Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

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Monique BALDACCHINO

Le : 02/01/2010 18:46

Ceci n'est pas de moi, mais de Lynda, j'ai trouvez ceci tellement beau Lynda que j'ai voulu le faire partager à tout les enfants de BAB EL OUED

Merci et tout mes voeux

Une pensée pour nos "Vieux", qui sont là-haut, à nous "mater" et faire attention que la bouteille de Cristal ne descende pas trop vite, pour le selecto ils ferment les yeux, et voir si on abuse pas des tramousses , des bliblis, des fèves au "Koumoun", de la soubressade "mahonnaise", des boutifars, des formadjades, des petits pâtés, et du reste.

Comme on aimerait bien qu'ils soient là avec nous autour des grandes tablées d'avant, à attendre minuit pour mettre les cadeaux dans nos souliers, bien des fois pendant les années de "guerre", ils se privaient pour nous choyer, et pourtant les temps étaient durs, mais nous avions toujours un petit quelque chose dans les savates ou les espadrilles.....même si en cours d'année on avait pris quelques botchas et deux ou trois coups de pieds au cul, ce jour là tout était remis à zéro, et beaucoup d'entre nous accepteraient encore des calbotes rien que pour

le plaisir d'avoir nos "Vieux" à coté de nous

Merzak TAMENE

Rue de Dijon

Il y avait une atmosphère particulière dans ce bout de quartier.Surtout le coin Colmar-Dijon avec la pierre de Mme Maurice,qui existe toujours.Il y avait les familles Addadaine et Garcia,les plus anciens,mais beaucoup d'autres, que cette page ne suffirait pas pour les nommer tous. Mais ils se reconnaitront.Nous citerons quand même Mr.Robinet le peintre,et son fils Pierre Louis "le nerveux" qui était toujours OUFA avec Georgeot,car il lui disait "tu es habillé à la 6-4-2" Tout un monde hétérogène et bigarré.

Il y avait les cafés.Lieux de rencontre, pittoresques.Même quand il y avait une "Baroufa" à la sortie du stade ou au marché,cela finissait toujours autour d'un verre(ou plusieurs),quelques,tramousses,variantes et autres kémias.Il y avait les boissons des grands,qui sont assez connues,et que je ne citerais pas,mais pour nous,il y avait Vérigoud,Zerka,Cruch,Slim"le citron qui prime" Orangina avant que l'on ne plastifie le contenant,et d'autres marques disparues. Il y avait aussi Mangiapani Joseph,muet,une force de la nature. Gamins,on s'accrochait à 2 ou 3 au bout de son bras tendu.Il travaillait dans une biscuiterie,et nous ramenait des sachets remplis à ras bord. Lui et son ami,blond,muet aussi étaient du quartier de Seksek, Liguori,Such,Meraga et les autres...(Bonjour à tous)

Il "faisait" les oursins à l'aide d'une fourchette aplatie,et une corbeille en osier entoutée de liège aux environs de l'Eden. De temps à autre,on tapait KAO pour aller à la carrière Jaubert,ou aux 200 collones, édifice construit au temps de Chevalier par Pouillon. A chaque passage à Alger, je suis assailli par ces souvenirs avec une étrange sensation de bonheur et de peine. Bon week-end à tous et à toutes. .Tamene Merzak.

Merzak TAMENE

Qui se souvient d'un ancien Haltérophile aveugle,avec une pancarte et un album de photos represantant ses anciens exploits sportifs. Il déambulait dans les rues du quartier en compagnie de son épouse Marie. Démunis et fiers. Qui se souvient du bruit des vespas,lambrettas et puchs, l'odeur de l'anis,des variantes et des tramousses à l'heure de l'apéro. La sonnette de l'école Sigwalt avec Mr Blatt,successeur de Mr Reynaud, debout au seuil de la porte,et à qui on devait impérativement dire Bonjour M'sieur. La récréation avec nos cris stridents et le sifflet du maître surveillant, le préau où l'on s'abritait de la pluie,la cour, la petite et la grande avec deux niveaux différents, séparées par un grillage. Il y avait aussi la cantine scolaire,en face de chez Mr Botella le marchand de "farces et attrapes" où l'on pouvait déjeuner pour 30 centimes. Nous achetions nos affaires scolaires chez Bloget, nos chaussures chez Marco Ave. de la bouzaréah et la plupart des parents achetaient leurs appareils ménagers chez Discophone. Les combats de catch au stade Marcel Cerdan,avec le bourreau de Béthune, l'Ange Blanc. L'héliport, le rocher carré et les bains de cheveaux où nous avons appris à nager. Tout le monde connaît Blanchette, ses beignets et son panier de bliblis multicolores,Zouane(Kader) le marchand de volaille,Lopez le pharmacien, Anis Gras rue Riégo et la boulangerie Aznar face au bar l'Olympique. Un espace de 400 ou 500m de coté où des milliers de personnes vivaient còte à còte, avec des origines et des religions diverses. Ceci n'empéchait pas cela. En Algerie,nombreux sont ceux de cette génération (nés entre 1940 et 1953) qui ont eu leur adolescence "à cheval" sur deux cultures, perdant pied quelquefois, mais s'accrochant quand même avec leur innocence juvénile. Quelques uns sont partis peu aprés l'Indépendance. En vacances. Ils le sont toujours. D'aures sont restés. On les rencontre de loin en loin, rasant les murs d'une ville qu'ils chérissent,discrets,faisant leurs courses avec l'air de s'excuser,un sourire désanchanté sur les lèvres. Je crois que nous devenons tous un peu nostalgiques avec l'âge et le temps.Mais ne dit-on pas que la nostalgie est un bonheur à l'imparfait? Bonjour à tous les gens,nés vivants ou ayant vécu à Bab El Oued.