Né à Bab El Oued - 1948 - ALGER

 

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Robert VOIRIN

Le : 09/12/2010 18:38

Bonjour à tous,

une petite promenade au marché ...

robert voirin

J'AVAIS DIX ANS AU MARCHE ( de Bab El Oued )

Le marché est très animé ce matin, ma mère me tient d'une main,

elle porte son filet et moi le couffin, mais voilà qu'on s'arrête enfin,

tout en faisant la chaîne elle choisit avec soin ses légumes et fruits

sous l'oeil bienveillant d' Ali un de ses marchands favori.

On passe devant la boulangerie, ça sent bon la calentita...

j'en mangerai bien une part mais ma mère ne s'arrête pas,

je dois la suivre de près si je ne veux pas la perdre de vue

tant bien que mal au milieu de cette joyeuse cohue.

Je cours derrière elle, elle m'entraîne à l'intérieur du marché,

il y a du monde partout, on attend son tour chez Agullo le boucher,

pendant ce temps je regarde ce qui se passe autour de moi, je me régale,

on dirait que tout Bab El Oued est là ... c'est vraiment convivial.

Pour passer les gens se bousculent un peu mais bien gentiment,

les mauresques sous leur voile blanc discutent et prennent leur temps,

chez le charcutier on fait encore la queue, c'est la grande rigolade,

après un bon moment on en repart avec un paquet de soubressade.

Une fois dehors quelle ambiance, c'est pareil il y a un monde fou,

on se faufile dans la petite rue derrière jusqu'au moutchou,

on rentre, ici peu de clients, il y règne un silence apaisant,

il flotte dans l'air des senteurs de cumin et de safran,

le mozabite est un homme gentil qui parle d'une voix douce,

il nous sert l'huile, les pois chiches, les dattes, le couscous

et les figues séches, avant de sortir il me donne un carambar,

ma mère me pousse et me dit de filer car il commence à se fait tard.

On se retrouve de nouveau à se dépêcher dans les allées,

nous nous arrêtons devant chez Rouget le poissonnier,

au milieu de son étal un énorme tas de ce succulent poisson,

on en prend un bon kilo, on va bien se régaler ce midi à la maison...

Les courses sont presque finies, le couffin commence à être plein

mais vaut mieux pas que je rale même si j'ai mal à la main,

ma mère m'apelle et me tire par le bras rue Cardinal Verdier,

on passe devant chez Blanchette, je regarde avec envie ses beignets...

Le couffin commence maintenant à être lourd mais je me suis bien amusé,

on remonte alors jusqu'à la cité Picardie et le portail passé

nous voilà de retour un peu fatigués chez nous rue Réaumur j'ai trouvé cette matinée pleine d'entrain, pourvu que ça dure...

Robert Voirin

Isabelle SINTES née BERTIN

LE MARCHE

Quelle que soit la rue traversée,on était bien au marché. Rue de l'Alma, rue Chateaudun,rue des Moulins,Rue du Roussillon , ce marché n'avait que du bon. Fleurs,légumes, fruits, calintita,viandes et poissons rivalisaient à l'unisson. Tous les marchands avaient le don d'en faire un lieu que nous aimions,Espagnols,Juifs,Arabes,Italiens,Maltais,Français,c'était l'homogénéité qui donnait à ce marché la joie de vivre d'acheter que l'on avait. Couleurs, senteurs sont demeurées pour nous exilés,dans notre esprit à tout jamais ce marché est ancré. Bab-El-Oued était si animé, on aimait allé au marché. Et comment ne pas regretter les zlabias, les beignets que chez Blanchette on dégustait. Ce noir Arabe "riait,chantait" en cuisant les beignets que tout Bab-El-Oued adorait. Ils étaient chauds, bons ces beignets, l'odeur le goût m'en sont restés. On était bien dans ce marché, quelle animation il avait quelle que soit la rue traversée. Races, couleurs odeurs,nous enchantaient, hélas la guerre est arrivée il a changé le marché.Peu à peu il s'est déserté comme Bab-El-Oued entier.. Nous l'aimions tant notre marché partie intégrante de Bab-El-Oued notre quartier. C'est pourquoi à tout jamais je penserais à ce marché.

SINTES Isabelle née BERTIN (I.B.S.)