais à manger sinon n'oublies pas ce que maman t'a donné à la dernière réunion de famille et si y'a pas assez c'est pas grave, prochaine réunion de famille (pratiquement obligatoire) bientôt et devine ma fille ? y'aura du couscous et avant la kémia bien sûr avec l'anisette et la soubressade... que de souvenirs. Alors, sans même m'en rendre compte,j'ai transmis à mes filles tous ces petits riens qui font "la culture pieds-noirs".....que l'on adore et qu'il ne faut surtout pas oublier. Amitiés d'une Algéroise.

Marie-jeanne

André TRIVES

Le : 24/01/2012 18:00

LA SPARDEGNA ( le Sporting Club Algérois)

Que de beaux souvenirs évoquent ces trois lettres gravées dans mon coeur S C A. En 1954/55, en équipe de cadets, nous avions obtenu le titre de champion de notre division. L'équipe était composée de Lévy, Ben Malek, Vicente, Lubrano, Trives, Calabro, Fusinati, Monetti, Casaburi, Belloc, Stabile, Manzanaro. Quelle fierté avions-nous éprouvée du haut de nos treize ans. Nous marchions dans les traces de nos aînés et deux fois par semaine, sur le stade de tuff Marcel Cerdan, nous suivions religieusement les conseils de notre entraineur : Mr Ripoll. Chaque samedi, nous venions au siège de l'impasse du Dey pour prendre connaissance, le coeur battant, de l'équipe qui jouerait le lendemain. La buvette était tenu par Mr Solivérès et tous nous nous sentions appartenir à une même famille. Les anciens, des vrais bénévoles, tenaient à faire briller ce club de notre cher quartier de BEO; ils s'appelaient: Labarrière, Ribéro, Montoya, et bien d'autres qui oeuvraient au service de la jeunesse du quartier.

Ce titre de champion, fut l'objet d'une cérémonie de remises de médailles au siège de la rue du Dey. Et devinez qui était venu pour nous remettre les distinctions? Fernand SASTRE en personne, Président de la ligue d'Algérie de Foot-Ball. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que Monsieur SASTRE est devenu par la suite, le Président de la Fédération Française le plus estimé et notamment de Michel Platini.

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L'ASSOCIATION A.B.E.O (le Blog)

- Franck GARGIULO Chante JOE DASSIN le DIMANCHE 23 SEPTEMBRE 2012

- La rentrée de Bab el Oued - Le DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2012

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