Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

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Michel SUCH

Le : 27/11/2009 17:16

à Liliane.

A chacun sa madeleine de "proutt". Pour moi, Madame Nivart c'était les montagnes de morues séchées, les barils d'enchois au sel et les tubes de coco. Madame Nivart... Combien de fois je me suis senti cagueux avec la bouteille d'huile qu'il me fallait faire remplir à crédit. Parfois l'attente était longue mais je repartais toujours avec ma bouteille d'huile d'olive remplie ou le morceau de pain de sucre. C'est vrai aussi que ma grand-mère maltaise, vous savez??? Angèle, celle qui soignait les coups de soleil et l'infite... C'est avec cette huile d'olive, que de temps en temps, elle frictionnait le ventre de Madame Nivart pour la soulager de je ne sais quel mal. Quant aux pains de glace, c'était ma hantise. Envellopés dans du papier journal, ils me brûlaient les doigts.Plus d'une fois, ils ont dégringolé ces putains d'escaliers abruptes qui me menaient au bout de la rue François Serrano, cette rue en impasse avec la menuiserie, le garage Galléa, et mon copain Muscat avec qui je jouais à la savate...

Michel SUCH

de Michel Such

avis de recherche:

je suis né rue François Serrano, anciennement rue de la Vigie au N°4. Dans mon immeuble vivait une femme avec qui nous partagions les toilettes communes. Sur le palier, je la croisais toujours aimable et souriante, vêtue de vêtements amples, ses mouvements laissaient échapper des effluves enivrantes . Le ouistiti qui se promenait sur ses épaules me regardait de ses yeux ronds et toujours mobiles. Elle me souriait toujours en tirant la porte des toilettes sur elle. Je retournais dans la pièce où nous habitions avec mon frère et mes parents et j'attendais le bruit de la chasse d'eau et celui du verrou de son appartement pour foncer aux toilettes. C'était toujours Noël. Sur le rebord du petit judas d'aération, je trouvais toujours, serrés dans du papier de soie, une corne de gazelle ou un makrout. Mais ce qui me troublait le plus, dans cette petite pièce d'aisance confinée et toujours "nickel" comme on dirait maintenant, c'était l' odeur de cette femme, où se mêlaient le musc, la lavande et le patchouli. Souvent je fermais les yeux, j'étais avec les anges. Le miel du makrout fondait dans ma bouche. On tambourinait à la porte." Tu as encore mangé des figues de barbarie?" Le rêve était cassé. Ma mère s'inquiétait et m'amenait chez ma grand-mère Tomani pour me guérir de l'infite en me frictionnant le ventre avec de l'huile d'olive. Ce n'est pas cette femme avec son ouistiti que je recherche, je ne l'ai jamais perdue. Ma grand-mère Tomani, vivait au bout de la rue François Serrano, anciennement rue de la Vigie au N° j'me souviens plus. Dans cet immeuble où vivait Colette ma première fiancée à quatre ans, Alice, Paquitta, Madame Azzopardi. Personne pour m'aider? C'était au bout de l'impasse, avant les escaliers qui descendaient chez le menuisier. Ces escaliers qui devenaient étroits, mal taillés. Qui nous menaient chez Mme Nivart. " Ma grand-mère elle veut un litre d'huile d'olive-T'ias l'argent?- Non- Dis à ta grand-mère que j'ai plus d'huile d'olive." Remonter les escaliers avec la bouteille vide. "Grosse vache! Lui faire la honte au petit " Elle m'arrachait le bras et me tirait dans les escaliers où l'on manquait mille fois de les dégringoler sur le cul. Ma grand-mère allait directement se servir l'huile au robinet de la barrique. " Tu me dois quatre coups de soleil! On est quitte!" Oui, ma grand-mère Tomani, en plus de l'infite, enlevait le coup de soleil, posait les ventouses et faisait disparaître les "compalorios". Pour les coups de soleil, même ce bon Docteur Akkoun qui ne nous faisait pas payer ses consultations, envoyait des patients à ma grand-mère quand la médecine généraliste avait trouvé ses limites. Alors, le N° de cet immeuble? personne pour m'aider. A côté de chez Galléa. Le garage Galléa. Juste avant Muscat. Muscat c'est lui que je cherche. Joseph Muscat. Son frère jumeau s'appelle Charles. Charles de toujours préfère travailler à la ferme avec ses parents. Avec Joseph, on va à Lelièvre ensemble. JOSEPH MUSCAT. Pour une sortie picnique avec l'école, sa mère nous à rôti deux pigeons. Un chacun. Un pour Joseph, un pour Michel. Moi le fils de la concierge je vais manger pareil que le fils MUSCAT. Les Muscat qui logent gratis mes grands-parents, par solidarité maltaise, dans cet immeuble de la rue François Serrano, anciennement rue de la Vigie au N° j'me souviens plus.... Alors si quelqu'un peut me donner des nouvelles de JOSEPH MUSCAT...

Si vous êtes arrivés au bout de ce texte un peu long, j'ai une autre faveur à vous demander.

Ma mère, Hélène, la fille d'Angèle la maltaise (celle qui enlève les coups de soleil) demain 20 août, Inch'Allah si Dieu veut... aura 83 ans. A la consolation, c'était Madame Michelle la boulangère... Elle vit seule à Béziers, n'a pas internet mais si ceux qui la connaissent lui passent une marque de sympathie sur le site de Christian je me ferais un plaisir de lui envoyer les copies.

C'est toujours bon pour le moral...

Michel Such